Construisez les 4 piliers de votre couple

Construisez les 4 piliers de votre couple

Enregistrement audio de la conférence donnée dans le cadre de l’événement : « L’art de vivre en famille »

Cliquez sur l’icône ci-dessous pour écouter la conférence

 

Texte de la conférence

 NB : Ce texte constitue la base dont je me suis servie pour donner la conférence…

Evidemment, à l’oral, il y a eu certaines modifications.

Je suis toujours très étonnée de constater à quel point nous plaçons dans le couple des espérances énormes  sans avoir jamais réellement reçu de mode d’emploi

Autant nous sommes outillés, formés, préparés pour la vie intellectuelle et professionnelle (en théorie), autant, pour toutes les expériences essentielles de la vie (la connaissance de soi-même, l’amour, les enfants…), nous nous lançons dans l’aventure sans carte ni boussole.

Nous apprenons sur le tas sans avoir aucune formation…

Et que disent les chiffres ?

En France 44,7% des mariages se terminent par un divorce.

En Belgique, la probabilité de divorcer est de 2 sur 3… (64,5%)

La Belgique est d’ailleurs citée comme championne d’Europe en la matière (bon, au moins, on est champion dans un domaine)

Ceci explique peut-être pourquoi Nathalie a choisi une belge pour vous parler du couple aujourd’hui : avec ce titre de championne d’Europe, nous avons beaucoup de demandes pour travailler (et beaucoup de motivation pour trouver des solutions)

D’après mon expérience, il y a une erreur de base (que nous faisons tous) et qui est à l’origine de nos échecs amoureux : je l’appelle «l’ erreur qui tue»

Et si aujourd’hui, je peux au moins vous faire découvrir à quel point cette erreur est une erreur, je serai déjà très heureuse parce que c’est vraiment l’essentiel.

(A noter que nous faisons cette erreur dans tous les domaines de la vie et pas seulement dans le domaine de la relation de couple)

L’erreur qui tue, c’est celle-ci :

Nous croyons tous que : les émotions et les sentiments existent en dehors de nous, qu’ils sont ou qu’ils ne sont pas.

Les expressions populaires transmettent cette croyance : on dit : tomber amoureux (comme si c’était un accident incontrôlable) être envahi par le désir (comme si on avait été possédé par un petit démon/alien) , être aveuglé par la jalousie (comme si la jalousie était quelqu’un qui mettrait ses mains sur nos yeux) , l’amour s’est enfui (comme si on avait à peine tourné le dos et que paf, l’amour s’est enfui comme un chat qui saute par la fenêtre sans qu’on ait le temps de réagir)…

On imagine donc que nos émotions et nos sentiments sont des petits personnages bien distincts qui vont et qui viennent selon leur propre volonté et que nous, nous n’avons rien à dire.

Nous nous contentons donc souvent de constater que l’amour, le désir, l’harmonie, la tendresse existent ou n’existent pas, qu’ils sont là ou ne sont plus là…

Un peu comme pour la météo : on constate qu’il y a du soleil ou qu’il n’y en n’a pas…

 (et d’ailleurs beaucoup d’expressions concernant l’amour sont un peu dérivées de la météo : le coup de foudre, la tempête de la jalousie, la désertification des sentiments, le tsunami du désir…

Puisque nous croyons que les émotions et les sentiments sont extérieurs à nous, nous ne cherchons pas à apprendre comment les gérer/maîtriser…

Nous subissons leurs marées hautes et leurs marées basses et sommes donc pareils à des marionnettes, les jouets de nos émotions

Ajoutez à cette erreur qui tue le fait qu’en plus,  nous plaçons dans l’autre une espérance de guérison. Que nous attendons de l’autre qu’il ou elle soit le messie : celui ou celle qui aurait le pouvoir de réparer toutes nos blessures.

Dans les débuts d’une belle rencontre, l’état d’euphorie que nous vivons est presque une extase mystique : nous avons rencontré notre Sauveur/ notre Sauveuse et nous pensons :

Je vais recevoir l’amour (le «vrai») tel que j’ai toujours espéré le recevoir sans jamais le recevoir et je vais donc pouvoir enfin être guéri(e) de mon manque existentiel de reconnaissance et je vais donc enfin pouvoir déployer tous mes potentiels.

Vous commencez à entrevoir pourquoi cela ne peut pas marcher ?

  • 1) nous croyons que nous n’avons aucune maîtrise de nos émotions et de nos sentiments (maîtrise = énergie de la sagesse du maître pas le contrôle)
  • 2) en même temps nous sommes dans  l’attente, l’espérance de guérison de nos blessures fondamentales

Donc, nous sommes dans l’attente d’une guérison qui viendrait grâce à un sentiment extérieur à nous et que nous ne maîtrisons pas

Nous sommes alors dans la position d’être en attente de l’absolu tout en étant d’une totale impuissance !:  waouw : pas étonnant que nos relations de couple ne fonctionnent pas : nous ne pouvons que nous planter

Alors, si vous croyez que vos sentiments et vos émotions sont extérieurs à vous et que vous ne pouvez que les subir, aujourd’hui, au cours de cette conférence, je vais vous démontrer que c’est faux.

Mais, puisque nous n’avons reçu aucun mode d’emploi pour construire un couple, je vais commencer par vous en expliquer les 4 piliers essentiels.

Pour que vous puissiez facilement les mémoriser, je vais vous les présenter sous la forme d’un acronyme et cet acronyme c’est :

C ADO

 

Conscience,
Accueil,
Désir,
Objectif

 

1er pilier du couple : Prendre Conscience de ses blessures

 

Nous sommes tous des ex-enfants blessés.

Quelle que soit la bonne volonté de nos parents : nous avons tous vécu cette période durant laquelle nous ressentons des manques, des souffrances, des frustrations, parce que l’amour humain (et donc celui de nos parents) est conditionnel et donc imparfait

Que ce soit une blessure réelle ou une interprétation que nous avons faite

Le fait d’avoir des blessures est inhérent à la nature humaine et n’est pas réservé aux «fous» (la plus grosse erreur que l’on puisse faire est de croire que nous, nous ne sommes pas blessés et c’est une erreur parce que cela nous empêche de voir que nombreuses de nos attitudes sont en fait des réactions à nos blessures)

Et c’est pour cela que j’insiste sur le mot «conscience»

Il est donc «Normal» d’avoir des blessures (ouf, vous pouvez respirer : vous êtes normaux»)

Mais, ce qui n’est pas «normal», c’est de faire sa crise d’adolescence dans le couple et de faire porter à notre partenaire le rôle du «mauvais parent» auquel on s’oppose ou sur lequel on se venge inconsciemment . (ni d’attendre de l’autre le rôle du parent parfait

Tant que nos blessures ne sont pas parvenues à notre conscience et tant que nous ne les avons pas un peu soignées nous-mêmes, nous allons réclamer ce soin (et la guérison) dans notre couple… Nous allons re-faire nos crises d’adolescence dans le couple (et dans les relations en général). Et ces crises d’adolescence nourrissent les jeux de pouvoir : elles sont toujours la manifestation de l’enfant qui réclame ce dont il a besoin

Les blessures de base sont celles-ci (je ne m’étendrai pas sur le descriptif de chacune des blessures : de nombreux auteurs ont écrit sur le sujet)

(Rejet, Privation, Humiliation/Abus, Abandon/ Négation / Dévalorisation / Trahison)

Nos blessures déterminent notre fonctionnement relationnel ET sont à l’origine de nos attirances

-1) Pourquoi nos blessures déterminent-elles notre fonctionnement relationnel ?

Quel est le processus ?

Nos blessures ont généré des croyances

Et ces croyances ont forgé nos lunettes déformantes au travers desquelles nous décodons les événements.

En regardant les événements avec ces lunettes déformantes, nous décodons la réalité non pas telle qu’elle est mais telle que nous l’interprétons. Et nous avons donc une réaction (notez bien que j’utilise le mot réaction pour sa connotation passive et non active, non choix). Auto-défense.

C’est devenu un chemin automatique (comme des traces de ski que l’on suit automatiquement : plus facile)

Cette réaction va créer des conséquences (de la part de l’autre) et ces conséquences vont bien souvent renforcer notre croyance (prophéties auto-réalisatrices)

exemple : rejet : fille dont le père a quitté la mère et n’a plus cherché à avoir de contact : s’est sentie rejetée

Mais, avec les années, nos blessures et nos réactions vont finir par être assimilés à notre identité (de notre part et de la part de nos familles : étiquettes) : «Je suis….» «Il/elle est… « Exemple pour la femme blessure de rejet : «Je suis méfiante

Je suis prudente : je ne me lie pas facilement…»

On passe donc de l’habitude, du rôle, de la réaction de défense à une identité, on s’assimile à cette réaction. On croit que c’est qui nous sommes… Et on finit par s’accrocher à cette identité : Qui suis-je si je ne suis pas cela ?

Mais cela empêche de vivre autre chose, même si cela ne me sert plus (et même me fait souffrir) (Moi, je suis méfiante et même si je sais que cela me rend rébarbative et que les gens ne viennent pas facilement vers moi à cause de cela, je préfère rester qui je suis, je ne vais pas me transformer pour les autres, je préfère rester moi-même)

Sans voir que c’est précisément nos réactions qui créent des conséquences qui vont renforcer notre blessure et notre croyance

– 2) Pourquoi nos blessures sont-elles à l’origine de nos attirances ?

Avec la motivation inconsciente de guérir de nos blessures, nous choisissons le type de personne qui est le plus susceptible de venir réveiller nos blessures. On choisit l’acteur ou l’actrice parfaite pour rejouer le film dans l’espoir que, cette fois-ci, la fin sera différente…

Exemple : Femme abandon : va choisir un homme hyper occupé, hyper investi dans son travail et qui semble donc ne pas lui donner la priorité à elle  (ne choisira pas un homme qui est à ses pieds parce qu’il ne pourra pas rejouer le rôle blessant et donc, cela n’a pas d’intérêt) puis, se sentira abandonnée à chaque fois qu’il sera absent (ou tombera folle amoureuse d’un homme marié)

Bénédicte Ann  parle d’erreurs de casting…

Moi, je dirais plutôt que le casting est parfait puisqu’il nous permet de rejouer le film…

Mais l’acteur parfait joue son rôle parfaitement et la fin du film est toujours la même et réactive nos blessures.

Première chose à faire :

  • prenez conscience de votre ou de vos blessures de base
  • identifiez vos croyances
  • voyez comment vos lunettes déformantes vous font interpréter les événements de manière erronée
  • voyez comment vous avec une réaction de défense à chaque fois que l’autre touche votre bouton déclencheur

 

Sur la page Outils

vous trouverez un document pdf contenant un exercice pour identifier votre blessure principale.

 

2ème pilier du couple : Accueillir les blessures de l’autre

 

A partir du moment où vous avez conscience que vous abritez toujours en vous un petit enfant blessé, vous pouvez également imaginer que l’autre, votre partenaire, abrite lui /elle aussi un petit enfant blessé.

Déjà, sachant cela, vous pouvez quitter la position qui est celle d’attendre de l’autre qu’il ou elle soit le «bon parent» qui va vous combler et au lieu de prendre cette position d’enfant en demande face à un adulte, vous pourrez vous positionner au même «niveau» que l’autre.

L’autre n’est plus «le mauvais qui ne peut pas/ne veut pas me donner ce dont j’ai besoin» mais une personne qui, comme moi, a été blessée mais qui peut retrouver tous ses potentiels positifs grâce à la sécurité que je peux lui offrir avec ma compassion.

Là, tout de suite, je peux presque entendre vos objections :

«Comment pourrais-je manifester de l’empathie, de la compassion, face à l’autre qui est si énervant, si irritant, qui me fait souffrir ? Quand, depuis des mois, des années, l’autre me blesse, comment pourrais-je l’accueillir, l’entendre, le comprendre alors que j’ai juste envie de lui hurler dessus et de le/la blesser pour me venger ?

Et c’est maintenant que je vais vous prouver que vous n’êtes pas condamnés, obligés de subir vos émotions (ici, la colère, par exemple)

Quelques explications scientifiques d’abord

Les neurosciences nous aident à comprendre comment fonctionne notre cerveau émotionnel : (cerveau limbique)

Cerveau émotionnel = ensemble de circuits électriques qui provoquent la sécrétion de certaines hormones (neuro-transmetteurs) exemple : sérotonine : anti-dépressive, adrénaline : hormone du stress, dopamine : hormone du bien-être, ocytocine : hormone de l’attachement, acétylcholine : détente

Parmi tous les circuits électriques, certains sont activés et d’autres ne le sont pas

Ainsi, nous avons tous nos circuits faciles/préférés et d’autres circuits qui sont comme des pistes de ski non encore dammées (hors piste)  fort difficiles (où il faut plus d’énergie) (certains : tristesse, d’autres la colère…)

Nous sommes donc en quelque sorte accros à certaines émotions : nous sommes embarqués par elles en une fraction de seconde.

D’autre part, le cerveau en fait pas la différence entre la réalité et l’imaginaire.

Faites ce petit test

Fermez les yeux et imaginez que, dans une heure, vous devrez sauter en élastique.

Que ressentez-vous ? La peur ? L’enthousiasme ?

Comment réagit votre corps ? rythme cardiaque, respiration ?

Vous avez constaté : ce n’est pas la réalité et pourtant, les ressentis sont là (et si on faisait une prise de sang, on pourrait constater l’augmentation de l’adrénaline si c’est la peur que vous avez ressentie)

Vous voyez où je veux en venir ?

Vous pouvez créer une émotion en quelques secondes…

Et vous pouvez aussi «muscler» certains circuits émotionnels qui vous manquent.

L’idée, c’est de créer une voie pour aller par là de plus en plus facilement

Plasticité neuronale permet donc de créer nouveaux circuits qui, une fois qu’ils sont activés, peuvent être empruntés plus facilement.

Si vous êtes accro à l’émotion de colère (et que c’est ce qui vous empêche de manifester de l’empathie à votre partenaire), vous pouvez, avec un peu d’entraînement, créer et muscler le circuit de la sérénité et de la compréhension.

Si accro tristesse : muscler joie

Quand vous êtes embarqué dans une émotion négative, votre cerveau limbique prend le dessus et il déconnecte votre cortex, votre cerveau logique plus «rationnel» et là, honnêtement, vous n’êtes pas au meilleur de vous-même (partir en tsunami)

Je ne dis pas que c’est mauvais d’être en colère : la colère peut-être adéquate (empêcher l’abus et faire respecter ses limites) mais ce qui n’est pas adéquat, c’est de rester en colère pendant 5 ans parce que votre partenaire a oublié de vous souhaiter un bon anniversaire. exemple patiente qui dit qu’elle ne parvient pas à pardonner à son compagnon le fait qu’au moment de sa première grossesse, il est allé faire la fête un soir avec son cousin et elle a eu des contractions : hôpital sans lui : depuis lors, ce couple a déjà consulté plusieurs thérapeutes de couple : rien ne s’arrange parce qu’elle dit qu’elle en parvient pas à pardonner : ardoise jamais payée malgré tout ce qu’il a déjà pu faire. Vous ne pouvez pas ? Non, vous n’avez pas fait le choix de  pardonner)

Quand il s‘agit d’accueillir l’autre et de lui manifester l’empathie indispensable (comme on le ferait pour un enfant), vous avez le pouvoir de choisir l’émotion que vous ressentez (quitte à prendre quelques minutes avant la discussion : si vous avez créé la voie neuronale de la sérénité et que vous vous êtes un peu exercés, vous pourrez retrouver cette voie facilement lorsque cela sera nécessaire)

Je vous le démontre tout de suite :  Faites l’exercice que je vous propose durant la conférence (à la 31ème minute)

Biochimiquement, il est impossible d’être à la fois dans l’émotion de la gratitude et une émotion négative (gratitude = endorphines : comme en jogging prolongé = hormone du bonheur et le cerveau ne sait pas provoquer fabrication en même temps adrénaline et endorphines.

Rester la victime de ses émotions/sentiments ou en être le créateur, la créatrice, c’est une question de choix conscient.

Vous l’avez expérimenté : vous n’êtes PAS le jouet de vos émotions, c’est à vous de jouer avec elles et d’apprendre à les créer selon les objectifs que vous poursuivez  au sein du couple : si votre objectif est de prolonger le conflit ou de faire preuve d’empathie par rapport à votre partenaire.

Quand vous vous sentez vous-même blessé(e) dans vos propres blessures, vous pouvez choisir entre l’émotion de la tristesse (ou de la colère) qui vous placera dans une énergie de demande de réparation de la part de votre partenaire (et si lui-même est dans cette demande de réparation, vous allez alors entrer dans le cercle vicieux : d’abord tu dois réparer la blessure que tu m’as infligée avant que je puisse réparer la blessure que je t’ai infligée : cela va durer longtemps, voire éternellement )

OU

Vous pouvez choisir consciemment d’activer en vous toutes des émotions positives (comme nous l’avons fait dans l’exercice) et cela vous donnera accès à toute la compassion dont votre partenaire a besoin pour se sentir entendu dans ses blessures. Cercle vertueux : l’autre pourra alors aussi manifester de la compassion par rapport à vos blessures.

De nombreuses personnes voient cela comme être « perdant » : je ne vais pas être le premier ou la première à manifester de la compassion alors que l’autre m’a blessé(e). Mais  on n’est jamais perdant d’être le premier ou la première à offrir à l’autre l’énergie de la compassion. Si le couple est envisagé dans la lutte de pouvoir, vous allez droit dans le mur avec certitude.

 

3ème pilier du couple : Entretenir l’énergie du Désir

 

Dans un de ses livres, Paule Salomon écrivait : «Avez-vous besoin d’être allumé ou êtes-vous le créateur de votre propre désir ?»

A nouveau, nous croyons souvent que le désir est quelque chose d’extérieur à nous, qui nous envahit ou pas, qui reste vivant ou pas… Comme si nous ne pouvions que constater sa présence ou son absence tout en étant impuissants à y faire quelque chose. Comme si notre désir ne nous appartenait pas.

Les mythes au sujet du désir entretiennent d’ailleurs cette fausse croyance : les expressions courantes évoquent  l’envoûtement, la perte de la raison… être aveuglé par le désir…

Toutes ces expressions semblent signifier que le désir est une entité vivante qui nous envahit (ou pas) sans que nous en soyons maîtres.

Et si c’est vrai que nous ne choisissons pas les situations qui vont éveiller ce désir, (les boutons déclencheurs) (certaines situations/personnes éveillent notre désir ou pas) (pourquoi aimons-nous les hommes grands plutôt que les hommes petits, ou les femmes brunes plutôt que les blondes), le désir n’est cependant pas une force extérieure à nous et que nous subissons (ou dont nous subissons l’absence)

Croire que le désir est extérieur de nous, c’est croire qu’il dépend de ce que l’autre est ou de ce que l’autre fait.

Dès lors, et cela concerne surtout les femmes, c’est un peu un système de punition récompense qui va s’installer dans le couple : si tu es «gentil» on fait l’amour, si tu n’es pas «gentil», on ne fait pas l’amour.

Ce système est infantilisant mais ce système installe aussi un sorte de pouvoir. Et, ce que nous voulons, ce n’est pas que le couple soit une lutte de pouvoir. (ni dans un sens ni dans l’autre)

Alors qu’en fait, l’origine de notre désir elle est en nous : je suis une personne désirante ou pas.

Être capable de désirer (et je parle surtout pour les femmes), c’est une aptitude que nous construisons en nous. Pour nous-même avant tout… Avant que cela ne soit important pour le couple, c’est d’abord important pour soi-même de ressentir le désir parce que le désir, c’est la vie.

Le désir, c’est un feu qui demande à être allumé et entretenu.

Fausse croyance que la biologie fait que les femmes sont moins désirantes.

Oui, les hormones (oestrogènes) sont plus élevées au moment de l’ovulation (attention : pilule ) et cela augmente les pulsions, la libido spontanée

Mais nous ne sommes pas que des êtres biologiques ;.. Nous pouvons cultiver en nous l’art d’être désirantes

Parce que le désir  = expression de la vie = sentir la vie qui circule en nous

Désir très faible quand nous ne sommes pas présentes à nos corps (quand nous nous perdons dans un mental hyperactif)

Les femmes disent parfois que leur désir est plus fort en vacances : parce que là, leur mental est mis au repos et qu’elles sont plus présentes à leur corps (soleil, piscine…)

C’est notre responsabilité de femme que de développer en nous cette aptitude à sentir la vie qui circule en nous

De manière beaucoup plus large que rien que le désir sexuel.

Se sentir vivante demande que l’on y travaille

Ce n’est pas une aptitude que l’on a ou pas de manière définitive

Femmes besoin de devenir désirantes (et pas uniquement se concentrer sur le fait d’être désirables)

Hommes : désir plus présent mais souvent dissocié de la notion de respect : recours à pornographie ou à fantasmes où femmes sont dans un rôle dégradant

Pourquoi : et bien c’est la conséquence de ce système infantilisant punition/récompense. Comme le pouvoir est pris par la femme qui autorise la sexualité si l’homme a été gentil, l’homme se retrouve dans le rôle du petit garçon récompensé ou puni. C’est radical pour éteindre la libido.

L’énergie sexuelle de l’homme est une énergie de conquérant… et ne pourra donc être réveillée qu’en imaginant qu’il renverse le pouvoir.

Mais l’homme est un lion que la femme a transformé en « gentil », et ensuite, elle ne désire plus son compagnon et fantasme sur le macho du coin (prof de gymn, plombier, …)

La boucle énergétique coeur-sexe est une boucle qui s’auto-alimente si chacun fait son job

C’est de la responsabilité de chacun de faire tourner la boucle

Femmes : s’occuper de leurs blessures pour permettre à l’énergie de circuler

Hommes : entretenir le contact sexe-coeur

 

4ème pilier du couple : Connaître le réel Objectif du couple.

 

Les contes de fées (ou les films romantiques qui sont les contes de fées modernes) se terminent par : «ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants» Cela semble signifier qu’une fois que le couple est constitué, la vie amoureuse ne sera plus qu’un long fleuve tranquille.

Nous grandissons donc avec la fausse croyance que former un couple est l’objectif final puis que nous pourrons nous reposer, que nous ne devrons plus faire d’effort, que nous serons à l’abri des remous émotionnels.

Et rien n’est plus faux que cela, évidemment… Car, dans le couple comme dans la Vie, tout change tout le temps.

Être en couple ne signifie pas devenir un gardien de musée qui surveille une momie…

Vous n’êtes pas une momie… l’autre n’est pas une momie…

Le but de la vie, c’est d’évoluer et le couple sert à mettre en évidence les déséquilibre afin de les rééquilibrer.

Nous nous construisons psychologiquement sur la base d’un déséquilibre entre notre Ombre et notre Lumière…

Et, bien souvent, comme nous en sommes inconscients, nous choisissons notre partenaire pour pouvoir maintenir notre Lumière.

Exemple :   Une femme, fille aînée d’une famille nombreuse, devait prendre ses frères et soeurs en charge et aider ses parents dans la logistique quotidienne : à ce moment là était félicitée : pour recevoir l’amour de ses parents, elle a mis en lumière le fait de prendre soin de l’autre, de prendre l’autre en charge (sacrificiel/maternant). Dans l’ombre : elle met son besoin d’être prise en charge, d’être suiveuse

Elle choisit un homme qui, pour ne pas être considéré comme un macho, un salaud comme tous les hommes (blessure de rejet de son masculin par sa mère), a mis en lumière son côté soumis, suiveur.

Le couple fonctionne bien : elle prend tout en charge, organise tout, est la dominante… Lui accepte, se soumet, suit

A un moment ou une autre, il va se passer ceci :

– soit l’homme aura besoin de réintégrer son côté masculin et sa dominance

– soit la femme aura besoin de lâcher-prise, de s’en remettre à l’autre, d’être prise en charge, d’être suiveuse

Concrètement, dans mon exemple l’homme a rencontré une femme enfant avec laquelle il peut être dominant.

Ils se séparent… Pendant un certain  temps, il savoure le fait de pouvoir être le meneur dans son nouveau couple… mais progressivement, un nouveau déséquilibre parce que sa nouvelle partenaire toujours dans sa propre lumière (avoir besoin de l’autre)

Son ex-femme devient sa maîtresse

Il peut manifester sa lumière avec elle (être suiveur/être pris en charge) et son ombre avec sa nouvelle compagne (être meneur/prendre l’autre en charge)

Il a besoin du triangle pour être en équilibre Ombre-Lumière.

C’est le but de la vie est d’avancer vers plus de complétude, c’est le but du cheminement personnel d’évoluer de manière à intégrer dans notre personnalité le plus de facettes possibles, c’est le but de notre âme que de réunifier l’ombre et la lumière.

A un moment de la vie de couple, l’un ou l’autre éprouve toujours le besoin irrésistible de sortir de la prison que représente le fait de n’utiliser que sa lumière

Et cela débouche sur une crise (aventure, changement professionnel complètement bousculant)

Le but de cela,  est en fait que chacun puisse utiliser tout à tour son ombre et sa lumière selon les circonstances mais sans avoir besoin d’un triangle.

Le but du couple n’est PAS que ce soit le couple qui forme un tout complet, nous ne sommes pas la moitié d’un tout.

Le but du couple est que chacun avance vers le fait d’être complet en lui-même

Si on sait que le véritable but du couple est cette réunification ombre lumière pour rééquilibrer les déséquilibres qui finissent par surgir lorsque chacun n’utilise que sa lumière, cela donne un tout autre sens aux crises inévitables.

Au lieu de les vivre comme des fléaux à éviter, on les vit comme des cadeaux, des occasion de grandir pour soi et pour l’autre, des occasions de devenir plus soi-même, de devenir plus riches intérieurement.

Nos pouvons alors accompagner l’autre dans son besoin d’évolution (même si la crise = infidélité) et en profiter pour voir ce que nous avons besoin de réintégrer en nous-même.

Ou, si nous sommes celui ou celle qui vit ce besoin intérieur d’évolution, de pouvoir expliquer à l’autre que cela n’est pas dirigé contre le couple mais bien dans le but d’être fidèle à soi-même.

(Quand on est conscient que, derrière l’attirance que l’on peut ressentir pour une autre personne, il y a ce besoin de réintégrer une facette de notre ombre, il n’y a pas toujours besoin d’aller jusqu’à concrétisation d’une relation à l’extérieur du couple : on peut comprendre le message sans passer à l’acte)

Vous pourrez trouver la description de ce processus de réintégration Ombre Lumière dans mon livre « Divine sexualité ».

Vous y trouverez aussi la description de la boucle énergétique coeur-sexe.

La version numérique

se trouve sur cette page.

Conclusion

 

L’erreur qui tue :

Non, les émotions et les sentiments ne sont pas des personnages qui ont une volonté propre et face auxquels vous seriez impuissants : vous pouvez (et vous l’avez constaté vous-même lors des exercices) faire naître en vous les émotions que vous désirez. C’est juste une question de choix.

 

Les 4 piliers : C A D O

  • C : prenez conscience de vos blessures et comprenez bien que vous décodez la réalité avec des lunettes déformantes qui vous font vivre les actions de l’autre comme des réactivations de ces blessures. Vos blessures vous appartiennent : ce n’est pas à l’autre de les réparer (même s’il faut parler de vos blessures à l’autre).
  • A : accueillez les blessures de l’autre (celles du passé mais aussi celles qu’inévitablement, vous pouvez lui infliger au quotidien) dans l’énergie de la compassion. Faites le choix conscient d’activer cette énergie positive en vous.
  • D : entretenez l’énergie du désir en vous. Ne le considérez pas comme une émotion qui va ou vient en dehors de votre propre volonté. Mesdames, apprenez à devenir désirant(e)s : votre désir, c’est le reflet de votre connexion à la vie. Messieurs, veillez à relier désir et coeur
  • O : rappelez-vous que l’objectif du couple n’est pas que vous soyez chacun la moitié d’un tout mais que vous soyez chacun un tout complet. Accueillez donc les crises comme des occasions d’avancer vers cette complétude intérieure.

 

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