estime de soi

Amour et estime de soi

Une interview réalisée par Alexandre Cormont



Merci pour ta gentillesse et ton professionnalisme, Alexandre !


Quel est le lien entre amour et estime de soi ?


Alexandre : 

On se retrouve en toute intimité pour faire un lien très important qui est le lien entre développement personnel et la vie sentimentale, le couple, la séduction.
Pour toi, quel est le lien entre estime de soi (ou amour de soi) et vie sentimentale ?

Véronique : 

Je crois que tout ce que l’on crée dans sa vie a un point commun : c’est nous.

Que ce soit au niveau du job, au niveau des relations amicales, des relations familiales, la relation de couple :  tout part de que nous sommes, nous.

Je suis toujours très étonnée de voir que, sur mon site, les questions sont plutôt : « Comment faire pour que l’autre change ? », « Comment faire pour que la relation aille bien ? »…

Et jamais  on ne trouve la question « Et moi, là-dedans, quel est le pouvoir que j’ai sur moi ? D’être mieux avec moi-même, de bien me connaître, de bien connaître mes besoins, ma façon de fonctionner ? »

Je pense que quand on part de soi pour travailler sur soi tout va beaucoup mieux, et donc la relation de couple aussi.

Alexandre : 

J’ai cette sensation que dans notre société, on ne peut exister que quand on est en couple.

Beaucoup de personnes me disent : « Je suis célibataire et j’ai honte ».

En fait, ils ou elles n’arrivent pas à être bien seules… ou en tout cas à se le dire de manière à faire en sorte de faire avancer la situation.

Je trouve que le lien entre estime de soi et vie sentimentale c’est : Quand on rayonne, quand on est heureux, on va forcément être acteur dans sa vie sentimentale.

Alors, quel est le lien ?

Est-ce que c’est : Quand on va mal dans sa vie amoureuse, on est un peu moins confiant ou  est-ce que c’est l’inverse : quand on n’a pas confiance en soi, on ne peut pas être heureux en amour ?

Ou peut-être que c’est les deux ?

Véronique : 

Je pense que c’est plutôt dans l’autre sens…

On porte des blessures – parce que même avec les meilleurs parents, nous avons tous été blessées d’une manière ou d’une autre – Il y a des listes de blessures, Lise Bourbeau, entre autres, a fait une liste des différentes blessures.

Et ces blessures nous donnent des croyances…

Et ces croyances vont créer des comportements qui vont engendrer des réactions qui vont venir réactiver les blessures.

L’exemple le plus simple c’est quelqu’un qui a souffert de la blessure d’abandon, qui va être jaloux, qui va avoir peur que l’autre le trompe et l’abandonne…

Et donc va le surveiller, vérifier son téléphone, va tout le temps lui demander : « Est-ce que tu m’aimes ? » et, à un moment,  va tellement le soupçonner qu’il va avoir envie de s’enfuir et va rencontrer quelqu’un qui est mieux dans sa peau et va finir par la tromper.

Et la blessure est réactivée.

Tout ce qu’on crée dans notre relation de couple relation de couple vient au départ de nous-mêmes et de nos blessures qui ont créé les croyances et qui créent des comportements.

Travailler sur soi, c’est découvrir nos blessures, les comportements qui viennent à la suite de cela et, comment on va nous-mêmes découvrir comment guérir de nos blessures plutôt que d’attendre que ce soit l’autre qui les guérisse.

Alexandre : 

Je suis totalement d’accord avec cette vision sur le passé, et, nn coaching, je donne beauocup de conseils sous forme d’objectifs pour les aider à avancer et j’y associe aussi une vision d’avenir.

Est-ce que c’est quelque chose que toi aussi tu développes dans tes consultations ? Est-ce que tu leur donnes des exercices, des missions? Comment est-ce que tu accompagnes une personne qui a des blessures mais qui souhaite être heureuse ou sauver son couple ?

Véronique : 

Je pense que la première étape c’est le cas l’étape de la prise de conscience.

C’est comme en médecine: tu dois d’abord faire un diagnostic pour savoir ce que tu vas traiter.

Après, si je te diagnostique l’appendicite et que je ne t’opère pas, tu vas quand même mourir.

Donc le diagnostic ne suffit pas.

Pour le traitement de ces différentes blessures,  il y a énormément d’outils aujourd’hui, on a cette immense chance. Et parfois il m’arrive d’envoyer des gens chez des thérapeutes.

Pour moi, le coaching c’est différent de la thérapie.

Dans le coaching, en effet,  on ne s’apesantit pas trop sur le passé et on cherche des solutions concrètes pour le futur.  Mais parfois il faut passer par l’étape thérapie.

Dans la thérapie, c’est plutôt regardons le passé, soignons-le, mettons un sparadrap… 

Parce que si ça ce n’est pas fait, me le coaching va se construire sur des bases un peu branlantes.

Alors, je ne dis pas que c’est nécessaire pour tout le monde de faire de la thérapie, mais parfois c’est nécessaire.

Moi c’est là que j’interviens : trouver quelle thérapie pour la personne.

Parfois, il y en qu’on peut faire tout seul – il y a certaines blessures qu’on peut soigner tout seul – mais parfois il faut faire appel à un professionnel.


Le site d’Alexandre : https://www.alexandrecormont.com/


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Commentaires

  1. Bonjour Véronique,

    Intéressante cette interview ! Le point de vue de la thérapeute (compréhensif > pourquoi ?) v. le point de vue du coach (pro-actif > bon alors, on fait quoi ?)
    Cela permet de bien cerner les rôles de chacun et de voir si l’on a besoin de l’un, et/ou de l’autre…
    Bien, pour ma part, j’ai identifié et travaillé sur mes blessures (grâce à vous, Véronique, je ne dirai jamais suffisamment Merci). Et je crois bien, que dis-je, je suis sûre, de m’aimer / m’estimer maintenant suffisamment (beaucoup plus qu’auparavant). Bon, j’ai encore des progrès à faire, quelques failles peuvent me refaire chuter, mais je rebondis vite, plus forte.
    Ma question est la suivante : en fait, je m’estime plutôt mieux et je me sens bien seule. Oui, je suis habituée à être seule, vous le savez, je ne crains pas la solitude, seulement l’isolement. J’aimerais bien partager des moments avec quelqu’un, mais cela me semble en même temps, infaisable. La peur du rejet reviendrait vite, je le sens bien.
    Je suis presque d’accord avec M. Cormont qd il dit qu’une personne célibataire a honte de l’être. Je nuance, car je n’ai nullement honte ! Moi, je pense qu’effectivement il peut sembler « suspect » d’être seul(e), forcément, cela cache qq chose. L’humain est un être social, on arrête pas d’entendre ça ! Social ne veut pas dire « intime » (bien sûr, je n’entends rien de sexuel là-dedans). Je veux bien des relations, mais juste ce qu’il faut, la bonne dose pour me dire que je ne suis pas complètement asociale (isolée), tout en restant libre, libre de mes actes, de mes pensées, de mes envies.
    Et puis, je ne veux pas d’une relation qui ne soit pas satisfaisante, c’est juste impensable maintenant. Ce sera tout ou rien, point. Pas de compromis. Ou je renierai tout ce que j’ai fait depuis novembre 2015 qd je m’étais fait larguer lâchement (mais quelle chance aussi ;).
    Véronique, vous qui traiter des relations de couple, ne pourriez-vous pas traiter de la difficulté de se mettre en couple ??
    (Je rigole, j’ai l’impression de vous lancer un défi – c’est une boutade, évidemment, loin de moi l’idée de vous manipuler, vous savez comme j’ai cela en horreur et je suis devenue plutôt forte pour dresser ces remparts, n’en déplaise à mon ex ;).
    Bon dimanche Véronique et M. Cormont au passage,
    Lili

    1. Author

      Bonjour Lili,

      Merci de votre commentaire qui, comme chaque fois, est bien intéressant et ouvre la discussion sur un plan plus large.
      Lorsque l’on a bien avancé dans le travail sur soi et sur la blessure d’abus, il y a toujours une phase où, pour ne plus revivre des situations d’abus, on est un peu sur la défensive (le fameux « Tout ou rien » 😉 )
      C’est « normal », légitime… C’est un processus.
      Mais l’énergie qui se dégage de cela est un peu comme une fermeture et la croyance qui se cache derrière est souvent : « l’autre est un danger potentiel ».
      Vous savez que je pense que nos croyances créent notre réalité.
      Alors, si la croyance est de l’ordre que l’autre est un danger potentiel, la réalité que l’on crée est en effet un isolement.
      L’idée d’un programme sur le difficulté de se mettre en couple est excellente (non, non, je ne me sens pas manipulée 😉 )
      Mais en attendant que j’aie le temps de créer ce programme, peut-être pourrions-nous travailler cela en séance (non, non, je ne cherche pas à vous manipuler 😉 )

      Amicalement,

      Véronique

      PS : Je suis vraiment heureuse que vous sachiez comment mettre des remparts à votre ex… Et si cela lui déplait, tant mieux 😉

      1. Bonsoir Véronique,
        Ah ah 😉 Oui je pense que cela pourrait être utile. Mais pas tout de suite. En fait, je crains tellement de trouver quelqu’un qui me « scotcherait » à cette vie ici que je ne veux surtout pas prendre le risque de rencontrer quelqu’un ! Je souhaite tellement m’éloigner et aller vers une région plus accueillante et bienveillante, avoir l’illusion de choisir ma vie (enfin, un peu plus que l’illusion, cela est en soi un débat) , d’en être l’architecte pour de bon. J’y travaille doucement (trop), mais surement (déterminée je suis !), par petits pas, chaque jour.
        Pour le « tout ou rien » et ce côté tranchant que j’affiche parfois, je dirais plutôt que je ne me contenterai pas de peu 😉 Suis bien plus exigeante, bien que très tolérante. À avoir été trop peu exigeante et bien trop tolérante, j’ai bien l’intention de me permettre de vouloir ce qu’il me semble être normal dans une relation normale (car oui, je suis « normale » et plutôt « simple » – sans aucune péjoration). La réciprocité me paraît essentielle. Entre autres.
        Bonne soirée,
        Lili

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