Les 7 blessures qui risquent de faire échouer vos relations amoureuses

 

 

Lorsque vous entendez parler des blessures d’enfance, vous avez peut-être le réflexe de croire que ce thème ne concerne que les enfants qui ont été maltraités physiquement ou psychologiquement.

Mais ce n’est pas toujours le cas…

Nous sommes tous concernés

Quelles que soient les bonnes intentions de nos parents et de nos éducateurs, quelle que soit notre histoire d’enfance, nous avons tous vécu des événements qui, bien que pouvant parfois paraître anodins aux yeux du monde extérieur, nous ont néanmoins blessés en profondeur et ont laissé en nous des traces qui ont encore des conséquences aujourd’hui dans notre manière de gérer nos relations.

Il peut s’agir d’événements isolés mais qui nous ont marqués de manière intense ou de faits répétitifs qui ont creusé nos fragilités petit à petit, au fil du temps…

Peu importe…

Porteurs de ces blessures, nous fabriquons nos carapaces et adoptons des modes de fonctionnement destinés à nous protéger afin de ne plus en souffrir.

Mais, inconsciemment, nous cherchons dans le couple une réparation de ces blessures.

Il peut s’agir d’événements isolés mais qui nous ont marqués de manière intense ou de faits répétitifs qui ont creusé nos fragilités petit à petit, au fil du temps…

Peu importe…

Porteurs de ces blessures, nous fabriquons nos carapaces et adoptons des modes de fonctionnement destinés à nous protéger afin de ne plus en souffrir.

Mais, inconsciemment, nous cherchons dans le couple une réparation de ces blessures.

Après une première phase de fusion dans laquelle chacun se sent enfin aimé de manière parfaite, lorsque vient la phase d’individualisation dans laquelle l’autre cesse ponctuellement de nous combler de cet amour parfait, l’enfant blessé reprend les commandes de nos émotions.

L’attente de réparation de nos blessures est alors sans cesse déçue et, la plupart du temps, au contraire, le couple va devenir le lieu où nous allons répéter ces blessures, les réveiller, les réactiver.

Puisque la situation est réciproque, le couple devient vite source de souffrances mutuelles. Ce qui nous amène progressivement à cesser de croire que le couple puisse être source d’épanouissement.

Inconscience ou conscience ?

Et il est vrai que si nous restons inconscients de la présence de nos blessures, si nous restons accrochés à l’illusion que l’autre est là pour réparer les dégâts émotionnels liés à notre enfance, l’échec du couple est programmé d’avance… Avec n’importe quel partenaire…

Jung disait : « Tout ce qui n’arrive pas à la conscience revient sous la forme de destin ».

Nous pouvons croire qu’en changeant de partenaire, l’histoire sera différente…

Il n’en n’est rien !

Et nous aurons vite fait de remarquer un goût de déjà vu, déjà vécu…

 Après, nous avons encore le choix de dire :

« Tous les hommes sont des… (censuré) » ou « Toutes les femmes sont des… (re-censuré) »

 Ou, de réaliser que le point commun de toutes nos histoires d’amour sont : nos propres blessures !

Prendre conscience de nos blessures, les identifier, décoder comment elles ont façonné nos modes de défense et nos réactions émotionnelles spécifiques est LA voie de la sagesse amoureuse.

Car, grâce à cette mise en conscience, nous pouvons cesser d’être menés par nos émotions comme des marionnettes. Et lorsque nos relations amoureuses viennent réveiller nos blessures, nous pouvons alors vivre ces moments difficiles comme des opportunités de les dépasser.

Les traces de nos blessures

Bien souvent, nous pensons souffrir d’une blessure en fonction de nos souvenirs conscients.

Nous nous remémorons de certains épisodes de notre enfance et nous mettons dons des étiquettes mentales sur ces souvenirs.

Pourtant, nos réelles blessures sont le plus souvent profondément enfouies et notre mental n’y a pas accès car elles se sont généralement créées à une période dont nous ne gardons pas de souvenir conscient… Ou, ces blessures ont été tellement intolérables que nous en avons refoulé le souvenir afin de nous protéger de la douleur.

Une étude récente* menée par la Faculté de médecine de l’Université de Genève a démontré que la maltraitance durant l’enfance entraîne la dysrégulation de certains gènes impliqués dans la gestion du stress.

Je pense que l’on peut s’autoriser à déduire de cette étude que, même en dehors des situations de maltraitance sévère, les situations que nous avons vécues comme traumatisantes ont une influence sur la régulation de nos gènes. Et nos gènes sont présents dans chacune de nos cellules.

Les traces et les conséquences de nos blessures les plus profondes ne se situent donc pas dans notre mémoire consciente…  mais dans l’ensemble de notre corps. Et elles nous programment pour réagir d’une certaine manière face à des événements évocateurs.

Notre mental n’a pas accès à ces informations, le fonctionnement de nos gènes n’est pas   sous son influence… Et c’est bien pour cela que nous perdons totalement le contrôle sur les émotions qui nous agitent lorsque nos blessures sont réactivées dans nos relations amoureuses… Nous réagissons selon la programmation qui a été inscrite dans toutes nos cellules, celles de notre cerveau y-compris, et notre mental est complètement impuissant face à cela.

Les 7 blessures et leur mode de défense

Lise Bourbeau («Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même»), et avant elle, le psychiatre américain John Pierrakos, ont expliqué qu’il existe 5 blessures essentielles.

Après avoir accompagné de nombreux patients, j’ai remarqué qu’il en existait plutôt 7 et que chacune était reliée à un de nos 7 centres énergétiques. Par ailleurs, la blessure d’injustice décrite par Lise Bourbeau ne me semble pas exister réellement. Elle correspondrait plutôt à ce que j’appelle la blessure de dévalorisation.

En effet, l’injustice ne me paraît pas être une blessure mais plutôt une sensation.

En plus, il faut reconnaître que toute blessure est en soi une injustice.

Pour un enfant, il est toujours injuste d’être rejeté, il est toujours injuste d’être abandonné, il est toujours injuste d’être trahi…

D’après moi, les 7 blessures essentielles seraient donc :

–  Le rejet

–  La privation

–  L’humiliation/abus

–  L’abandon

–  La négation

–  La dévalorisation

–  La trahison

Nous sommes tous porteurs d’au moins une de ces blessures et, parfois, de plusieurs…

Chaque type de blessure a créé une peur spécifique et a engendré un type de croyance (que nous prenons pour la Vérité Absolue). A cause de cette peur, nous avons adopté un mode de défense, sensé nous protéger de ce dont nous avons peur.

Et pour bien consolider notre mode de défense, nous nous donnons des conseils à nous-mêmes, nous nous répétons des injonctions.

Ce mode de défense est d’autant plus actif que la relation est importante pour nous et c’est donc souvent au sein des relations amoureuses significatives que ce mode de défense est le plus puissant.

Dans la relation sexuelle, qui représente un moment de grande vulnérabilité potentielle, ce mode de défense est également très présent.

Sommes-nous condamnés à souffrir éternellement  de nos blessures ?


Sommes-nous alors condamnés à rester, pour toujours, le jouet de nos programmations ?

Et bien non ! La bonne nouvelle, c’est que notre cerveau possède une capacité extraordinaire que l’on appelle : «la plasticité neuronale» ou « neuro-plasticité ».

Il a été démontré que les cellules de notre cerveau peuvent non seulement se transformer pour s’adapter à des changements mais également que notre cerveau peut continuellement produire de nouvelles cellules.

L’hypothalamus, une des zones qui intervient dans la gestion des émotions est donc parfaitement capable, lui aussi, de transformer ses cellules ou d’en produire de nouvelles.

Si nous choisissons de manière répétitive, de transformer les expériences que nous faisons, nos cellules cérébrales s’adapteront à ces changements, soit en se transformant, soit en créant de nouvelles cellules.

Et nos anciennes programmations pourront faire place à de nouvelles programmations.

Nos réflexes conditionnés, nos anciens modes de défenses pourront être remplacés par de nouvelles manières de gérer les émotions issues des événements extérieurs.

Ainsi, une personne porteuse de la blessure d’abandon est programmée, au départ, pour avoir une attitude de dépendance et une sensation d’abandon à chaque fois que son/sa partenaire ne lui accorde pas tout le soutien qu’elle en attend dans les soucis de la vie quotidienne.

Si elle a identifié que sa blessure principale est l’abandon, si elle peut prendre conscience que c’est sa propre blessure qui est réactivée lorsque l’autre ne répond pas à ses attentes, elle peut choisir de ne plus être la marionnette des émotions dues aux blessures du passé.

Lorsqu’elle sent l’émotion l’envahir par la réactivation de sa blessure d’abandon, elle peut choisir de changer son interprétation de faits et d’essayer de cesser de croire que l’attitude de l’autre est forcément négative.

Attention, dans les relations de manipulation, la manière de fonctionner doit être complètement différente… Mais j’y reviendrai dans un autre article.

Pour ne plus être le jouet de vos programmations intérieures qui font échouer vos relations amoureuses, il est donc essentiel d’IDENTIFIER vos blessures d’enfance.

Dans le guide pratique en format pdf que vous pourrez télécharger dans l’espace membre, vous trouverez la description des étapes que vous pouvez suivre pour identifier votre (ou vos) blessure(s) principale(s) grâce au décodage de vos croyances, des vos injonctions personnelles et de vos modes de défense dans vos relations amoureuses.

Vous trouverez dans ce document un exercice très simple pour localiser la blessure qui vous concerne, comprendre quels sont vos systèmes de défense et ainsi mieux appréhender la relation de couple.

Souvenez-vous, une fois que nous sommes conscients de nos attitudes, il devient plus facile de créer l’harmonie et vivre une relation plus agréable.

Alors, faites vite le test !

 

http://www.unige.ch/communication/communiques/2012/CdP120112.html

 

Cet article a été écrit pour le site

« Heureux en couple »

ici

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Commentaires

  1. Bonjour Véronique,

    Pour commencer, un grand merci pour vos travaux et votre livre « Divine sexualité », qui est certainement l’ouvrage les plus inspirant de ma bibliothèque ! 🙂

    J’ai eu envie de vous faire part d’un énorme problème qui m’empêche totalement d’avancer dans ma vie affective, en espérant que vous pourrez m’apporter vos éclaircissements 🙂

    Mon couple a été détruit à cause de mon intolérance à la pornographie. Nous sommes passé par tout le cycle des tentatives de contrôle, des mensonges et des trahisons, jusqu’à finalement finir par nous épuiser. Je n’ai plus du tout confiance en lui, et nous ne faisons plus l’amour.

    Comment s’abandonner à la réelle intimité quand votre partenaire vous avoue que des images pornographiques surgissent dans son esprit lorsque nous sommes entrain de faire l’amour, voire même qu’il est parfois obligé d’évoquer volontairement ces images pour pouvoir parvenir à l’orgasme ?

    J’ai trop longtemps accepté de m’engager dans un rapport sexuel par empathie face à sa frustration, par refus de l’image de « la femme frigide », pour être une bonne partenaire. Mais cela m’a trop souvent finalement laissée avec l’horrible sensation de ne pas m’être respectée moi-même.

    Sortir de cette relation n’est pas une solution car je suis bien consciente que je ne ferai qu’apporter mon problème dans ma potentielle future relation, la majorité des hommes de ma génération (j’ai 26 ans) étant conditionnés de la même manière que mon partenaire actuel.

    Adepte de développement personnel, c’est tout naturellement que j’ai envisagé que le problème vienne d’une de mes propres blessures. J’ai notamment pu reconnaitre chez moi la blessure de dévalorisation et celle de rejet, ça colle, n’est-ce pas ? 😉 Il n’empêche que… J’ai justement l’impression que travailler ma confiance en moi et ma sécurité intérieure légitimera à mes yeux encore plus le droit de refuser une sexualité qui n’est pas en accord avec mes valeurs.

    Je considère la pornographie comme un désastre à l’échelle planétaire pour la sexualité humaine. On conditionne et on dénature la sexualité en la privant de ce qu’elle est censée avoir de plus intime. L’ère de la réalité augmentée arrive à grand pas, et je suis certaine que nous allons bientôt nous retrouver face à des hommes incapables de maintenir une érection suffisante en présence de femmes réelles. Autant l’homme que la femme y perd de son pouvoir sexuel, de sa confiance en soi, de sa capacité à s’abandonner à l’autre, de sa capacité à se pencher sur ses ressentis propres plutôt que sur des stimuli externes préfabriqués.

    Je ne vois vraiment pas pourquoi je laisserai cela empiéter sur l’espace intime crée entre mon partenaire et moi, et puisqu’il est quasiment impossible à l’heure actuelle de rencontrer une personne qui ne soit pas déjà conditionnée, j’en arrive souvent à penser que je préfère me passer totalement de sexualité plutôt que m’engager dans une sexualité d’avance dénaturée. Bien évidemment, ces deux perspectives me font atrocement souffrir.

    Quel est votre avis sur la question et que pourriez-vous me conseiller pour sortir de cette impasse ?

    Un tout, tout, tout GRAND merci pour votre humanité.

    1. Bonjour Nuit,

      Merci beaucoup pour vos commentaires très chaleureux au sujet de mon livre. Je suis heureuse que vous ayez eu autant de plaisir à le lire que j’en ai eu à l’écrire.
      En vous lisant, j’ai la sensation qu’effectivement, vous êtes dans une impasse…
      Si vous n’avez plus du tout confiance en votre compagnon, j’aurais envie de vous conseiller de rompre… Car sans confiance, c’est impossible de construire une relation épanouissante…
      Mais si vous ne souhaitez pas rompre (ce qui semble être le cas pour le moment), je vais vous proposer de réfléchir aux pistes suivantes…
      – Vous parlez de votre intolérance à la pornographie (et la façon dont vous en décrivez les conséquences que vous envisagez évoque une forme de rejet total, une allergie totale). Dans cette manière de penser, il y a quand même une tendance à vouloir contrôler l’imaginaire de l’autre. Or, s’il y a bien quelque chose qui fait partie de la liberté de chacun, c’est son imaginaire. (A condition bien sûr que cela ne se traduise pas par des actes concrets dans vos relations sexuelles qui vous manqueraient de respect). Alors, évidemment, vous avez le droit d’avoir envie d’un homme dont l’imaginaire amoureux est plus proche du vôtre mais si vous décidez de rester avec cet homme-là, je pense qu’il faut commencer par accepter que, pour le moment, son imaginaire comporte une partie d’attirance pour la pornographie.

      – Ce à quoi on résiste persiste. Dans votre allergie à la pornographie, il se pourrait que vous entreteniez un cercle infernal qui est un peu complexe à expliquer via les commentaires. En résumé : l’attirance pour la pornographie est fréquemment due au fait que cette forme de sexualité est une sexualité sans obligation pour l’homme de répondre aux attentes d’amour de la femme, sans contrainte d’être à la hauteur de ses valeurs morales et spirituelles… Dans la pornographie, l’homme peut avoir des relations sexuelles sans devoir les mériter par tel ou tel comportement.
      Dans l’imaginaire amoureux, cela permet à l’homme de retrouver sa puissance d’homme non soumis aux exigences morales de la femme. Il peut exprimer une facette de lui qui est complètement réprimée dans la « vraie » vie, une composante plus animale… En jugeant l’attirance pour la pornographie comme étant, je cite : « un désastre pour la sexualité humaine », vous risquez d’alimenter le processus car il y a là un jugement très sévère sur certaines facettes de l’être humain. C’est à nouveau la femme qui juge de ce qui est bien et de ce qui est mal. Et l’homme, en face, se sent « mauvais » selon les critères de la femme qu’il aime. Il essaie de devenir aussi « bien  » qu’elle le souhaite et son imaginaire a d’autant plus besoin de s’échapper dans des situations où i; n’y a pas toutes ces exigences sur lui. Je décris cela de façon plus complète dans mon autre ebook (beaucoup moins poétique que Divine Sexualité mais néanmoins utile pour ne pas rejeter une partie de l’homme)

      – En travaillant sur vos blessures de rejet et de dévalorisation, il se pourrait qu’au lieu de vous opposer complètement à une sexualité que vous considérez comme n’étant pas conforme à vos valeurs, vous réussissiez à voir qu’en fait c’est votre blessure qui vous fait prendre l’imaginaire pornographique de votre ami comme du rejet de vous. C’est sans doute votre blessure qui vous fait vivre cela comme une « attaque personnelle », qui vous fait vous sentir rejetée ou dévalorisée. Alors qu’en fait, cette attirance pour la pornographie n’est pas dirigée contre vous ou vos valeurs. Elle ne parle QUE de la difficulté de votre ami à trouver, dans la vie réelle, sa place d’homme qui ne dépend pas de la femme pour déterminer sa valeur, qui ne dépend pas de la femme pour savoir s’il est un homme « bien », à la hauteur…

      Alors, croyez-bien qu’en aucun cas je ne désire vous heurter… Et c’est tout à fait votre droit de ne pas avoir envie de continuer une relation amoureuse avec un homme qui ne correspond pas à vos besoins, vos attentes profondes.
      Mais puisque vous me posiez la question de savoir comment sortir de cette impasse, j’ai essayé d’être la plus honnête possible avec vous.
      J’espère avoir pu vous éclairer un peu.
      Bien à vous,
      Véronique.

  2. Bonjour Véronique,

    Un énorme MERCI d’avoir pris le temps de me répondre. Votre générosité inspire la plus grande admiration. Ne vous inquiétez surtout pas de me heurter, vos paroles apaisent un peu de la douleur qu’il y a en moi.

    Je n’ai vu seulement après avoir posté mon commentaire que nous avions la possibilité d’obtenir réponse à nos questionnements via une séance de coaching, je vais donc passer par ce dispositif pour la suite, ainsi votre temps et votre énergie seront rémunérés. Je vous recontacte donc par ce biais 🙂

    Une belle journée !

  3. En plus du mail que je vous enverrai, je vais tout de même poster ma réponse ici si ça ne vous ennuie pas, au cas où quelqu’un voudrait participer au débat.

    Je voudrais tout d’abord revenir sur l’avènement de la réalité virtuelle. Les utilisateurs se disent plongés dans un univers immersif, cela veut bien dire ce que cela veut dire, non ? Certains hommes témoignent que bien qu’étant conscients d’être dans du virtuel, ils ne pouvaient réfréner le réflexe de tendre la main pour toucher ces femmes qui semblent se remuer sur eux. De même, on parle bien de réalité « augmentée », ainsi certains hommes disent clairement que cela surpasse la réalité notamment grâce à la qualité d’image haute définition, aux différents « zooms » effectués sur les corps qui se présentent à lui, aux angles de vue impossibles à obtenir en réalité. Les ingénieurs sont même déjà entrain de s’atteler à reproduire des odeurs corporelles qui seraient intégrées aux casques de réalité virtuelle.

    A partir de quand va-t-on décréter que l’on touche aux frontières de la fidélité ? A mon sens, on a depuis longtemps quitté le domaine de l’imaginaire là. D’autant plus que, dans ma génération, il n’existe quasiment plus de masturbation sans pornographie. Quand aurait-on le droit de dire STOP ? Quand aurais-je droit de ne plus considérer cela comme une de mes blessures mais que CELA me CRÉE une blessure ?

    Je me sens déjà tellement démunie face à la pornographie classique, qu’en sera-t-il lorsque je découvrirai un casque de réalité virtuelle dans le tiroir d’un de mes partenaires ? Comment continuer à garder confiance en moi quand je penserai à ces femmes avec qui mon partenaire a quasiment fait l’amour virtuellement le matin et qu’il tente un rapprochement avec moi le soir ? Comment ne pas imaginer son cerveau encore empli de toutes ces images de femmes toutes plus superbes, plus joueuses, plus expérimentées les unes que les autres, faisant inconsciemment la comparaison avec moi ? Comment ne pas être tentée de rivaliser ? Comment ne pas remettre en question la beauté de mon corps dans les yeux de l’autre ? Comment ne pas réfléchir mes mouvements, mes positions, mes gémissements, en termes de performances ?

    Je suis parfaitement consciente que tout ceci vient toucher à mes profondes insécurités, mais où se situe la limite entre ma responsabilité de travailler sur insécurités déjà existantes, et la responsabilité de l’autre de ne pas m’en imposer de nouvelles, notamment en venant toucher au respect de la relation ?

    Je ne condamne pas les hommes que je considère comme des victimes au même titre que les femmes dans cette histoire. Je suis surtout révoltée contre cette société qui tente constamment de remplacer tout ce qui participe à délicatesse de la vie par des stimulations encore et toujours plus puissantes. On peut déjà considérer l’ampleur des dégâts de ce processus lorsqu’on voit la vie intérieure de tant de personnes perdre de sa richesse, s’amenuiser jusqu’à quasiment s’éteindre, au profit des divertissements extérieurs qui leur sont offerts.

    Trop souvent, j’ai rencontré des hommes présentant des difficultés à maintenir une érection suffisante, incapable de parvenir à l’orgasme sans « limer » (excusez-moi du terme ;-)) mécaniquement leur partenaire, incapables de se connecter à leurs sensations internes. Même si les facteurs sont multiples pour expliquer la perte de la puissance masculine, et vous les expliquez d’ailleurs magnifiquement bien, je suspecte que l’omniprésence de la pornographie n’y soit pas pour rien non plus. Ne trouvez-vous pas étrange le peu d’études qui ait été conduites sur le sujet compte tenu de l’ampleur que prend ce phénomène dans nos vies quotidiennes ? Comme si cela pouvait être tout à fait innocent, anodin, sans aucune conséquences…
    Pensez-vous que je sois en réalité, malgré moi, entrain de participer au combat consistant à ne pas reconnaitre la puissance masculine dans sa singularité en demandant à mes partenaires d’aligner leur sexualité sur la mienne ?

    Il m’arrive parfois de penser, au contraire, que la sexualité de l’homme et de la femme ne s’exprimeraient initialement pas de manière si différente que cela, mais que ce sont les conditionnements culturels qui ont participé à maximiser les différences qui nous séparent, à créer un fossé de plus en plus infranchissable entre les deux genres conduisant inévitablement à l’incompréhension mutuelle, notamment en amenant les hommes à « extérioriser » d’autant plus leur sexualité (en réprimandant l’expression de leurs émotions, en utilisant le corps de la femme pour vendre, en leur servant de support masturbatoire formaté et principalement axé sur le visuel), tout en amenant les femmes à internaliser leur sexualité (en réprimandant l’expression de leurs désirs, etc). Nous voici en présence de l’éternelle question de l’œuf ou de la poule…

    Par contre, j’ai tout de même l’impression qu’il existe une croyance ambiante profondément enracinée selon laquelle « la pulsion sexuelle masculine est irrépressible » qui amène les hommes à légitimer leurs comportements vis-à-vis de la pornographie (« tu peux t’estimer heureuse, au moins pendant ce temps là, je ne te harcèle pas » voire « je ne trompe pas », comme si c’était l’un, ou l’autre !), et les femmes à fermer les yeux, impuissantes. Cela me fait un peu penser à cet argument en faveur de la prostitution qui dit qu’elle permet de contrôler le taux de viols. N’est-ce pas là une manière de déresponsabiliser les hommes quant à la prise en charge de leurs pulsions ?

    Un de mes autres questionnements se rapporte au fait que la plupart des hommes cachent et mentent au sujet de la pornographie. Je comprends parfaitement que cela puisse découler d’une forme de honte, héritée des répressions éducationnelles et culturelles, vis-à-vis de leurs pulsions sexuelles, et peut-être que nous, les femmes actuelles, avons encore une part de responsabilité vis-à-vis de cela. Mais n’y aurait-il pas également un facteur complémentaire pour expliquer cela ? Les hommes ne choisissent-ils pas de cacher parce que conscients, malgré tout, que cela blesse leur partenaire, et qu’en quelque sorte, ils se savent entrain coupables de bafouer certaines lois établies au sein du couple. Ne pourrait-on pas y voir là une forme de résistance non avouée de type «je me soumets aux règles de la relation en apparence, mais je continue dans ton dos à réaliser virtuellement tous mes fantasmes avec d’autres femmes que toi ? ». « D’autant plus que si tu n’acceptes pas, ma pulsion sexuelle étant irrépressible, tu encours le risque d’être trompée ». Je trouve cela très violent !

    D’autre part, bien que mon but ne soit pas de condamner les hommes, j’ai parfaitement bien compris la contradiction que vous avez pointé chez moi qui consiste à sanctionner une partie de leur sexualité en les menant par le même temps à s’y adonner d’autant plus pour se soustraire au jugement moral que j’impose. Je vous remercie sincèrement pour cette prise de conscience. Dans ce cas, que faire, si je ne peux ni condamner l’autre, ni accepter pour moi-même. Je pressens que la réponse se situe dans la voie du milieu, pouvez-vous m’aider à y accéder ?

    Merci à ceux qui me liront 🙂

    1. Bonjour Nuit,

      J’ai répondu à votre email séparément…
      Mais pour répondre à votre commentaire, je vais le faire ici (tout en sachant qu’il ne sera peut-être pas possible de répondre à tous les points que vous soulevez)

      Avant toute chose, je souhaite vous dire qu’il est parfaitement légitime de ne pas avoir envie d’accepter des choses qui sont en totale contradiction avec nos valeurs profondes. je pense important que chacun se connaisse suffisamment pour savoir ce dont il/elle a besoin pour être heureux(se) et ce avec quoi il/elle ne peut absolument pas être heureux(se).
      Et loin de moi l’idée de vouloir vous faire accepter ce qui serait inacceptable à vos yeux !
      Si, pour vous, le fait que votre compagnon ait une attirance pour la pornographie est trop blessant au point qu’il ne vous est plus possible de faire l’amour avec lui sans souffrir, je vous conseillerais donc de mettre fin à la relation, par honnêteté pour vous et par honnêteté pour lui.
      Chacun de vous a le droit d’être en relation avec quelqu’un qui lui corresponde au mieux.
      Est-ce que tous les hommes de votre génération sont comme cela ? J’avoue que je n’en sais rien… Je ne pense pas qu’il existe de statistiques sur le sujet.
      Mais je crois sincèrement que, même s’il y que 1 sur 1000 qui éprouve comme vous une forme de rejet pour la pornographie, vous pouvez avoir comme objectif de rencontrer celui-là.
      Et je pense que le phénomène n’est pas nouveau, même si aujourd’hui la pornographie se présente sous la forme virtuelle, auparavant, elle existait aussi et de nombreux hommes avaient recours aux services de prostituées. Mais il existait des hommes qui ne le faisaient pas… (et le fait d’avoir une sexualité mécanique en « limant » sa partenaire n’est pas nouveau non plus 😉 )
      Dans la société, de nombreuses choses peuvent ne pas nous plaire… Après, nous pouvons décider d’en faire une « cause » pour laquelle nous nous battons afin de changer les mentalités… Et nous pouvons aussi décider de choisir de ne pas intégrer ce qui ne nous plaît pas dans notre vie quotidienne. Si je déteste le fait que tout le monde soit suspendu à son portable à chaque instant, je peux décider de ne pas faire pareil et de choisir un compagnon qui pense comme moi et laisse son portable dans sa poche sans le consulter toutes les 3 minutes.
      Personne d’extérieur à nous-même ne peut décréter quelles sont les limites de la fidélité… C’est en couple que nous établissons les repères qui sont bons pour chacun.
      Certains pensent que téléphoner à un ex est intolérable (et le vivent comme une tromperie)… Pour d’autres, c’est anodin… Et dans certaines sociétés, la polygamie est normale…
      L’important c’est qu’au sein du couple, les repères soient similaires…
      Donc, si votre compagnon et vous n’êtes pas sur la même longueur d’onde quant à l’infidélité que peut représenter la pornographie à vos yeux, il vaut mieux reconnaître que cette différence rend votre couple caduque… et y renoncer…

      Maintenant, si vous souhaitez malgré tout rester en couple avec cet homme-là, j’ai envie de vous dire de faire attention à ne pas souffrir sur des hypothèses…
      Vous parliez de réalité augmentée et écriviez : « qu’en sera-t-il lorsque je découvrirai un casque de réalité virtuelle dans le tiroir d’un de mes partenaires ? « .
      Est-ce le cas ? Probablement que non… Alors, essayez de ne pas souffrir pour un problème qui n’existe pas.

      Et votre compagnon : Est-ce que la pornographie est une addiction ? Est-ce qu’il est incapable d’avoir des relations sexuelles sans y avoir recours ? Est-ce qu’il vous demande à vous de vous comporter comme si vous étiez une actrice porno ? A chaque fois ?
      Finalement, quelle est la place de la pornographie dans son imaginaire amoureux ? Est-ce une place totale ou ponctuelle ?
      Je pense que c’est important de définir cela… Car peut-être que la pornographie n’est qu’une facette de sa sexualité mais pas la plus importante…
      Et même si elle est très présente, ce n’est certainement pas en la condamnant qu’elle va disparaître… Je pense qu’il vaut mieux en comprendre la signification…et essayer de faire des modifications dans la vie quotidienne… Si votre compagnon a recours à la pornographie car il n’ose pas exprimer sa puissance d’homme et se sent très soumis au féminin, c’est intéressant de voir comment il peut exprimer cette puissance au quotidien et sortir de la soumission… Et comment vous pouvez l’aider à exprimer cette puissance, laisser de la place à cette puissance… A ce moment-là, il aura moins besoin du fantasme pornographique… Les fantasmes sont toujours le reflet de ce que nous n’osons pas être dans la « vraie » vie…

      Vous me demandez : « Pensez-vous que je sois en réalité, malgré moi, entrain de participer au combat consistant à ne pas reconnaitre la puissance masculine dans sa singularité en demandant à mes partenaires d’aligner leur sexualité sur la mienne ? »
      Je pense que oui 😉
      Vous pouvez proposez d’expérimenter la sexualité telle que vous l’aimez… D’ajouter cette facette-là de la sexualité à votre relation… Vous pouvez guider un homme vers une sexualité plus spirituelle… Mais cela ne peut se faire si c’est en réaction de rejet à la facette animale de l’autre…

      Oui, nous avons des âmes qui aspirent à une union spirituelle… mais nous sommes incarnés dans des corps qui ont une dimension biologique… Et effectivement, les hommes sécrètent de la testostérone en continu tandis que les femmes n’ont des pics d’oestrogènes qu’au moment de l’ovulation (et leurs élans biologiques ne s’expriment qu’à ce moment-là SI elles ne prennent pas la pilule qui bloque l’ovulation). La libido féminine est donc biologiquement différente de la libido masculine… Et c’est vrai pour tous les mammifères (dont nous faisons partie).

      L’amour de soi et l’amour de l’autre implique de ne rejeter aucune de nos facettes… mais de les intégrer harmonieusement pour savourer ce que chacune peut nous apporter…
      Une sexualité plus pulsionnelle, plus animale, a son charme…
      Une sexualité de communion spirituelle a son charme aussi… différent…
      L’important c’est de ne pas dire que l’une est le « bien », l’autre est le « mal » (car cela, c’est de l’intégrisme)…
      L’important c’est de pouvoir naviguer en souplesse entre toutes ces facettes…
      Mais rejeter violemment l’une d’elle ne la fera pas disparaître, au contraire…
      C’est dans l’acceptation de toutes nos facettes que nous retrouvons l’unité…

      J’espère avoir pu vous éclairer un peu.
      Bien à vous,
      Véronique.

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