passif-agressif

Le comportement « passif-agressif » : un autre visage de la manipulation

 

 

Depuis quelques années, le phénomène de la manipulation perverse est sorti du placard et de nombreux livres ont été écrits sur le sujet. 

Connaître l’existence de tels comportements et de tels individus est une excellente chose… Mais, il existe néanmoins certains écueils, dont la généralisation à outrance, qui finit par nous faire voir des manipulateurs pervers partout… Ce qui aboutit finalement aux mêmes résultats que l’ignorance du phénomène : les vraies victimes ne sont plus prises au sérieux. (voir : « La manipulation: danger réel ou phénomène de mode ? »)

La description des comportements qui permettent de reconnaître un manipulateur ou une manipulatrice me semble aussi avoir façonné une image globale un peu stéréotypée qui empêche parfois de détecter la manipulation lorsqu’elle prend d’autres visages, plus discrets.

En tout cas, cela a longtemps été le cas pour moi et j’avais en tête l’image d’un tyran autoritaire et caractériel bien reconnaissable.

Mais la manipulation existe cependant également sous un autre aspect, moins connu car bien moins souvent décrit, et elle alors est d’autant plus redoutable qu’elle saute moins aux yeux.

Et quand on ne connaît pas l’existence d’un phénomène, on ne peut ni le détecter, ni s’en protéger : on a la sensation que «quelque chose ne va vraiment pas» avec cette personne mais on ne parvient pas à définir exactement ce qui ne va pas. On en arrive alors à douter de ses perceptions et de la justesse de ses réactions.

C’est une forme de violence relationnelle d’autant plus sournoise qu’aux yeux du monde extérieur, celui qui en est la victime semble être le bourreau.

Comme le disait Albert Camus : « Ne pas nommer les choses, c’est ajouter au malheur de ce monde »…

Alors, même si la 4ème version du DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) ne classe plus la personnalité passive agressive dans les désordres mentaux, il me semble important de mettre des mots sur le phénomène afin d’éveiller les consciences à son existence bien réelle.

Comme pour la plupart des troubles psychologiques, nous sommes tous susceptibles d’en manifester occasionnellement certains traits. Mais le comportement passif-agressif devient pathologique (et est donc un trouble de la personnalité) quand c’est LE mode principal de fonctionnement, quand les comportements spécifiques sont devenus des réflexes réactionnels automatiques dont la personne pense qu’ils sont adéquats (et dont elle ne voit même pas qu’ils sont dysfonctionnels).

Parce qu’il y a statistiquement plus d’hommes qui sont porteurs de ce trouble de la personnalité, j’utiliserai le genre masculin tout en attirant votre attention sur le fait qu’il existe aussi évidemment des femmes qui présentent ce trouble de la personnalité.

 

Être passif-agressif : c’est quoi ?

 

On pourrait résumer le comportement du passif-agressif par : « Je dis oui mais je fais non » ou « Cause toujours » et cela pourrait sembler n’être que le signe d’une immaturité affective (du genre : je ne m’oppose pas directement pour ne pas me faire punir). Le passif-agressif s’attribue un rôle infantile face à un adulte qu’il n’ose pas contrarier. Il se sent donc en situation de soumission face à un dominant, une figure parentale, et il se rebelle intérieurement contre la figure d’autorité qu’il projette sur l’autre.

Mais cela va plus loin qu’une simple immaturité car le pilier essentiel sur lequel la personnalité s’est construite est une paranoïa ancrée très profondément.

Pour le passif-agressif, toute demande est donc une agression potentielle dont il doit se méfier : à-priori,  si vous exprimez un besoin ou une demande, il y a forcément anguille sous roche : vous cherchez à le rouler et il risque de se faire avoir. Sa première réaction (inconsciente ? peut-être que oui, peut-être que non) est donc de chercher où est le piège.

Comme dans toute réaction émotionnelle « primaire » (issue du cerveau limbique archaïque), le cortex (cerveau qui intellectualise) est, en quelque sorte paralysé (l’adrénaline provenant de la peur provoque une diminution de l’irrigation sanguine) et le passif-agressif ne réfléchit donc plus correctement. Comme un animal (qui se croit) pris au piège, il se débat intérieurement à chercher l’anguille.

Mais vous, vous ne verrez rien… Car son opposition est passive (d’où la dénomination « passif-agressif »)… Et, même si son cerveau est agité de divers signaux d’alarme, comme il est devenu « maître » dans l’art de masquer ses ressentiments et sa colère (il a des années de pratique), en apparence, il semblera acquiescer et vous penserez que c’est vraiment un brave type conciliant.

Très concentré(e) sur le contenu de la communication, vous ne remarquerez même pas qu’en fait, il n’y a plus personne au bout du fil : il est trop occupé à essayer de détecter où est la malveillance dans votre intention pour pouvoir écouter un mot de plus de ce que vous dites.

Au pire, si vous en êtes déjà à un stade relationnel (un peu) conflictuel (et que son opposition est donc plus franche), il ergotera sur des détails, vous demandera mille précisions inutiles (soi-disant dans un souci d’efficacité et de communication claire) et opposera à votre demande une série d’arguments souvent très illogiques et très très déconnectés de la réalité.

 

Le passif-agressif passe d’un rôle à l’autre du triangle de Karpman.

 

Je ne re-décrirai pas ici le concept du triangle de Karpman mais vous trouverez plus d’explications sur le sujet dans cet article :  » Être en relation OU être soi « .

Ce qui est intéressant à comprendre, c’est que la relation est dysfonctionnelle justement parce que le fonctionnement du passif-agressif vous ramène en permanence dans le triangle dramatique.

 

– En quoi le passif-agressif endosse-t-il le rôle de la « Victime » ?

 La paranoïa qui est la base de la construction de la personnalité va engendrer les comportements de « Victime » suivants : 

 

– En quoi le passif-agressif endosse-t-il le rôle du « Bourreau » / « Persécuteur » ?

Puisqu’il attribue à l’autre le rôle de dominant potentiellement dangereux, il le sent en état de « légitime défense » et cette situation va justifier, à ses yeux, divers comportements de « Bourreau » :

 

 

– En quoi le passif-agressif endosse-t-il le rôle du « Sauveur » ?

Puisque son opposition est cachée, elle est invisible aux yeux des observateurs extérieurs qui ne sont impliqués avec lui que dans une relation superficielle. Les apparences sont plutôt jolies, l’auréole dorée n’est pas loin.

 

 

 

Quel est le mécanisme de la manipulation chez le passif-agressif ?

 

Vous l’aurez certainement compris, la manipulation consiste à vous faire croire (et à faire croire au monde extérieur) que c’est vous qui avez le pouvoir alors que c’est bien le passif-agressif qui vous contrôle, caché derrière ses airs de victime.

En vous attribuant tout le pouvoir, il se fige dans une posture de résistance cachée, cette résistance consistant « simplement » en ne pas agir.

Mais il faut pourtant bien que les choses soient faites.

Il a appris qu’en ne faisant pas, vous feriez.

Lassé de son inertie et de ses défaillances, c’est vous qui allez agir.

En n’agissant pas, le passif-agressif vous asservit en vous obligeant à agir à sa place.

Et tout cela emballé dans un joli papier cadeau : lui, il est gentil, conciliant et respectueux des valeurs morales (qu’il n’hésite pas à vous rappeler parce que, franchement, parfois vous en avez bien besoin).

Alors, vous doutez de vous-même, de  vos propres repères, du bien fondé de votre démarche, de la justesse de votre réflexion.

Jour après jour, vous épuisez vos batteries et vos propres ressources pour tenter de comprendre, vous vous torturez l’esprit dans de perpétuelles remises en question, vous cherchez le mode d’emploi qui permettrait de rendre la relation plus saine mais vous êtes sans cesse renvoyé(e) dans les cordes :  que vous obteniez ce dont vous avez besoin ne fait pas partie des plans  du passif-agressif en proie à son manque de confiance et à sa paranoïa.

Il vous amène progressivement au bord de la dépression ou du burn-out, il vous épuise moralement et physiquement car sa résistance sera toujours plus grande que l’immense quantité d’énergie que vous dépensez pour tenter de compenser les interactions malsaines qui dépassent votre entendement et qu’il crée jour après jour, à chaque occasion.

Il est spécialiste pour activer la ficelle de votre sentiment de culpabilité et si vous décidez de commencer à vous défendre, vous serez également coupable aux yeux du monde extérieur puisque il vous fera passer pour son bourreau en déclenchant votre propre violence.

Vous serez alors considéré comme l’agresseur d’un chouette type… Et il ne sera pas rare que le passif-agressif s’assure l’aide de Sauveurs qui, touchés par ses récits de Victime, deviendront vos bourreaux à sa place (hé oui, il parviendra toujours à faire assumer à d’autres les tâches qu’il répugne à faire lui-même) en vous faisant la morale, en vous culpabilisant et même parfois en vous attaquant.

Trop occupés à défendre le pauvre passif-agressif et à le protéger de vos vilaines griffes, ces Sauveurs ne verront pas sur ses lèvres le sourire discret mais triomphant qui pourrait leur ouvrir les yeux…

 

Quelques nuances pour conclure

 

Selon le nombre de caractéristiques présentes chez quelqu’un, le degré de dysfonctionnement est variable…

Vous croiserez des passifs-agressifs « légers » et des passifs-agressifs « sévères », vraiment toxiques.

Certains manifesteront plus le volet « Victime », et d’autres le volet « Persécuteur ».

Et vous croiserez aussi  des personnes qui n’ont l’une ou l’autre de ces caractéristiques que très occasionnellement (nous avons tous parfois fait semblant de ne pas entendre quelque chose qui ne nous arrangeait pas et attendu que l’autre finisse par faire lui-même ce qu’il nous demandait).

Il est donc très important de ne pas mettre cette étiquette de passif-agressif à tout bout de champ sur un événement ponctuel.

Mais si vous avez vérifié, re-vérifié et confirmé l’hypothèse, connaître tous ces mécanismes vous permettra d’y voir plus clair et de vous préserver beaucoup mieux des dégâts occasionnés par les dysfonctionnements du passif-agressif en face de vous.

Au mieux, si votre passif-agressif est de type « léger » et que votre relation est encore positive et épanouissante malgré tout, vous pourrez mettre en place les parades qui empêcheront votre couple de continuer à tourner dans le triangle de Karpman. (voir le prochain article :  En couple avec un passif-agressif )

Au pire, si votre passif-agressif est de type « sévère » et que votre relation en est arrivée au stade où vous êtes presque complètement éteint(e) / détruit(e), vous parviendrez mieux à mettre fin à la relation si vous comprenez que vous n’êtes pas obligé(e) d’accepter éternellement d’être la projection « punching-ball » des blessures d’enfance de l’autre et que vous avez le droit de restaurer votre intégrité psychologique.


Programme de coaching

Pour sortir des relations toxiques

Pour en savoir plus

et découvrir le programme

Cliquez ici


Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

  1. Cela m’évoque tellement de choses cet article… J’en ai les larmes aux yeux. Je crois que ce genre de relations laissent des traces qui ont parfois du mal à s’effacer…

    1. Effectivement, on met du temps à d’en remettre…
      Mais on apprend beaucoup aussi…

  2. Je sors d’une relation compliquée ou je pensais avoir à faire à un pervers narcissique ou assimilé !! (il est narcissique il le reconnait lui même !) Mais en lisant cet article c’est exactement ce que j’ai vécu durant 7 mois !! Il m’a épuisé psychologiquement (après déjà une séparation et un divorce difficile) La passion nous a animé durant tout ce temps, ça a été le coup de foudre entre nous. Durant tous ces mois ça n’a été que moments de bonheur et de rupture, il jouait sur mes besoins affectifs pour me reconquérir mais dès que je reprenais « pied » il me faisait passer pour le bourreau en me disant que je ne pensais qu’à moi !! Il refusait de me voir tous les jours mais me le reprochait, et me reprochait du coup d’aller voir ailleurs, sans compter le reste … bref, un cycle infernal ou il prenait un rôle différent à chaque fois : Sauveur (il pensait et pense toujours qu’il m’a fait oublié mon divorce !!), bourreau et victime (face aux autres !!). Il voulait m’enfermer dans SA cage tellement sa paranoïa était exacerbée !! Le pire est que j’ai réussi à le quitter mais que je l’aime toujours …. c’était il y a 1 mois !! Dur de quitter ce genre de personne.

    1. Bonjour Isabelle et merci de votre commentaire….

      Le comportement passif-agressif est effectivement beaucoup moins connu que la manipulation du pervers narcissique et c’est pour cela qu’il est encore plus difficile d’y voir clair et de s’en sortir : bravo s’y être parvenue !
      Vous écrivez que vous l’aimez encore mais peut-être s’agit-il d’autre chose : un besoin de réparation, un espoir de faire changer les choses, des regrets qu’il ne soit pas différent… etc… les possibilités sont multiples. Mais on confond souvent ces autres émotions avec l’amour.
      Et, même quand c’est réellement de l’amour, l’être humain est ainsi fait que, parfois, il aime quelque chose qui est toxique pour lui.
      Il s’agit alors de s’aimer soi-même plus qu’on aime ce qui est toxique, comme vous l’avez fait en quittant cet homme.
      Continuez ce processus de privilégier l’amour de vous-même en restant bien à distance jusqu’à ce que, petit à petit, tout sentiment amoureux se soit estompé.
      Parfois, on doit se forcer à chasser toute pensée qui ferait revivre le sentiment amoureux et privilégier toutes les pensées qui nous rappellent à quel point la relation était destructrice. Minute après minute, jour après jour… c’est une forme de « discipline » mais elle est bénéfique sur le long terme. Et c’est une forme d’héroïsme au quotidien.
      Cela vous permettra de rendre votre coeur disponible pour un homme avec lequel vous pourrez vivre tous les bons côtés de l’amour sans avoir à subir des fonctionnements malsains.

      Bon courage sur ce chemin qui vous éloignera du côté sombre pour aller vers le volet lumineux de l’amour.

      Véronique.

    2. Je voudrais juste savoir si votre manipulateur passif agressif habitait dans l’Est et était originaire de Villard de lens.
      Étrangement votre prénom et le descriptif semble commun à un homme qui aurait pu débuter votre histoire après la mienne.

      Quant au descriptif du passif agressif, cela me laisse perplexe.
      Entre les manipulateurs egocentriques, les PN, et les passifs agressifs ou les hommes qui a un moment donné de leur vie vont omettre la franchise pour ne pas se sentir seul (ou les femmes) comment donner son Coeur et ne pas tomber a son tour dans une certaine paranoïa?

      1. Nb. Il existe bien évidemment beaucoup d’ânes avec de grandes oreilles comme on dit chez nous. Et ma question peut etre étrange mais lorsqu’ on a la chance de pouvoir parler avec une personne qui a connu la même chose d une même personne cela soulage.
        La culpabilité de s’ être fait manipuler, d’ etre tombé dans le panneau est comme moindre car si un doute persiste quant à notre responsabilité sur le vécu avec le « manipulateur ou manipulatrice » quel qu’il soit, on se rend compte que le schéma n’ était pas spécifique à nous même.

        J’ ai pour ma part connu trois manipulateurs dans ma vie amoureuse.
        Pour le premier ça a duré 7 ans, le second 18 mois et le dernier 3 mois.
        Ce n’ était pas d’affilé cela s’est étendu sur 15 ans. Et pour me soulager je dirai qu’ a force je m’ en sors plus vite.
        Quelques suivis psychologiques m’ y ont aidé à prendre confiance en moi, mais j’ai toujours et encore du mal à comprendre pourquoi ces hommes qui peuvent etre charmant peuvent être ainsi même si les raisons je les ai lu et relu.
        Enfance incestueuse très souvent.

        Dans mon cas pour les 3 cela se recoupait.
        Le premier est toujours resté flou sur le sujet, sa soeur en parlait mais lui disait qu’elle delirait et que je n’ avais rien à savoir.
        Le second. Sa mère l’ avait rejeté et le père était distant. Elle voulait une fille et le lui reprochait.
        Le dernier était du style a poser ses défaut a prévenir a l’ avance ce qu’il était à se positionner très vite a la fois comme notre sauveur et une victime potentielle si on ne prenait pas garde de ses mises en garde et a la première peur se revoltait par la possessivité.

        Pour les 3 j’ étais le bourreau!!!!!
        Le premier m’ a fait passer pour une folle et une harceleuse,
        Le second pour une paranoïaque, mais là j’ai appris de son ex femme ce qu’il lui avait fait a elle , ainsi que d une chérie me précédent.
        En fait il nous présentait chacune avec un problème pour éviter toute vraisemblance quand a ses propres manquements.
        Quand au 3eme, lorsque mon comportement à été de m’ opposer a lui je suis devenue la manipulatrice et celle qui bloquait la communication, me bloquant ainsi toute tentative de lui proposer un autre regard sur la situation…
        Le dernier était celui qui pourtant m’ avait fait ressentir un conte de fée..

        Pour les 2 premiers j’ avais vécu la tromperie. Et jamais ce ne fut de leur faute même en flagrant délit.mais la mienne parce-que je n’ avais pas fait ce qu’il fallait a priori.

        Je ne sais si l’ un l’ autre ou le 3eme sont tel ou tel type de manipulateur, je sais juste que j’ai tendance à les trouver, même si dans la durée je me suis améliorée.
        Je sais sans doute aussi que mon moi profond aurait voulu les sauver, mais que c’est moi que je me devais de sauver.
        Et que l’ amour se nourrit d une véritable existence de chacun qui est difficile à gagner.

        1. Bonjour Vi,

          Je laisse évidemment à Isabelle le soin de vous dire s’il s’agit bien du même homme ou pas…

          Je comprends ce sentiment de culpabilité d’être tombée dans le panneau et, effectivement, voir que le schéma est propre à la manipulation mais ne vient pas de vous est un grand soulagement (c’est la raison pour laquelle il est important que l’on écrive sur ce sujet).

          A mon sens, le point commun de victimes de manipulation est principalement que ce sont des personnes qui possèdent beaucoup de force, beaucoup de rayonnement, avec des belles qualités, de beaux idéaux et des valeurs morales élevées (la victoire n’est pas intéressante pour le manipulateur avec des personnalités fragiles)
          C’est par ces valeurs morales qu’elles se font piéger. Et elles sont donc facilement culpabilisables.

          Du coup, est-ce vous qui les trouvez ou eux qui vous trouvent ? Peut-être possédez-vous l’éclat qui les attire…
          Mais on n’est pas coupable d’être rayonnante ni d’avoir de belles valeurs…

          Par contre, ce que l’on peut changer, c’est en effet d’augmenter l’estime de soi-même (et je ne parle pas de prétention).
          Dans votre premier commentaire, vous posiez la question « Comment donner son coeur sans tomber à son tour dans la paranoïa ?)
          J’ai envie de dire : ne « donnez » pas votre coeur : ouvrez-le, partagez-en les trésors, prêtez-le… MAIS en vérifiant si l’autre mérite d’y entrer, mérite les trésors qui s’y trouvent.
          Ce n’est qu’une petite nuance de vocabulaire mais elle change tout.
          Car si vous concevez de donner votre coeur (mot qui reflète vos idéaux élevés), cela est bien dangereux.
          Par contre, si vous concevez d’en partager les trésors, vous pouvez aussi concevoir de ne pas les partager avec n’importe qui.
          En augmentant l’estime de vous-même, en reconnaissant la valeur de ce que vous êtes et de ce que vous avez à partager, vous trouverez plus facilement qu’il est juste de vérifier que l’autre mérite ces trésors.
          Je sais que cela peut sembler de la vantardise que de penser comme cela alors je voudrais prendre une image, celle du jardinier… Il ne serait pas prétentieux de sa part de vérifier que le terrain est fertile et qu’il n’est pas empoisonné avant de donner son temps, son énergie pour arroser, mettre de l’engrais, désherber…

          C’est vraiment le manque d’estime de soi-même et la difficulté à reconnaître sa propre valeur qui ouvre la porte au piège de la manipulation…
          En travaillant cela, vous verrez que, même si un manipulateur vous trouve grâce à votre éclat, il ne cherchera pas à aller plus loin car il sentira que la faille n’existe pas.

          Ceci dit, 3 mois pour réaliser la manipulation chez votre dernier compagnon, cela me semble un délai très raisonnable pour ouvrir les yeux.

          Bien à vous,
          Véronique.

          1. Je suis impresssionnée par la justesse de vos écrits … cet article, les commentaires et vos réponses me parlent tellement … c’est une aide précieuse dont beaucoup d’entre nous vont avoir besoin …
            merci

  3. Bonjour Véronique, Bonjour à tou-te-s,

    J’ai découvert votre site et votre livre il y a un an, j’y ai trouvé beaucoup d’aide et de sagesse en les lisant lentement: un petit bout chaque soir.

    Mais c’est particulièrement cet article sur les passifs-agressifs qui me fait vous écrire aujourd’hui.

    Je suis en couple depuis 9 mois. Nous vivons ensemble depuis le début pratiquement.
    Partie en Irlande pour tenter ma chance hors de France et parce que j’ai toujours été attirée par les pays anglophones, j’ai rencontré Marcin juste avant mon départ.
    Je cherche un travail. Marcin travaille comme cordiste. Il nous arrive assez fréquemment de nous fâcher. Ca commence brutalement. Souvent c’est à cause de ma situation, parce que je ne travaille pas. Marcin ne supporte pas que je ne sois pas plus active. Et pourtant, je le suis.
    On habite un petit studio, c’est moi qui m’occupe des tâches ménagères dans leur majorité. Marcin aime cuisiner par moment et m’aide parfois.
    Du fait que je ne travaille pas, ces tâches m’incombent « naturellement ». Bien sûr, je cherche un travail et j’ai débuté une démarche active accompagnée par une association et je vois une psychiatre toutes les 2 semaines environ depuis 2 mois.

    Marcin me demande de plus de m’occuper de petites choses comme prendre des rdv, poster du courrier, m’occuper de ses papiers, ce que j’ai refusé depuis le début préférant lui apprendre à le faire, je l’aide de temps en temps.

    Je me suis reconnue dans votre portrait du passif-agressif, je dirais « moyen » 🙂
    Comme vous l’avez décrit, je suis sans cesse en train d’analyser la moindre conversation car je crois qu’il y a toujours un piège. J’ai trop de fierté pour reconnaître mes torts. Depuis quelques temps, je m’interroge sur les raisons de ce comportement: je crois que j’ai peur d’être punie. Une autre piste, peut être plus juste (?): c’est que je suis persuadée d’être une mauvaise personne.

    Marcin est Polonais, il a 37 ans et moi 38 et il est orphelin. Il est aussi toujours marié, c’est à dire qu’il n’a pas divorce, sa séparation remonte à au moins 5 ans. C’est un sportif, il aime les sensations fortes, toujours: fumer des pétards, prendre occasionnellement d’autres drogues, le sucre, il ne peut pas rester inactif il est aussi geek… Je suis calme extérieurement, c’est une qualité qu’on apprécie en moi, mais intérieurement, je ressens un grand vide que je « traite » de 2 manières: soit dans les bonnes périodes en méditant, en écrivant ou tout autre activité comme le yoga, le dessin, la marche etc, soit en tombant dans des automatismes frénétiques: rangement, ménage etc jusqu’à l’épuisement ce qui cache généralement une grande anxiété et qui est en fait une forme de procrastination conjugué avec une période de pétards.

    Oui, une relation de cause à effet!

    Par contre, je peux prendre joie à vivre comme lorsque j’écoute mes aspirations, comme lorsque je suis partie en Irlande par ex et toutes les fois où je me suis dépassée. Mais cela reste rare…

    Suis-je maniaco-dépressive?

    Ou simplement, est-ce les événements de la vie comme le décès de mon père, la projection de vie avec mon ex et son abandon pour une autre à distance? Mes problèmes de santé passés avec pour conséquence la quasi impossibilité d’enfanter? Le harcèlement moral que j’ai subi au travail pendant 6 mois à cette période? Est-ce mon inceste à 12 ans avec mon frère de 14? La sévérité de mon père? L’absence de protection et de ma mère et son refus de me voir en tant que personne autonome et comme femme avec des besoins de femme? (Je suis de père marocain et de mère française et j’ai grandi jusqu’à mes 18 ans au Maroc)

    La mort, l’avortement me viennent à l’esprit

    Suis-je en train d’avorter ma propre vie?
    Je me souviens d’une amie qui m’avait déclaré que ma famille était maudite, que notre nom ne se reproduirait plus.

    J’ai vraiment envie que cette situation change. J’ai envie d’une vie « normale »

    Je crois que je mérite moi aussi le bonheur, une seconde chance pour trouver un emploi. Les mots sont venus tout seuls, et c’est vrai que c’est ce que je ressens: gâchis, tristesse, est ce le lot des passifs-agressifs?

    Ou existe t-il une chance de sortir de ce cercle?

    Reconstruire la part manquante en moi: l’amour de moi, l’estime de moi et cesser définitivement de la chercher chez l’autre, les autres. Peut on guérir?

    Dois-je lui en parler?

    J’ai parfois l’impression de vivre avec 3 personnes. Celle qui agit et qui suit la voie de l’obéissance à la conformité, la 2ème: celle qui observe, juge. Enfin, il y a celle qui veut vivre pleinement, avec joie, douceur.

    C’est triste, heureusement, la 3ème personne parvient à ressortir par moments. En couple, c’est plus difficile. Probablement, parce que le partenaire représente la figure à la fois aimante (maternelle, celle que je n’ai pas eu) et exigente (paternelle) et aussi d’autres figures comme celle du frère car nous vivons sous le même toit, parfois sans sexe.

    Et justement, cela lui manque, mais en même temps, il m’a dit il y a peu de temps, qu’il n’était pas attiré par moi, alors que d’habitude oui. Moi, non plus car il m’arrive de trouver le sexe un peu répétitif, où la fougue et l’émotion ont peu de place. D’avance je me conditionne en me disant que je n’aurait pas d’orgasme. J’essaie de moins contracter mes muscles utérins, d’accueillir le yang mais mon esprit est trop occupé en chercher le plaisir.

    Voilà, je voulais vous témoigner ce que je cache au fond de moi. Merci pour votre article, qui m’a permis de réfléchir sur moi-même.

    En même temps, que j’écris cela, je me dis que je me remets déjà beaucoup en question.

    Mais peut être est il temps de se poser avec distance vis à vis des événements qui ont marqués ma vie, c’est à dire accepter ce qui est et me poser des questions plus simples, plus concrètes comme puis-je m’exprimer en toute liberté/ vérité (sans tout dire non plus – ce que je fais généralement). Revenir à un mode de vie où chaque geste, chaque parole comme merci, pardon est dit avec intention.

    Je me sens forte lorsque je reconnais ce qu’il m’est arrivé, ça me donne le courage d’avancer. Je ne suis pas encore prête à accepter, notamment de pardonner à ma mère.

    Pour être tout à fait honnête Véronique, en lisant votre article, j’ai ressenti un peu de dépit, car comment faire lorsqu’on est cette personne? Ce qui m’amène à vous proposer de créer un espace pour les personnes qui sont dans ce cas, afin d’échanger en étant encadrée.

    Merci beaucoup pour votre attention

    Yasmine

    1. Bonjour Yasmine et merci pour vos compliments… Je suis heureuse d’avoir pu vous éclairer un peu via mon livre et mes articles (merci de votre fidélité, cela me fait vraiment très plaisir).
      Il y a de nombreux éléments dans votre message et chacun nécessiterait sans doute qu’on s’y attarde longuement.
      Je vais surtout m’attarder sur votre dernière question…
      Avant tout, j’avoue que je ne suis pas certaine qu’il faut vous « ranger » dans la catégorie des passifs-agressifs (même moyens 😉 ) car il y a une chose que vous faites très clairement (et que la grande majorité des passifs-agressifs ne font pas) c’est de vous remettre en question. (le passif-agressif aimant la position de « Victime », les problèmes ne viennent pas de lui).
      Alors, il est possible que certains de vos comportements soient de type « passif » et que vous soyez habitée par une grande méfiance (ou de grandes peurs)… Mais je pense que nous avons tous en nous ces caractéristiques qui surviennent de temps à autre.

      Ceci dit, je pense que « guérir » de notre passé demande évidemment du temps et de la détermination… Cela se fait pas à pas…
      Dans votre cas, ma sensation (mais je peux me tromper) est que votre mental est un peu hyperactif et que cela vous coupe de vos capacités à « savourer » les choses.
      Même si, évidemment, je ne nie pas que vos blessures passées jouent aussi un rôle. Mais elles sont en effet passées…
      Et, aujourd’hui, il est effectivement sans doute temps d’apprendre à être dans l’instant présent.
      Avez-vous déjà pensé à suivre un cycle de méditation de pleine conscience ?
      Je pense que cela pourrait être une clé pour vous car cela permet de mettre le mental au repos et être dans la conscience de ce qui est, ici et maintenant.
      J’ai aussi envie de vous suggérer de lire le livre de Byron Katie : « Aimer ce qui est » qui présente sa méthode que je trouve absolument merveilleuse.
      Vous pouvez aussi visionner des vidéos où elle pratique sa méthode qu’elle nomme « Le Travail » avec des volontaires.
      Il suffit de taper son nom dans un moteur de recherche.
      Je crois que ces deux voies vous permettront d’avancer encore plus (en complément de la psychiatrie qui reste très fortement dans le mental mais n’est pas toujours suffisamment dans le ressenti du présent ni dans le coeur).
      J’espère avoir pu vous éclairer un peu 😉

      Pour l’espace que vous proposez, c’était mon intention en créant le Forum. J’espérais que les lecteurs du site échangeraient entre aux et s’entraideraient les uns les autres.
      Jusqu’à présent, il n’y a que moi qui réponds… mais peut-être cela va-t-il changer (je travaille actuellement au relooking du site pour dans quelques jours et je vais spécifier de manière bien plus claire que le forum est fait pour les échanges entre membres). Merci de votre proposition qui me fait penser à notifier les choses de manière plus évidente.

      Je vous souhaite un beau chemin vers vous-même.

      Amicalement,

      Véronique.

      1. Bonjour Véronique,

        Nous sommes heureusement parvenus à nous retrouver et à faire un pas l’un vers l’autre. Merci beaucoup pour votre réponse qui a fait du chemin depuis la semaine dernière: j’ai en effet visionné des vidéos de Byron Katie plusieurs, avant d’entamer « le travail » sur 2 problématiques qui me poursuivent depuis l’enfance. Et le résultat a été assez spectaculaire malgré mon scepticisme avant d’aller plus avant dans les 4 questions qu’elle propose de se poser. J’ai pu ressentir toute la force des émotions associées à ces pensées et profondément ancrées et de fait cachées de ma conscience. Ça a été un vrai soulagement! Merci de m’avoir fait découvrir son travail! C’est en effet une réelle clé pour avancer, et très accessible aussi!

        Comme j’ai peu de ressources pour le moment pour suivre un stage de pleine conscience, j’ai téléchargé une application de pleine conscience que j’utiliserai dans un second temps.

        Concernant l’interaction entre les membres du forum, je vais aussi tenter d’être plus active. Je vous félicite pour tout votre travail, merci de votre partage !

        Je voulais aussi vous demander s’il est possible de modifier mon identifiant sur mon post précédent car mon identité apparaît sur ce message très personnel.

        Bel été à vous,

        Amicalement,
        Yasmine

        1. Bonjour Yasmine,

          Je suis vraiment heureuse de savoir que les choses ont bien évolué pour vous…
          Et je suis également très heureuse que le Travail de Byron Katie ait pu vous apporter des éclairages transformateurs. C’est vrai qu’au départ, les 4 questions n’ont l’air de rien 😉 mais, si on y répond avec authenticité, on découvre une autre facette de la réalité.

          Je n’avais pas pensé à des ressources en ligne pour la Pleine Conscience : c’est une excellente idée !
          En suivant ce lien, vous trouverez aussi un site animé par une coach super que je connais bien et qui offre une séance de méditation de pleine conscience en audio : http://mavieestbelle.com/

          J’ai enlevé votre nom de famille de votre commentaire précédent… Est-ce que cela vous convient ?

          Merci à vous d’avoir pris le temps de me faire ce feedback très positif 😉 et peut-être à bientôt.

          Véronique.

  4. Bonjour,

    Tout d’abord, merci pour cet article limpide et concret. Comme plusieurs personnes ici, j’ai pensé être la victime d’un pervers narcissique. Au cours des 18 mois de relations et depuis les 7 mois passés après la rupture, je n’ai cessé de chercher à comprendre. Le profil du pervers narcissique ne collait jamais parfaitement, et cela me dérangeait de lui affubler une étiquette moyennement adaptée : je voulais COMPRENDRE. Après de nombreuses recherches, je suis tombée sur votre article et voilà ! Je peux crier « Euréka » !
    Vous mettez ici fin à presque deux ans d’incompréhensions qui m’ont presque empêché de vivre. Je me suis aussi remise en question : étais-je moi aussi une perverse narcissique au regard de mon sentiment d’avoir été un bourreau… Et bien non ! Il m’a juste mis dans la position de bourreau ! Quel soulagement ! J’ai écumé les cabinets de psys, lu un paquet de bouquins et témoignages, écrit, cogité, cherché, questionné… Pour enfin découvrir que cet homme souffre d’un comportement passif-agressif. J’ai presque envie de dire « ce n’était que ça » ! On parle partout des pervers narcissiques qui est une pathologie, à mon sens, grave et rare. En revanche, les passifs-agressifs (pour mon ex, on peut aussi ajouter une personnalité histrionique) sont certainement très nombreux et provoquent, pour les plus toxiques, des états de stress aussi importants que leurs célèbres « cousins ».

    Merci à vous, encore une fois.
    (et je pense relire régulièrement votre article afin de remettre mon cerveau dans le droit chemin et l’empêcher de penser à nouveau, ne serait-ce qu’un instant, que c’était de ma faute).

    1. Bonjour Mabac,

      Merci beaucoup pour votre commentaire ! Cela me fait sincèrement très plaisir de savoir que mon article vous a aidée à y voir clair.
      Car, en effet, autant les pervers narcissiques sont maintenant bien connus, autant, les passifs-agressifs passent encore inaperçus, créant bien des dégâts sur leur passage.
      En jouant les « faibles », ils réussissent à éteindre la « force » et les plus beaux talents de leur partenaire qui s’en culpabilisent (puisqu’ils deviennent synonyme de l’oppression que l’on s’imagine exercer sur l’autre). Il vous faudra encore sans doute un peu de temps pour oser manifester toute votre lumière (et, en tout cas, de cesser de l’amoindrir, de cesser de vous faire plus « petite ») tant cette peur d’être le bourreau peut avoir été ancrée fortement par les réactions du passif-agressif.
      Mais je vous souhaite du fond du coeur que cette prise de conscience faite aujourd’hui vous permettra rapidement d’oser rayonner à nouveau, sans culpabilité.
      Afin d’avancer vers celui qui pourra accueillir le précieux cadeau et s’en réjouir au lieu de vouloir le détruire.
      Je vous souhaite une belle vie (et je vous remercie encore pour votre commentaire).

      Bien à vous,

      Véronique.

      PS : En général, quand quelqu’un se demande s’il n’est pas manipulateur, c’est qu’il ne l’est pas…
      Car les vrais manipulateurs pervers narcissiques ne se posent même pas la question (et les passifs-agressifs non plus, d’ailleurs, tant ils sont persuadés qu’il est légitime de se défendre contre les agressions imaginaires de l’autre)

  5. Merci, ce mot simple n’est pas á la hauteur de ma gratitude. Car comprendre enfin ce mal de vivre depuis 20 ans de mariage est un immense cadeau. J’ai passé ces années á essayer de lui faire entendre raison, á lui démontrer qu’il a de mauvaises pensées dans sa tête me concernant mais que je ne suis pas la méchante qu’il imagine et contre laquelle il doit se rebeller, des années á etre outrée de m’entendre reprocher exactement ce qu’il fait lui-même, des années á découvrir qu’il me cache des informations et devant mon étonnement soit il me l’avait dit soit il prétend que c’est sans importance qu’il ne peut pas penser à tout dire….il a cessé de me faire l’amour lorsque j’avais 46 ans. Il prétendait qu’il n’y avait pas de problème, qu’on le faisait et qu’on le ferait, et quand je tentais une approche il me disait que je m’y prenais mal. Tout est tout le temps de ma faute il est victime de moi, cette vilaine qui s’énerve. Je vis avec la gorge nouée et une colère ancrée en moi qui sort de temps en temps en cris, il se pose en victime d’une agresseuse. Il me met souvent en difficulté en m’indiquant de longues explications sur un trajet par exemple mais qui est faux et je suis en retard… Etc. Que des petites choses qui s’accumulent et quand j’en parle à l’extérieur je sens bien que l’on me prend pour une emmerdeuse. Car ce sont toujours des détails, l’entourage me dit que j’y vois á mal mais que ce n’est que de l’étourderie de sa part. Il est apprécié de tous, calme et serviable. Je suis triste de comprendre tout cela seulement maintenant. Je n’arrive pas à me décider à partir, je me sens coupable, j’ai l’impression que je l’aime encore, que peut-être ma soeur a raison, que tout vient de moi. Je regarde tout ce que j’ai fait dans la maison, tout abandonner me paraît difficile…. Bref c’est comme si je n’arrivais pas à me considérer assez pour avoir le courage de le quitter.

    1. Bonjour,

      Je suis sincèrement très heureuse si mon article vous a permis de voir plus clair et de comprendre votre situation… Il est vrai que le comportement passif-agressif n’est pas encore très connu et que cela peut être une véritable torture que de se demander ce qui se passe…
      Je ne sais pas si il est absolument nécessaire pour vous de quitter votre mari pour le moment puisque, maintenant que vous comprenez le dysfonctionnement, peut-être avez-vous d’abord besoin d’essayer de changer les choses en disposant de cette nouvelle clé de lecture.
      Sans pouvoir être certaine que des changements sont possibles, peut-être que cela vous permettrait d’avoir la conscience tranquille d’avoir au moins essayé.
      J’ignore si vous avez déjà proposé une thérapie de couple et si votre mari accepterait… Cela me semblerait la meilleure chose à faire…
      Mais s’il refuse, vous pouvez déjà essayer différentes petites choses :
      -La première est de veiller à ce que votre mari puisse donner son avis le plus souvent possible de manière à ce qu’il soit associé à toutes les décisions (même les plus petites)
      -Ensuite, je vous conseillerais de lire qui parlent du triangle Victime Sauveur Bourreau afin de découvrir les pistes qui permettent de sortir du triangle (Christelle Petitcolin en a écrit un uniquement sur ce triangle)
      – les principes de la communication non violenté (CNV) donnent également de bons résultats (si votre mari n’est pas dans les passifs agressifs gravement manipulateurs).

      Au-delà des outils à utiliser avec lui, ce qui est important pour vous c’est d’avoir pris conscience que vous n’êtes pas coupable de tout et cela va déjà changer votre manière de vous positionner.

      Et commencez peut-être déjà avec votre sœur qui vous désigne comme la responsable d’une manière peut-être un peu trop catégorique…
      N’acceptez pas que ce soit l’opinion des autres qui déterminent si vous agissez bien ou mal… Ce n’est pas votre sœur qui vit au quotidien avec votre mari et on sait que les passifs agressifs peuvent facilement passer pour les pauvres victimes aux yeux du monde extérieur. Au besoin, faites-lire cet article à votre sœur (si vous avez envie qu’elle vous comprenne… )

      Cela va être un peu compliqué de changer l’opinion que d’autres ont peut-être de vous et de votre relation mais je trouve cela important de dire les choses de manière à ce que cela ne soit plus vous qui passiez pour le bourreau… Il faut parfois ouvrir les yeux des autres pour qu’ils voient la réalité telle qu’elle est.
      Et, à vos propres yeux aussi, il est important de cesser d’endosser le rôle du bourreau…

      Bon courage !

      Véronique.

  6. Merci Véronique pour cette analyse et ces judicieux conseils. En fait, paradoxalement ils me font me positionner pour la fuite. Je comprends que ces conseils qui me permettraient de rester dans la relation s’adapteraient à une personne passif agressif léger comme il l’était avant, mais il a évolué et ça a beaucoup empiré ces dernières années. Par exemple, l’associer à une décision même minime est devenu strictement impossible, il a une faculté incroyable dont je serais incapable, il sait répondre sans dire ni oui ni non et je n’arrive jamais à savoir ce qu’il veut.
    J’essaie toujours la CNV, avant chaque minuscule demande, je rappelle bien combien je suis consciente de tout ce qu’il fait, je le valorise, mais tous mes efforts restent vain et je fais systématiquement face à son refus distordu, il se met à m’expliquer longuement que ma demande est inepte pour plein de raisons… Et ensuite il dit qu’il n’a jamais dit ça.
    Également, Il me discrédite beaucoup. Tout le temps en train de dire que je ne comprends rien. J’ai compris que le mieux pour éviter de le contrarier est de toujours rappeler que je suis idiote, que je n’y connais rien, je sens que ça relâche la pression entre nous, mais ça m’oppresse, je me me sens manipulatrice.
    Aussi, il fait aussi exprès de rater des choses simples, ensuite il pleure et dit s’en vouloir tellement…. Je crois que je suis au bout de ce que je peux supporter. On avait essayé lorsque nous étions plus jeunes la thérapie de couple mais j’ignorais totalement la passivité agressivité et je crois que le psy aussi, tout a continué de plus belle.
    Une question me taraude, ce trouble psychologique peut-il s’aggraver les années passant? C’est mon impression, je trouve que ma vie conjugale s’est beaucoup détériorée depuis qu’il est à la retraite, comme si le trait de caractère devenait une pathologie et si ça peut évoluer ça pourrait empirer encore avec le temps? Peut-être que c’est moi qui fait empirer son état. La culpabilité qui revient… Ma soeur en est certaine, mais je n’essaierai pas de la convaincre du contraire, c’est très difficile de faire comprendre ce qui se passe aux gens de l’extérieur. je préfère leur laisser penser ce qu’ils veulent, je consacre les dernières forces qui me restent á me protéger. Je ne suis donc pas le bourreau, grâce à des compétences comme la vôtre on comprend et c’est déjà énorme. Votre site est très précieux, il apporte un énorme réconfort, merci encore.

    1. Re-bonjour Dolly,

      Si vous avez déjà essayé tout cela et que la situation ne fait qu’empirer, vous avez raison de penser avant tout à vous protéger, sur tous les plans (financièrement aussi, en vue d’une possible fuite un jour).
      La fait d’avoir compris le mode d’emploi et de l’utiliser au mieux pour essayer que les choses soient plus paisibles n’est pas de la manipulation du tout… La manipulation visé obtenir ce qu’on veut au détriment de l’autre… Tandis qu’utiliser le mode d’emploi n’est qu’une adaptation au dysfonctionnement de l’autre. C’est presque comme de simplement vouloir parler son langage (on ne se penserait pas manipulatrice de parler chinois à un chinois… C’est simplement s’adapter au langage de l’autre). Dans votre cas, le problème est que le langage de l’autre est malsain et toxique et que cela vous force à vous diminuer vous-même pour ne pas aggraver le dysfonctionnement.

      Ceci dit, je me pose de fameuses questions au sujet de votre sœur… Elle ne me semble pas bienveillante vis-à-vis de vous… Et je me demande même si le fait qu’elle ait sans doute toujours fonctionné dans cette culpabilisation de vous ne contribue pas au fait que vous soyez prise dans cette relation conjugale toxique. Car, finalement, si on n’a pas eu un modèle de relations bienveillantes, on ne distingue pas toujours bien ce qui est sain et ce qui ne l’est pas…

      Ce que les autres pensent est peut-être secondaire, en effet…
      Mais, malgré tout, si un jour vous vous décidez à quitter votre mari, recevoir du soutien de vos proches pourra vous être utile… D’où l’intérêt de montrer la réalité / vérité telle qu’elle est. On a parfois besoin d’être validé pour oser se défendre (se défendre, c’est l’étape qui suit celle de se protéger) et quand, comme vous (et comme tous ceux qui sont engloutis dans une relation de manipulation, qu’elle que soit sa forme) on est fortement culpabilisable, c’est souvent cette validation extérieure qui nous permet d’oser poser les actions nécessaires pour que nos droits soient respectés ( je pense évidemment à vos droits « matériels » si un jour vous le quittez).

      Cette validation peut aussi venir d’un(e) thérapeute plutôt que de vos proches / relations amicales…
      N’hésitez pas à chercher du soutien partout où vous pourrez en trouver (et il semblerait que cela ne soit pas chez votre sœur, malheureusement) afin de pouvoir garder ce cap de mettre fin au jeu victime bourreau dans lequel vous êtes amenée contre votre gré et à votre détriment depuis trop longtemps.
      Car ne plus accepter d’être considérée comme le bourreau, cela nous rend notre dignité et, une fois notre dignité reconquise, nous pouvons alors œuvrer de manière à faire respecter tous nos droits fondamentaux.

      De tout cœur avec vous.

      Véronique.

  7. C’est précieux de savoir que je ne suis pas manipulatrice face à mon mari. Et je vais désormais avoir le courage de m’appuyer sur mes amis en leur expliquant mon problème conjugal.
    Aussi, comment vous remercier de votre incroyable compétence! vous avez tout de suite mis le doigt sur le problème de toute ma vie, l’insécurisation due au dénigrement par ma mère quand j’étais enfant. La pauvre elle a été enfant martyr et ne pouvait concevoir d’avoir une fille qui soit bien, elle me trouvait « bossue – une maigreur – les autres souriaient et pas moi..etc.. » J’ai toujours été certaine que les autres étaient bien et pas moi, je me suis dévalorisée toute ma vie au point de refuser des promotions qui arrivaient toutes seules et à végéter dans des emplois subalternes volontairement. Je pense souvent que ma sœur est dans le même fonctionnement que l’était ma maman. Je suis très étonnée que vous ayez vu cela au travers de mes quelques lignes.
    Bizarrement, j’ai acquis de la force et je ne me déconsidère plus aujourd’hui, je me sens désormais capable d’œuvrer pour moi. Merci encore, chaque mot de vos posts a son importance. Je les relirai souvent et ils m’aideront à aller de l’avant.

    1. Bonjour Dolly,

      Merci pour vos chaleureux compliments… J’imagine que presque 25 ans de pratique me permettent de voir certains signes rapidement 🙂
      Quand on « accepte » de ne pas être traitée correctement, (d’être mal traitée), c’est toujours parce qu’au fond de soi, on a des fausses croyances sur soi (sur ce qu’on mérite ou pas, sur sa valeur… ) et des fausses croyances sur ce qu’est l’amour… Ces fausses croyances ancrées profondément en nous viennent de quelque part, de certaines personnes qui nous « aimaient » (comme elles le pouvaient avec leur propre histoire) et c’est cela qui nous sert de « référence », de baromètre…
      Alors, si vous avez supporté une relation conjugale toxique pendant autant d’années, c’est parce que vous pensiez que c’était cela l’amour et/ou que vous ne méritiez pas autre chose. Vous le décrivez d’ailleurs fort bien en ce qui concerne votre vie professionnelle…

      Mais nos croyances ne sont pas la Vérité absolue… Et nous pouvons les changer… En voyant qu’il existe d’autres définitions de l’amour et en osant voir aussi que nous méritons autre chose.

      Alors, de tout mon cœur, je vous souhaite avant tout de retrouver l’estime de vous-même afin d’oser attendre de la vie qu’elle vous apporte de plus jolies choses dans tous les domaines.

      Amicalement.

      Véronique.

  8. Bonjour Véronique,

    Merci pour votre article édifiant ! Tout ce que j’ai vécu y est ! J’ai longtemps hésité à apporter mon témoignage qui va être long, j’en suis désolée.

    Une 1ère thérapeute avait donné un éclairage progressivement : Passif-Agressif, comportement inconscient dont il fait le déni au risque de se détruire (s’il réalisait qu’il n’est pas le gentil garçon qu’il se pense), mon excès et son manque d’empathie. Pendant qu’il continuait les séances seul parce qu’il disait vouloir s’en sortir, je l’ai aidé, soutenu, appris la CNV… En vain.
    Nous avons repris après une 1ère séparation et progressivement, j’ai compris qu’il fallait vraiment arrêter cette relation mais c’était difficile car il y avait une immense tendresse malgré tout et la croyance que le déclic pouvait se produire. Une 2ème thérapie, de couple cette fois, a permis de comprendre la co-dépendance affective réciproque et les raisons de ma ténacité à rester. Jusqu’au dernier jour en janvier dernier, il me faisait encore des bisous et me disait ‘’ma chérie ‘’ alternés de reproches insensés.

    2 ans ½ auparavant, je venais d’écourter une relation avec un ‘’fuyant’’, 1 semaine après je le rencontrais, lui. J’avais été très touchée par cet homme en net surpoids mais très gentil, le gros nounours ! Qu’importe, C’est la beauté intérieure qui compte et j’ai toujours été sensible à la gentillesse. Il voulait être avec moi tout le temps, moi aussi… Nos carences affectives réciproques venaient de se rencontrer dans une spirale d’extrême tendresse…

    Ses réactions ont été progressives : acquiescements, excuses, pleurs, silence, vengeances sournoises, demandes à ce que je l’aide, gratitude pour ma bienveillance de rester malgré ses réactions, alternance de gentillesse et réactions délirantes, reproches tenaces de ce qu’il faisait lui-même.

    Je me suis beaucoup remise en question, beaucoup analysé. J’ai fini par comprendre que me pousser à bout était un besoin vital pour vivre indirectement sa colère, générée par les retenues qu’il s’était infligées lui-même avec les autres par peur de ne pas paraître gentil et dont il faisait de moi l‘exutoire pour s’en décharger. Puis, à partir du moment où je ne suis plus tombée dans le piège (début 2015), les réactions paranoïaques ont pris place même par écrit parce qu’il ne voulait plus parler. Je ne comprenais pas comment une personne (d’autant qu’il est directeur d’un service dans un grand groupe) pouvait rentrer dans ses états au point de laisser des traces écrites, insensées de surcroît. Je crois que, ne me fâchant plus, je le privais de se libérer de sa propre tension qui se transformait en délire.

    Le déni existe aussi, sinon, il ne se serait pas victimisé autant et même après la séparation, oubliant les écrits de taille qu’il avait laissés, que ce soit d’accusations délirantes emporté dans ses spirales, que d’excuses écrites sur ma bienveillance et sincérité d’être restée malgré ses réactions et admettant ses vengeances. Ces écrits sont toujours là.

    Certains pensent qu’il est ainsi à cause de son ex-femme. C’est faux ! J’avais découvert que non seulement les accusations contre son ex-femme étaient fausses mais que sa paranoïa l’avait entraîné dans une incroyable traque (détective privé 2 ans après la séparation) et tricherie pendant la procédure de divorce.

    Pour continuer sa victimisation et sa vengeance après la séparation, il a régulièrement invité des personnes à des soirées chez lui. Une de ses ‘’confidentes’’ (qui m’avait traitée ‘’de lionne qui sort ses griffes’’ lors de leurs échanges pendant la relation) servait de porte-parole. Le pauvre !!! Les rares qui savait, ne pouvaient pas contester, ils étaient chez lui, à sa table ! Heureusement, ce sont seulement des habitués, membres d’un réseau de sorties de notre ville. Ce n’est pas des vrais amis, il n’en a pas.
    Il avait joué le même scénario après notre 1ère séparation où il s’était servi d’une autre confidente contre qui il s’était retourné après la reprise de notre relation. Il excellait à mettre en rivalité ses confidentes et moi. Tour à tour, il était avec elle ou contre elles et inversement avec moi. Ce n’était jamais de sa faute !

    C’est encore difficile de pardonner sa victimisation orchestrée après la séparation même si je sais qu’il est réellement persuadé d’être victime et qu’il ne sait exister que dans ce statut. C’est triste ! J’essaye de me dire que c’est l’opportunité pour moi de travailler sur le jugement des autres et de ceux qui pourraient le croire. C’est tout ce que je peux faire !
    Heureusement, le reste de ma vie va très bien : je suis de nature joyeuse, j’ai la gratitude pour tout ce que j’ai, je voyage avec des amis ou même seule, mon travail me plaît et m’offre de belles perspectives vers l’étranger. Cette relation, bien qu’aliénante, m’a permis d’aller au plus profond de moi, à la recherche de ma propre valeur dont je n’avais pas conscience malgré ma personnalité affirmée. Merci à la vie !
    Aujourd’hui, je dis : ‘’Plus Jamais Ça… Ça s’était avant !’’

    J’espère que la longueur de mon texte ne l’aura pas rendu indigeste et merci encore à vous d’avoir écrit si clairement sur ce comportement redoutable si peu connu !

    1. Bonjour Nadia et merci infiniment de votre témoignage…
      Ne soyez pas désolée qu’il soit long (et pas du tout indigeste) puisque c’est justement sa longueur qui permet de bien comprendre le processus.
      Comme vous l’écrivez au début, ce sont çertainement nos carences affectives qui nous piègent dans ce genre de relations toxiques et, le point positif, c’est que cela nous apporte une meilleure connaissance de nous-même…
      Les Passifs-Agressifs déclenchent le bouton « Sauveur/Sauveuse » et c’est notre importante motivation à réussir notre « mission de sauvetage » qui explique que nous restons piégé(e) si longtemps dans le triangle Victime-Sauveur-Bourreau.
      Il est donc très éclairant de chercher ce qui, en nous, nous fait croire que nous devons être « Sauveur » et que nous ne pouvons recevoir l’amour que si nous remplissons ce rôle… Malgré une personnalité forte et des qualités indéniables, ceux qui entrent dans le rôle du Sauveur se sont souvent construits sur un manque de confiance en leur valeur intrinsèque et pensent qu’il leur faut agir pour aider l’autre pour mériter l’amour (et pensent même parfois que ce n’est qu’en sauvant l’autre que leurs défauts seront « rachetés »). Il y a donc très très souvent des croyances négatives inconscientes sur eux-mêmes. Heureusement, tout cela est derrière vous et les autres volets de votre vie sont très épanouissants. Quant à pardonner (ce qui ne veut pas dire oublier ni même accepter de maintenir un lien) je pense qu’on peut y arriver en considérant qu’il a été nécessaire de vivre cela justement pour enfin voir le manque d’amour que l’on se portait à soi-même, en découvrant qu’elles sont les croyances négatives que l’on entretenait sur soi-même. Quand on croit inconsciemment que l’on a la potentialité d’être le « Bourreau » (par la forte personnalité et les talents que l’on possède), par culpabilité, on endosse le rôle du Sauveur et on accepte donc longtemps que l’autre se positionne en victime. (À l’inverse, quand on n’est pas intimement persuadé de présenter la potentialité d’être un bourreau, les comportements de victime ne fonctionnent pas sur nous).
      Cette relation vous aura apporté le « cadeau » de découvrir vos croyances négatives sur vous, de découvrir que, au fond de vous, il y avait probablement une culpabilité, un jugement sévère…
      On en vient à pardonner quand on peut dire merci à la Vie (pas merci à l’autre, quand même pas ;-)) d’avoir mis cette occasion sur notre route et de voir que cela nous a permis de dépasser ce jugement négatif sur nous-mêmes)
      Merci encore de votre témoignage… Et je vous souhaite que la prochaine relation soit une relation emplie de bienveillance.
      Véronique.

      1. Bonsoir Véronique,
        Merci pour votre retour très éclairant. Depuis quelques mois, la mission de sauveur (déjà depuis l’enfance) qui me donnait une valeur a été mise en lumière. Mais pourriez-vous s’il vous plaît développer ces 2 points :
        – Penser que ce n’est qu’en sauvant l’autre que nos défauts seraient  »rachetés »
        – Penser avoir inconsciemment la potentialité d’être le ‘’Bourreau’’
        Comment est-ce que cela pouvait s’illustrer dans l’enfance ?
        Merci d’avance et au plaisir de vous lire.

        1. Bonjour Nadia,

          Quelques exemples pour illustrer ces deux notions :

          Dans l’enfance, on peut avoir entendu des choses comme :
          – Tu as mauvais caractère, tu es égoïste, tu as une forte personnalité : quand l’enfant ne se soumet pas aux demandes des autres, il peut recevoir des qualificatifs négatifs qui lui font penser qu’en pensant à lui, en affirmant ses besoins, ses envies et non envies, il est le « bourreau »
          – Si tu ne fais pas ceci ou cela pour me rendre heureux, moi, ton parent, tu es le méchant / le bourreau. Ou si tu fais ceci et cela qui me rend malheureux, tu es méchant(e)…

          Évidemment, les mots peuvent être différents et plus subtils mais l’enfant en retient qu’il a des défauts qu’il doit faire pardonner (par exemple en sauvant les autres).

          Cela vous semble-il éclairant ?

          Bien à vous,
          Véronique.

  9. Le silence, ce silence qui remplit la maison d’ondes négatives, une violence inaudible comme une électricité dans l’air qui oppresse. Cette façon de se victimiser á la moindre occasion et le déni. C’est surtout ce déni qui est le plus dur à vivre, qui me rend folle. Et systèmatiquement m’accuser de tout ce qu’il fait lui-même! L’impression qu’il cherche à me mettre en colère pour se sentir mieux… Je connais parfaitement ce que décrit Nadia. J’ajouterais aussi combien il déteste quand je ris avec les autres ou que je rencontre le moindre succès en société, son visage se ferme, il me jalouse, il a horreur que l’on me fasse un compliment. C’est comme si on était en compétition tous les deux, un ennemi, sans aucune bienveillance pour moi. Il me dit souvent « tu fais la belle »… Bizarre, je ne comprends pas trop. Je lui répond que je ne le peux pas car je suis moche. Pour que le tableau soit complet il faut aussi citer son art á expliquer et formuler des réponses qui ne nous permettent absolument pas de savoir ce qu’il pense, au point qu’on ne sait pas á la fin si c’est oui ou non!
    Mais malheureusement, il n’a absolument pas conscience de son dysfonctionnement. Il est persuadé d’être un homme bien, excellent époux pour une femme ingrate « qui ne voit pas tout ce qu’il fait, qui ne voit rien », comme il aime á le marteler sans cesse. Je sais que je dois mettre un terme à tout cela, vingt ans dont les cinq dernières années très difficiles c’est trop. Mais j’ai du mal à réunir mes forces, á voir comment procéder… Pour le moment, je ne marche plus dans son jeu, je refuse désormais de me mettre en colère. Sa vengeance est le silence pesant. Nadia a réussi à mettre fin à cette relation toxique avant de gâcher sa vie.

    1. Bonjour Dolly,

      Vous avez raison de dire que c’est le déni qui rend fou/folle… Et je çrois que ce qui peut piéger, c’est d’attendre du passif-agressif qu’il reconnaisse enfin son dysfonctionnement… En vain… Car si la passif-agressif était capable de reconnaître que sa paranoïa est injustifiée, il n’aurait plus ce besoin de faire payer sans cesse à l’autre ses fautes (imaginaires). Ce n’est peut-être qu’en acceptant que jamais vous n’obtiendrez de lui qu’il ouvre les yeux sur son comportement que vous trouverez la clé pour partir… Mais je sais que c’est le plus difficile : accepter ce que l’on ne peut pas changer… Si vous étiez face à quelqu’un qui croit qu’il est Napoléon, vous auriez beau lui dire que ce n’est pas vrai, il continuerait à la croire… C’est une forme de folie… Voyez cela comme cela et ce sera sans doute plus simple de renoncer à la reconnaissance de son dysfonctionnement… Alors, vous pourrez aller de l’avant et choisir une vie qui soit bonne pour vous, hors de cette folie qui ne vous appartient pas.
      Bon courage !
      Véronique.

      1. Il est fou, vous êtes la pauvre victime. C’est sa faute. Vous n’avez rien à vous reprocher, et c’est un commentaire succinct forcément super objectif qui me permet de le dire.
        Heureusement que Laurent est là pour soutenir les femmes avec bienveillance… et inviter les hommes à évoluer…

        On a compris qui est la clientèle et ce qu’elle veut entendre.
        La victimisation ça marche toujours et de plus en plus à notre époque. Tout le monde veut son statut de pauvre victime.

        D’ailleurs la victimisation c’est aussi un comportement habituel des passif-agressifs.

        1. Author

          Bonjour Florence,

          Je ne comprends pas très bien le sens de votre commentaire… Pour que je puisse vous répondre au mieux, pourriez-vous me donner plus d’informations ?
          Je ne comprends pas très bien non plus la référence à Laurent puisque ce n’est pas lui qui a écrit l’article ni répondu aux commentaires…
          Merci d’avance de vos explications.
          Véronique.

  10. Bonjour Véronique
    Waouh ! très éclairant !  »Vous allez finir par me tuer » était une des phrases (parmi d’autres) de ma mère à nous, enfants. Cela met en position de  »Bourreau » me semble-t-il ! Mais je ne veux plus lui en vouloir. Elle a fait avec ce qu’elle était et ce qu’elle avait. D’autant plus qu’elle-même avait  »choisi » un PA, mon père. Je l’ai compris pendant la thérapie de couple qui était en partie individuelle. Le comble, c’est que j’ai toujours dit :  »Je veux rencontrer un homme gentil comme mon père ». J’ai été entendue ! Mon ex-mari en PA plus soft et mon ex-ami, médaille d’or. Il fallait que ça arrive de cette intensité pour qu’enfin et à cause de la souffrance, qu’un jour ça s’arrête. Je suis en cours de pardonner à mon père aussi.
    Je pars en vacances aujourd’hui, je vais continuer l’exploration intérieure tout en flânant dans le dédale des ruelles praguoises et je reviendrai vous en faire un retour.
    J’en profite pour souhaiter beaucoup de courage à Dolly.
    Encore merci et bonne journée

  11. Bonjour Véronique,
    Une fois avoir identifié ce qui a pu installer l’enfant dans des fausses croyances de « bourreau » , comment peut-on concrètement se défaire de cette croyance aujourd’hui?
    Bonne journée

    1. Bonjour Nadia,

      Effectivement « Vous allez finir par me tuer » peut mettre les enfants en position de bourreau absolu… Et, en effet, il n’est pas nécessaire d’en vouloir à nos parents qui sont ce qu’ils sont avec leurs histoires personnelles.
      Pour « effacer » ces croyances sur le côté « Je suis le bourreau », c’est un travail qui se fait petit à petit (et si c’est une sorte de discipline au départ, cela devient ensuite plus naturel et automatique.
      Dans chaque situation où vous vous sentez « obligée » d’agir d’une manière qui ne vous convient pas de peur d’être la « méchante », arrêtez-vous et posez-vous les questions suivantes :
      – Est-ce que je n’ose pas agir comme cela me convient parce que cela réactive en moi la peur d’être la méchante ?
      – Est-ce que ce que je vais donner à l’autre est négatif pour moi ?
      – Est-ce que il n’existe pas un autre moyen pour que l’autre reçoive ce qu’il veut sans que cela ne me nuise ?
      – Est-ce que c’est vraiment moi qui suis responsable du fait que l’autre soit heureux (d’avoir ce qu’il veut) ou malheureux (de ne pas avoir ce qu’il veut) ?
      – N’est-ce pas la responsabilité de l’autre d’être heureux ou non ?
      – Comment puis-je le mettre face à sa propre responsabilité sans le blesser (en une phrase du genre : « Je suis désolée de ne pas pouvoir te donner cela : quelles sont tes possibilités/ressources pour combler ton besoin ? »)

      Pour sortir du triangle Victime-Sauveur-Bourreau, on peut faire appel au triangle thérapeutique que je décris dans un des deux articles « Être en relation ou être soi » ?

      Cela devrait vous permettre d’effacer petit à petit cette croyances qu’en n’étant pas le sauveur, vous êtes le bourreau.

      J’espère avoir pou vous éclairer un peu…

      Passez de très belles vacances !

  12. Merci Véronique, votre analyse m’aide énormément. Je sais que je dois m’éloigner, que rien n’a changé pendant toutes ces années sans bonheur, que je n’aurai jamais rien de mieux. Je sais qu’une vie souriante pourrait s’ouvrir à moi si je le quittais et que je déménageais auprès de ma famille. Et pourtant je n’arrive pas à réunir mes forces pour engager une procédure, mon regard se pose partout dans la maison que nous avons mis dix ans á construire pas á pas, dans d’énormes tensions, certes. Mais le résultat est là, superbe. Je crois que j’ai mis tout mon coeur dans cette réalisation parce qu’elle faisait écran en masquant la triste réalité de mon couple dysfonctionnel. Et maintenant je m’accroche à cette maison sans doute parce que l’abandonner me mettrait face à la perte de toutes ces années vides de sens. Des années qui ne reviendront pas. Conserver cette maison, rester en pseudo couple peut me donner encore l’illusion que je n’ai pas fait tout ça pour rien. Je relis vos analyses si perspicaces qui m’aident beaucoup, j’espère pouvoir faire mon deuil et arriver à avancer. Mille fois merci.

    1. Bonjour Dolly,

      Peut-être vais-je vous semble « naïve » en vous posant la question suivante : « Pourquoi devriez-vous renoncer à la maison parce que vous vous séparez ? ».
      Cette maison appartient-elle uniquement à votre mari ou est-elle à vos deux noms ?
      Quels sont vos droits par rapport à cette maison ?
      J’ignore quelles sont vos possibilités financières mais n’est-il pas envisageable de racheter la part de votre mari ? Quitte à la louer pour financer un éventuel prêt (mais au moins vous la garderiez pour vous et pourriez la récupérer une fois qu’elle aurait été payée grâce aux loyers)…
      Faites peut-être le point avec un avocat sur ce à quoi vous auriez droit et avec un banquier pour les possibilités financières.

      Et je vous conseille aussi, lorsque vous discuterez de cela avec votre mari, de lui proposer l’inverse de ce que vous voulez…
      Par exemple, si vous désirez lui racheter sa part, commencez par proposer qu’il vous rachète votre part.
      Ne montrez surtout pas ce à quoi vous tenez puisque, en bon PA, ce qu’il veut c’est surtout de ne PAS vous faire plaisir, de s’opposer à ce que vous vous souhaitez.
      En proposant l’inverse, il partira probablement dans un combat contre ce que vous proposez et cela vous permettra d’avoir l’air de céder quand, finalement, vous accepterez de faire le contraire de ce que vous proposiez (et qui est donc ce que vous désirez).
      Cela peut sembler « tordu » mais, avec les PA, il faut s’adapter au dysfonctionnement tordu de leur raisonnement.

      Bon courage !

      Véronique.

  13. Merci encore Véronique de mettre en mots ce que je pressens souvent, que j’applique tant bien que mal en me culpabilisant : lui demander l’inverse de ce que je souhaite.
    Pour la maison, je n’ai pas les moyens de racheter sa part. Le mieux serait d’arriver à m’en détacher, l’oublier et accepter de la vendre á une famille qui y vivra de belles années. Ce qui n’aide pas c’est que le marché immobilier du secteur s’est effondré et ça signifie perdre une grosse part de l’investissement financier plus perdre 10 ans de travail important depuis le début du chantier. Il pourrait racheter ma part, mais ça risque de ne jamais aboutir, il est très fort pour faire pourrir les situations sans jamais agir.
    En fait, je me cramponne surtout parce que cette maison a pris 10 ans de ma vie, de même qu’essayer sans cesse de faire fonctionner ma relation avec mon mari PA m’a volé plus de vingt années. Votre image de celui qui se prend pour Napoléon me fait rire et m’aide énormément à me confronter à la réalité de mon couple. C’est très parlant et très aidant. Je voudrais tellement avoir eu ce genre de clés pour comprendre ce qui se passait dans ma vie conjugale plus tôt. Les psy ne connaissent pas les PA, on perd trop de temps à chercher les problèmes ailleurs.
    Je sais maintenant que je dois lâcher et la maison et la relation. Je dois arriver à me confronter à l’idée que j’ai perdu ces années, un vrai travail de lâcher-prise. Je sais désormais que tout continuera ainsi si je ne bouge pas, donc á moi de voir si je veux perdre aussi le temps de vie qu’il me reste. Vu de l’extérieur la réponse paraît évidente.

    1. Bonjour Dolly,

      Ce n’est pas parce que la réponse est évidente vue de l’extérieur que la décision est facile à prendre (et encore moins à mettre en oeuvre)…
      Je comprends donc vraiment bien que cela soit compliqué et douloureux…
      Quand on investit de l’énergie à essayer de résoudre les situations, on se dit « Je ne vais pas renoncer maintenant, après avoir investi autant », et on prolonge la situation, investissant encore de l’énergie et des espoirs… Du coup, après, on se dit encore plus : « Si je renonce, j’aurais perdu toute cette énergie » et on prolonge à nouveau, multipliant encore plus les efforts…
      C’est un piège mais c’est aussi le reflet de traits positifs de votre personnalité : le fait de ne pas renoncer trop vite, le fait de vous remettre en question, les valeurs morales de compassion… etc…
      Maintenant, ce qui pourrait vous aider, c’est d’essayer de ne pas voir cela sous l’angle de la perte mais bien sous l’angle de ce que vous avez gagné…
      Car avez-vous réellement perdu toutes ces années ? Je ne le pense pas…
      Ces années, vous les avez vécues en étant fidèle à vos valeurs, ce qui est déjà un bilan positif.
      De plus, vous pouvez aussi essayer de voir ce que vous avez appris (ou allez apprendre) sur vous-même en vous posant les « bonnes » questions…
      Non plus : « Que faire pour qu’il change ? Pourquoi est-il ainsi… ? » mais bien « Qu’est-ce qui, en moi, me rend fragile face aux culpabilisations, aux dévalorisations ? Quelles sont mes blessures qui m’ont fait choisir cet homme-là ? Quelles sont mes blessures qui ont fait que cela a fonctionné sur moi si longtemps ? » … etc…
      Et, lorsque vous aurez fait ce travail de compréhension de votre propre vulnérabilité face à son dysfonctionnement, vous pourrez alors vous transformer vous et cela sera profitable dans tous les volets de votre vie. Car si vous avez « marché » à ses culpabilisations et dévalorisations, sans doute avez-vous cette tendance dans d’autres domaines.
      Cette immense transformation de vous-même, c’est ce que vous aurez gagné ! Et il était sans doute nécessaire de vivre cette relation pour comprendre et voir ce qu’il y a à modifier en vous…
      Pour la maison, je comprends également le sentiment de « perte »… Peut-être cela vous aidera-t-il d’envisager les choses non plus comme la perte d’un investissement mais plutôt de vous dire que, si vous aviez été locataire, vous auriez payé un loyer chaque mois sans le récupérer à la fin. Ce n’était évidemment pas votre projet de départ… Mais je crois qu’il y a un temps pour tout… et que lorsque vous serez séparée, l’énergie de cette maison ne sera plus en harmonie avec votre propre énergie… Cette maison correspond à qui vous étiez pendant ces 10 années… Mais elle ne correspondra plus à ce que vous allez devenir. Et créer un nouveau foyer à l’image de la personne que vous serez devenue pourrait être bien plus agréable et épanouissant que de continuer à vivre dans un lieu qui symbolise l’ancienne énergie, toxique, de votre relation.
      Avec les PA (comme avec toute manipulation), la loi est indispensable pour faire respecter certaines obligations et échéances… Lorsque vous serez décidée, n’attendez pas avant de faire appel à un avocat… Comme vous l’écrivez, votre mari fera tout ce qu’il peut pour bloquer la situation et ne pas agir. Il sera nécessaire de faire intervenir la loi pour contrer son fonctionnement. Bon courage !
      Véronique.

  14. Bonjour,
    Cela fait bientôt huit ans que je vis avec mon compagnon. Nous avons une fille de 4 ans et un petit de 2 ans et demi. Tout ce que je lis dans votre tableau , je l’ai vécu , mais même encore maintenant je n’arrive pas a croire que derrière çà il y a une paranoïa , une volonté de me nuire. Pourtant , il ne fait rien qu’il n’ai lui même decider , nous avons une maison a renover , il n’a tellement pas fait ce qu’il disait que je suis devenue deprimée , apres avoir tenter la colere jusqu’a ce que ma belle mere me dise carrement de lui foutre la paix et de ne debrouiller seule. Alors j’ai fait un dossier anah pour financer les travaux et des maçons sont venus faire a notre place. C’est vrai qu’il dispose de mon temps , de mon argent et de moi a sa guise. Il a un gros appetit sexuel , auquel je ne peux échapper que contre de la rancune muette et un abandon total des taches du quotidien , comme essuyer les fesses du petit alors qu’il lui demande ou le mettre a la sieste. Il me fait jamais la vaiselle ni a manger

    1. Bonjour Emilie,
      Merci de votre message…
      Je vous avoue que je ne suis pas certaine de bien comprendre votre question alors je vais vous répondre en fonction de ce que je comprends.
      Vous écrivez « …je n’arrive pas à croire qu’il y a une paranoïa, une volonté de me nuire »…
      En fait, il n’y a pas de volonté consciente de vous nuire mais une volonté de se défendre lui contre le risque que vous représentez à ses yeux de lui nuire à lui.
      Sa croyance profonde est que vous, vous risquez de lui « prendre » certaines choses (son temps, son argent, sa liberté) et donc il fait tout ce qu’il peut pour vous en empêcher.
      Il se croit en état de légitime défense et il lutte contre toutes les menaces qu’il imagine que vos demandes représentent.
      Pourquoi fonctionne-t-il comme cela ? Je ne pourrais pas le dire car je ne le connais pas. Mais en lisant comment votre belle-mère a réagi avec vous, vous pourriez peut-être voir si elle n’aurait pas agi d’une manière aussi tyrannique avec lui quand il était enfant. Ce qui aurait abouti chez lui à la croyance : « L’amour d’une femme est un risque d’être dominé, tyrannisé, voire détruit et je dois résister à cela. »
      Si vous aimez cet homme et si vous désirez continuer cette relation, essayez d’entamer un travail chez un thérapeute de couple.
      Bien à vous,
      Véronique.

      1. Bonjour Véronique et bonjour Émilie,
        Tout d abord, Emilie, je suis de tout Coeur avec vous dans toutes ces épreuves du quotidien que vous traversez pour avoir eu le Coeur a croire à espérer d un homme qui n’ est pas a cette hauteur et qui pourtant, normalement, théoriquement le devrait, car ce que vous lui demandez est, soyez en sur, du bon sens, de l’ amour, du soutien, du respect.

        J’ai vécu la galère avec le père de mes enfants pendant 7 ans.
        C’est lui qui sortait presque tout les soirs jusqu’à pas d’heure et je n’ avais pas le droit de demander l’ heure a laquelle il pensait rentrer, parce que selon lui c était vouloir l’ empêcher d exister.
        C était d’ ailleurs ma faute si il m’ avait trompé et renvoyé chez ma mère avec mon fils de 1 an a l époque pour coucher avec une de ses collègues dans mon propre lit parce que je ne lui donnais pas ce qu’il voulait et c était et c’est toujours de ma faute si mes enfants sont trop ci ou trop ça.
        Il y a toujours eu une bonne raison, un argument incongru pour se dédouaner de ses responsabilités.
        C était selon lui toujours moi qui était en tord….
        Quoi que je fasse.
        CNV ou pas…
        J’ étais pour lui folle, hystérique, etc etc
        La CNV servant seulement à essayer d obtenir peut-être un peu d aide ou d écoute… Mais jamais au point d etre apaisé. Car je me sentais dans le devoir de réfléchir à des stratégies pour avoir un tant soi peu de ce qui devrait aller de soi quand on demande avec gentillesse et que l’on construit une vie a deux et plus.

        Un jour je suis allée voir ma 1ere psy ..
        J’ai appris avec elle que tout n’ était pas important dans un quotidien, que chacun était différent mais que l’on ne peut pas « changer » une personne qui ne veut pas voir , modifier changer ce qui est pour arrêter de le faire subir a l’ autre … Encore faudrait il donc d ailleurs que cet homme ou cette personne en général admette qu’ elle nous fait du mal de part ses propres problèmes ou visions de sa réalité.

        Bref grâce à cette psy j’ai commencé à apprendre à avoir confiance en moi…

        Et pour mes enfants et la force que je donnais pour les élever, j’ai appris qu’il ne servait à rien de s alourdir d’ une personne qui vous fait du mal alors qu’on développe en tant que mère ayant du bon sens tout pour nos enfants pour faire vivre la maisonnée pour entreprendre des travaux trouver de l’ argent etc …..

        Attention, je ne cou dit pas de le quitter pu que c’est ce qui arrivera, je vous raconte mon histoire espérant vous montrez que les forces sont en vous.
        Et que tout simplement il est normal de souhaiter le respect identique de celui que l’ on a choisi.

        Bref… Cependant j’ai quelque chose qui me chiffonne et là je vais m’ adresser à Véronique.
        Ce n’ est il me semble pas par amour pour cet homme que la thérapie apportera ses fruits mais bien par amour pour soi même et pour ce que l’on veut essayer d apporter a ses enfants.

        L’ amour ne devrait il pas etre une part de respect de soi, puis de l’ autre avant tout, une connaissance d autrui dans des valeurs communes qui nous permet de construire ensemble.
        Et non le souvenir d un coup de foudre propre a chacun , d une espérance qu’ on a eu envers l autre.
        Fasse a la manipulation passive ou agressive il me semble qu’ il y a fort peu de chance de réussir à vraiment trouver le chemin de l’ apaisement et en général cela passe par le fait de se quitter pour arrêter de subir et d être sans cesses en train de se battre contre un bourreau qui se dit victime et qui fait de nous sa victime…..

        Si vous aimez cet homme et cette relation, faites une thérapie dites vous?
        Faites une thérapie pour vous Émilie, pour comprendre comment vous en êtes arrivé là et travaillez vos failles. Ne vous occupez pas si monsieur estime que c’est cher ou pas.
        Mince alors, vous semblez déjà en faire assez je crois.

        Pour moi la relation est secondaire c’est vous le plus important, cou votre avenir et celui de vos enfants.

        Si par chance lui, par votre thérapie se remet en question tant mieux mais prenez conscience de votre propre existence et de cou même.

        Enfin Véronique j’ espère ne pas etre en opposition avec vous en écrivant cela car j apprecie beaucoup tout ce que vous faites, c’est simplement que pour moi quand on vit cela et je dis cela pour l’ avoir vécu trop souvent…
        Ce n’est pas de l’ amour, c’est une erreur sur ce q est vraiment l’ amour qui il me semble doit etre avant tout tout l’ inverse du comportement de ce genre d homme.

        L’ amour est une ouverture à l’ autre et c’est par amour pour soi qu’ on cherche à aller mieux grâce aux therapiespour mieux rencontrer la possibilité de croiser des gens capables de partager ce qu est l’ amour.

        Nb. Et pour finir…
        C’est aujourd’hui ce qui me fait peur, me laisser aller à aimer comme je l’ai fait et comme la fait Émilie et me rendre compte au fur et à mesure que cet homme est incapable d’ amour et en plus en rejetant sur moi sa négation.
        Comment aimer encore aujourd’hui quand les enveloppes des hommes sur qui notre amour tombe naturellement sont de cette tremp?

        1. Bonjour Vi,

          Nous avons visiblement posté nos deux réponses à peu près simultanément… et j’écrivais en effet qu’une thérapie personnelle était sans doute à privilégier pour mettre son énergie dans les actions à poser plutôt que dans une thérapie de couple…
          Ne vous inquiétez donc pas d’avoir posté une réponse en « opposition » à la mienne puisque ce n’est pas le cas… Et même si c’était le cas, vous avez tout à fait le droit d’écrire votre avis même s’il est différent du mien 😉
          Merci beaucoup d’avoir partagé votre expérience qui éclairera certainement Emilie… C’est vraiment agréable de voir que mon site peut être un lieu où les lecteurs se conseillent les uns les autres avec solidarité et empathie.

          Pour répondre à la question qui figure à la fin de votre message, j’ai envie de dire que le fait de savoir qu’il y a des « ficelles » qui fonctionnent bien sur nous, qu’il y a des attitudes auxquelles nous sommes susceptibles de réagir de manière automatique… Par exemple, quand je pense « Le pauvre » , je sais que je risque d’accepter de faire quelque chose qui ne me convient pas… Alors, quand je prends conscience que je pense cela, j’arrête tout, je ne réagis pas immédiatement et je réfléchis à la situation.
          Cela peut être très différent pour chacun mais il y a des comportements qui activent nos fragilités et, quand cela devient un réflexe que de les identifier, on constate petit à petit que l’on ne se fait plus piéger.
          De plus, notre corps nous envoie souvent des signaux lorsque nous nous retrouvons dans des situations à risque similaire : en identifiant ces signaux (par exemple, un noeud dans le ventre, une crispation des muscles, un resserrement de la poitrine), vous pourrez ensuite y être attentive et les écouter.
          Il s’agit donc de bien régler son GPS intérieur et ensuite de lui faire confiance.
          Quand la manipulation des PA fonctionne sur nous, c’est parce que nous n’écoutons pas notre propre GPS et que nous nous fions plutôt à celui de l’autre. Si le GPS de l’autre nous dit : « Tu es coupable », nous le croyons… Si le GPS de l’autre nous dit : « C’est à toi de m’aider car j’ai des difficultés », nous le croyons… etc… Mais c’est comme conduire sa voiture en regardant le GPS de la voiture voisine. Apprenez à écouter le vôtre : « Suis-je coupable de cela ? », « Est-ce vraiment à moi de faire cela pour l’autre ? » etc…
          Quand vous aurez appris à vous écouter vous et à ne pas prendre les jugements/injonctions de l’autre pour la vérité, le PA qui s’approcherait de vous sera vite détecté, avant même que vous ne tombiez amoureuse. Car les signaux sont là très vite mais, tant qu’on ne les connaît pas, on ne peut pas les voir. Maintenant, vous les connaissez et, en faisant confiance à votre GPS intérieur, vous ferez rapidement la distinction entre la vraie gentillesse et la gentillesse du PA.
          Bien à vous !
          Véronique.

  15. Bonjour,
    Je n’ai pas relu ce message avant de l’envoyer et çà se voit. En plus des fautes , il est incomplet et très flou. Je l’avais écris a la va vite pendant que mon compagnon se lavait.
    Je crois que quelque part , je voulais croire que c’était volontaire de sa part , sans doute parce qu’il serait plus facile de le quitter.
    Je voulais en fait vous parler de sa violence. Est ce qu’un passif agressif casse des choses quand on lui résiste ? On même simplement quand il n’a pas ce qu’il veut ?
    Comme par exemple , la dernière fois , on étaient seuls pour l’après midi et il voulait faire l’amour (si on le faisait autant qu’il veut , çà serait 4 ou 5 fois par jour , là , on se limite la plupart du temps a matin et soir , parfois plus , parfois moins , mais il est frustré et trouve que je l’ai manipulé , parce qu’avant je devais faire semblant d’aimer çà autant que lui (c’est faux) Il refuse d’entendre que maintenant je suis mère , que notre relation a huit ans , qu’en résumé , c’est normal. Je sais que quand je part faire les courses ou autre avec les enfants ,il regarde youporn plutôt que de faire des travaux ou autres excuses qui font qu’il ne vient pas avec nous.)
    Donc j’en reviens à mon histoire , je voulais ranger la maison , faire un gâteau avant que mes parents nous ramènent les enfants. Lui était assis a ne rien faire , ensuite il a proposé de faire l’amour , j’ai exprimé mon besoin de propreté vis a vis de mes parents , tout çà , espérant le motiver a m’aider , mais sans lui en faire la demande. Je connais la CNV , je me suis mise a l’utiliser depuis quelques années , en cherchant un moyen d’éviter ses bouderies et autres crises d’orgueil (comme il les appelle). Parfois je m’y prends mal mais quand je fais vraiment un effort pour l’appliquer a la lettre , çà nous fait avancer , mais pour mieux reculer.
    Le fait est que plus le temps passe , moins il en fait , plus je prends tout en charge , plus j’en souffre , moins je m’écoute , je ne suis attentive qu’a ne pas le mettre en colère , froide ou éclatante.
    Bref , cette fois là , comme je n’ai pas répondu a son envie de sexe , il a fini par se mettre en colère , dire que je me moque de lui et casser le pare brise arrière de la voiture avec un bâton. Après il a dit que si je suis méchante il casse , et que c’est sur qu’il peut pas m’épouser vu comme je suis.
    Une autre chose qui m’inquiète beaucoup est qu’il ne semble pas aimer nos enfants. ils sont trop bruyant , trop en demande. Il ne joue jamais avec eux parce que sinon il faudra tout le temps le faire. Nous voulions une éducation sans violence mais quand je ne suis pas là , il les a parfois frappé. Il les rabaissent , les comparent. Je n’aime pas çà et le lui dit , sur le mode de la CNV , c’est mon combat. Le sexe ,parfois, je me laisse faire pour qu’il soit gentil avec les enfants sinon je sais qu’il nous fera passer une journée pas chouette. Mais les enfants, je lâche rien , j’ai fait des enfants pour les respecter et les aider.
    Je cherche une thérapie , c’est comme çà que j’ai découvert votre article.
    Merci de votre article et de votre réponse , çà a été un grand soulagement mais aussi quelque chose de très remuant de vous lire. C’est très etrange de lire sa situation dans les mots d’une inconnue , qui en plus en fait une pathologie presque.
    Merci beaucoup

  16. A propos de la question sur sa mère je n’ai pas pris le temps de vous écrire. En fait , j’avais fait un commentaire avant celui d’avant mais il s’est perdu après que j’ai cliqué sur laisser un commentaire. Il était mieux que celui que vous avez reçu. Très long , c’est peut être pour çà qu’il n’est pas passé.
    Bref , il a été éduqué sans le non , sa mère dit qu’il était un enfant roi , premier d’une fratrie de 4 , pendant ces trois premières années , fils unique Ses parents ne l’ont pas mis a l’école , pour eux la société est aliénante. Ils ont vécu sans eau courante ,sans vêtements la plupart du temps , sans chauffage aussi mais sans contraintes. Son père , bien plus âgé que sa mère était tyrannique avec elle. Je sais qu’a six ans ,il a voulu fumer , elle l’a laisser faire. Quand il voulais sonner aux portes des gens , elle le laissait faire et apprendre par lui même les conséquences. En fait , il n’y a pas d’opposition franche mais insidieuse , comme des plaintes , des phrases culpabilisantes, après une bêtise. Des jugements, comme « méchant « , çà elle le dit souvent au fils de ma belle soeur , qu’elle élève en grande partie. Je vois déjà les dégâts. Il ne supporte pas la moindre frustration et est violent.
    Cependant , oui , elle fait tout a sa place , les papiers administratifs , les chèques. C’est d’ailleurs elle qui a son chéquier , ce qui fait que nous vivons des aides familiales et de mon argent de coté depuis que nous n’habitons plus là bas. Je l’ai souvent vu comme le bourreau , lui la victime. Mais en vérité , là aussi je suis perdu. Je l’ai toujours cru responsable de ne l’avoir pas rendu autonome , d’avoir toujours tout fait a sa place au point qu’il pense ne pas savoir faire. Il n’est pas a l’aise avec l’orthographe, Mais le chéquier , il est bien content de ne pas le sortir , je vois bien comment çà se passe quand il n’a plus le choix.
    Je ne sais plus si je l’aime parce que je ne sais plus qui il est. En fait , la personne gentille , calme, affectueuse que j’ai rencontré s’est peu a peu changée en orgueil et bouderie, projets jamais réalisés et déceptions. Le pire est venu avec ma grossesse et le déménagement. Quelque part , je veux y croire et je vais tenter une thérapie.
    D’ailleurs , existe t-il des thérapies prises en charge par la secu ? Parce qu’il est d’accord , mais pas si çà coute cher.
    Voilà , merci encore.

    1. Bonjour Emilie,

      Je vais répondre à vos deux messages en même temps…

      Tout d’abord, je suis désolée que vous vous soyez sentie remuée en me lisant et je crains de vous bousculer encore un peu en vous disant que le comportement Passif-Agressif est plus que « presque » une pathologie : c’est une pathologie à part entière et elle a d’ailleurs longtemps figuré dans le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) utilisé par les psychiatres et psychologues. Si elle ne figure plus dans la dernière version, ce n’est pas parce que cette pathologie n’existe pas mais par manque d’études statistiques et qu’il n’était pas envisageable, dans un livre professionnel, de ne pas pouvoir être précis en terme de chiffres statistiques.
      Alors, attention, ce n’est pas parce que c’est une pathologie que cela signifie qu’il faut en conclure : « Le pauvre, ce n’est pas de sa faute » et, du coup, tout accepter.
      Car même si, à la base, il n’est pas responsable de la manière dont il a été éduqué et traité, et si, à le base, il n’est pas conscient que son comportement n’est pas normal, le gros problème avec les PA (comme avec les autres formes de manipulation), c’est qu’il évite très très soigneusement de prendre conscience de sa problématique. Du coup, il faudra vérifier, si vous faites une thérapie de couple, que le thérapeute lui est conscient du diagnostic pour ne pas que votre compagnon le manipule aussi et fasse cette thérapie pour vous convaincre vous que c’est à vous de tout changer.
      D’autre part, vous me demandez si un PA peut être violent et casser des objets.
      Normalement, ce n’est pas un trait majeur des PA (c’est pour cela que le terme « passif » est utilisé) mais rien n’empêche qu’un PA ait aussi d’autres problèmes (comme un PA pourrait être aussi claustrophobe, il peut être capricieux et que cela se manifeste par de la violence quand les choses lui résistent). De toute manière, comme vous le décriviez, il va vous dire que c’est vous qui en êtes responsable… Et, en cela, il manifeste bien le volet « victime » du PA.

      Et même s’il n’est pas responsable de la manière dont il a été éduqué, c’est vous qui finalement êtes la victime de cette éducation déplorable.
      Car, vous, la compagne, en devenant mère et, suite au déménagement qui l’éloignait de sa propre mère, c’est vous qui êtes devenue le symbole de l’autorité parentale. Vous représentez maintenant, d’une part, celle qui est censée faire les choses à sa place (tout en suscitant sa méfiance puisque sa mère l’a diminué et écrasé) et, d’autre part, quand vous semblez être en attente qu’il s’adapte aux différentes contraintes de la vie, ce dont il n’a pas l’habitude puisque ses parents l’ont maintenu hors des normes de la société (ceci est spécifique à lui mais n’est pas présent chez tous les PA), vous êtes symboliquement celle qui veut le forcer à respecter certaines règles de vie en commun et donc vous êtes celle qui le frustre dans sa toute puissance infantile (ce qui est normalement le rôle des parents et éducateurs).

      L’addiction au sexe semble, chez lui, une autre composante de son besoin de rester dans la sphère infantile du plaisir… La pornographie étant un moyen d’éprouver du plaisir SANS devoir se plier aux « règles » d’une relation, de pouvoir éprouver la toute puissance sans devoir se soucier des besoins de l’autre. Je ne dis pas que la pornographie est « mauvaise » mais quand il y a addiction à ce point, cela reflète le besoin de cette toute-puissance sans contrainte. D’autant plus que, vis-à-vis de vous, il semble aussi attendre que vous lui donniez toute satisfaction, de manière complètement égocentrique.

      Alors, sans vous mentir, j’aurais plutôt envie de vous conseiller de fuir ce grand bébé narcissique obsédé sexuel… et de mettre votre énergie dans les actions à poser pour rendre une séparation possible plutôt que de la mettre dans une thérapie de couple… Mais peut-être n’y êtes-vous pas encore prête et avez-vous besoin de faire tout ce qui est possible afin d’avoir la conscience tranquille.
      Les thérapies sont parfois prises en charge en partie par la mutuelle en Belgique (j’ignore si c’est le cas en France) mais ce sera certainement long (et donc il risque de trouver cela trop coûteux et d’abandonner rapidement). Peut-être vaut-il donc mieux vous consacrer principalement sur une thérapie pour vous, pour vous aider vous à prendre les bonnes décisions.

      Bon courage à vous !

      Véronique.

    2. Re Emilie..
      En France , les psychiatres sont pris en charge et ils peuvent suivre différents courants psychotherapiques.
      Demandez a votre médecin, il vous en conseillera un et vous remettra l’ ordonnance a remettre au psy dans le cadre du parcours médical . Donc dans ce cas remboursement sécu.

      Sinon vous avez aussi les psychiatres et psychologues des CMP qui sont gratuits.

      Maintenant j’ai aussi teste les psychotherapeutes payants et non rembourses et si certes cela fait une somme cela fut les plus efficace.. Sauf un psychiatre qui était aussi psychothérapeute qui m’avait aide a sortir d une dépression en 6 mois.
      Avec les CMP j’ai eu du mal à me sentir vraiment comprise!!!!!
      Cependant en général et ayant peu de moyens je ne suis restée qu’ a maxi 5 séances payantes mais qui m avaient fait BCP avancer..
      Sachant qu’ on a tous tendance à consommer des choses inutiles, payer un psy quand on en a le besoin c’est sans doute moins inutile que d autres objets de consommation.

      Nb.
      Un psy c’est comme un médecin il faut tester, se sentir bien avec pour avoir une thérapie efficace.
      C’est une relation entre humain qu’ il faut établir.
      Et quelque foi il arrive qu’on ne tombe pas sur celui qu il nous faut, et il faut réessayer, mais ne vous découragez pas si ça arrive

      Bon courage

      1. Euhhh,
        Je vous ai donné des indications qui sont surtout pour des thérapies individuelles.
        Pour la thérapie de couple il faut se renseigner de la même manière mais pour ma part je n’ avais trouvé que la psychothérapie payante et j’ai entendu parler d’une association qui organisait des séminaires permettant de rétablir une bonne communication de couple…

  17. Bonjour,
    Merci beaucoup de vos réponses a toutes les deux. çà me fait réfléchir et c’est vrai que c’est un peu dur a entendre. Je crois qu’au fond de moi , je le sais. Mais j’y arrive pas , a l’admettre , que je me suis trompée. Que cette vie idéale , parce qu’on a de la chance , j’adore nos enfants , j’adore notre maison , je chérie nos projets , je veux les réaliser. On a tout pour être heureux. Parfois je lui dis et lui demande pourquoi il l’est pas.
    C’est vrai que j’ai encore du chemin a faire. Je ne suis pas quelqu’un qui a confiance en lui ,j’ai toujours été grosse , raillée , la bonne copine qui vit a travers les autres. Une empathie phénoménale et un besoin d’être appréciée , je ne dis pas aimée , ma virginité , je l’ai perdue a 23 ans. Avec un père plutôt tyrannique . A vingt ans , j’ai pris une grosse claque , une trahison , et j’ai entamé un régime. J’ai perdu 50 kg en 4 ans , mais dans ma tête , j’étais toujours grosse. Quand je l’ai rencontré , je l’ai trouvé différent des autres mais comme moi. Un gentil , un vrai gentil , un doux , un tendre. Et mieux que moi , un pas abimé. Et surtout un pas comme mon père.
    Alors voilà , je comprends toujours pas. Il disait qu’il serait un père formidable.Maintenant il dit que les enfant sont un obstacle a son bonheur.
    A la lumière de cet article ,je vois son comportement . Par exemple , l’un des dernier en date, il voit que je fais a manger , les gosses dans les pattes , qu’ils me demande a boire , qui ont faim. Il reste en retrait, me voit tout gérer sans m’aider , juste leur verser de l’eau par exemple. Je dit a ma fille que bientôt c’est cuit , que j’ai plus qu’a mettre la table , une fois que j’aurais égoutté les pâtes. Là il percute que je tente, sans lui donner d’ordre ,de lui demander de m’aider , il mets d’abord juste nos assiettes , pas celles des enfants , soupire en retournant chercher celles des enfants , et fini par amener l’égouttoir a couverts sous le nez de votre fille , en lui disant qu’elle n’a qu’a choisir sa cuillère parce que la dernière fois (y’a au moins un mois et demi ) elle lui a dit que c’était pas la bonne. Elle en choisi une grande et il lui reproche d’en avoir choisi une encore plus grande que celle qu’il avait choisi la fois ou elle en a demandé une autre. Donc on se mets a table dans la mauvaise humeur , sans couteaux a table , ce qui fini par lui faire dire qu’il sais pas mettre la table , et moi ,qui relativise en disant qu’on a pas besoin de couteau pour manger çà , c’est pas grave. Mais , quand même , j’avale mon repas comme un ogre , sans mâcher , sans être satisfaite de passer un moment en famille et je me souviens des repas avec mon père , amèrement. Et je retombe dans cette compulsion alimentaire dont je m’étais cru débarrassée depuis mon départ de chez mes parents. J’ai beaucoup regrossi et suis a nouveau obèse.
    Et en plus ,là , il faisait un effort pour être gentil parce que depuis qu’il a cassé le pare brise , il essaye…
    Vi , quand tu l’as quitté , comment cela c’est passé ?
    Véronique , comment les passifs agressifs sont avec leurs enfants ? Font ils des dégâts ?
    C’est drôle mais quand vous dites « grand bébé narcissique obsédé sexuel » , même si je me suis déjà dit la même chose , j’ai pas envie de fuir. J’ai envie de penser qu’il est autre chose aussi. Le père de mes enfants surtout et un homme que j’ai vraiment aimé. Même si là , j’ai une chanson dans la tête , que pourtant je n’ai toujours entendue qu’a la radio sans plus:
    Regarde toi
    Assise dans l’ombre
    À la lueur de nos mensonges
    Les mains glacées
    Jusqu’à l’ongle
    Regarde de toi à l’autre pôle
    Fermer les yeux sur ce qui nous ronge
    On a changé à la longue

    On a parcouru le chemin
    On a souffert en silence
    Et je te hais
    De tout mon corps
    Mais je t’adore, encore

    On verra bien par la suite mais une chose est sure , faut changer de disque.
    Merci beaucoup , vraiment du fond du coeur , pour cette libération, pour ton témoignage Vi et pour cette analyse Véronique.

    1. Bonjour Emilie,

      Je comprends que vous ayez envie de croire que votre compagnon est autre chose qu’uniquement son comportement passif-agressif… C’est certainement vrai car nous sommes tous plus que nos dysfonctionnements. Ceci dit, le potentiel de chacun peut être beau, encore faut-il que ce potentiel soit manifesté… Tant que ce n’est que du potentiel, cela ne nous avance pas à grand-chose… Et il n’y a que lui qui peut désirer manifester son potentiel. Or, pour avoir accompagné en thérapie plusieurs femmes ayant un compagnon PA, je sais qu’il y a chez eux une grande résistance au changement (c’est leur moyen de défense et, comme cela a toujours fonctionné pour eux, ils n’ont aucune envie d’en changer). Les seuls changements que j’ai vus ont eu lieu lorsque la femme était réellement prête à partir. Pas quand elle le disait sans le ressentir au plus profond d’elle-même, pas tant qu’elle proposait de rompre dans l’espoir de susciter des changements chez lui. Uniquement lorsque la femme avait retrouvé suffisamment d’amour et d’estime d’elle-même qu’elle avait cet élan intérieur de préférer son propre bonheur (et celui de ses enfants) à son besoin d’aimer son compagnon et d’obtenir de lui reconnaissance et réparation.
      C’est pour cela que je confirme ce que VI écrivait : faites d’abord une thérapie pour vous ! D’autant plus que votre histoire a créé chez vous les failles qui vous rendent fragile, le manque d’estime de vous, le manque d’amour de vous.
      Pour répondre à votre question concernant le PA et les enfants, je dirais que le PA ayant un problème avec la mère, dès que la femme devient mère (de ses enfants à lui), elle présente la menace de l’anéantir lui, de lui prendre son temps, son énergie… Toute demande de la femme concernant les enfants est donc suspectée d’être une volonté de lui prendre quelque chose à lui… C’est comme s’il n’était pas capable d’avoir une relation propre avec ses enfants qu’il envisage comme les instruments utilisés par sa compagne pour le dominer lui. De plus, comme le PA lutte en permanence pour ne pas donner satisfaction à la femme, pour qu’elle n’obtienne pas ce qu’elle aime (et on sait combien, pour une femme, ses enfants sont ce qu’elle aime le plus), ne pas s’occuper des enfants comme la femme aimerait qu’il le fasse est la meilleure manière pour le PA de priver la femme de ce qu’elle souhaite.
      C’est tordu mais c’est comme cela : le PA n’envisage pas ses enfants comme ayant des besoins propres mais uniquement comme des extensions de la femme à laquelle il s’oppose. Ne pas leur donner à eux n’a rien à voir avec eux mais tout à voir avec elle.
      Alors oui, cela peut faire des dégâts chez l’enfant puisque la femme souhaitant qu’ils reçoivent beaucoup d’attentions bienveillantes, le PA s’arrange pour ne pas les donner et cela devient de la négligence qui a des conséquences sur l’estime de soi des enfants.
      Dès que cela sera possible en fonction de leur âge, je pense important de faire deux choses :
      -1) Bien expliquer aux enfants que le manque d’attention de leur père n’est pas due au fait qu’ils manquent de valeur mais uniquement au fait que leur père a un problème avec vous et vos demandes.
      -2) Faire en sorte que les demandes des enfants soient exprimées par eux directement à leur père afin que ce soit à eux qu’il doive dire oui ou non et pas à vous.

      Bon courage, Emilie.

      Véronique.

    2. Bonjour Émilie,

      Pour te répondre, et bien nous nous sommes quitté. Il y a 11 ans, mes enfants avaient 5 et 2 ans.
      Je n’ étais pas plus prête que toi et je n avais pas confiance en moi.
      Et je n avais ni les connaissances ni l’ experience sur le sujet.
      Je ne savais pas que c’était un egocentrique manipulateur

      Suite a des choix qui étaient influes par lui et par la croyance qu’ il me soutiendrait j’ étais en congé parental donc financièrement dépendante vue que je ne percevai que 600 euros par mois.
      Il faisait sa loi avec toujours de bonnes raisons et j’ étais la folle ou l’ hystérique et les enfants étaient trop ci ou trop ça a cause de « moi »
      J’ avais l’ impression que de lui demander de simplement lire une histoire jouer un air de guitare ou faire prendre un bain aux enfants étaient une demande illégitime et tout autant pour trouver une organisation de ménage ensemble. J’ étais tjrs culpabilisé.
      Sauf que je n’ admettais pas cela et a force je lui tenais tête.
      Ce qui fait qu’ il devenait violent physiquement ce qui lui rappelait son père.
      Ce qu’il refusait!!!
      Je pleurais chaque soir de sa présence et j’ étais déterminé à le quitter mais il me fallait trouver une solution.

      J’ai essayé la thérapie personnelle et me suis arrêtée au bout d un an .
      Et ensuite ma fille est née.
      Puis j’ai pensé à la thérapie de couple.
      D’ abord il était contre puis quand il m’ a senti lui échapper c était la faute si je ne voulais plus.

      Bref… Sur la fin quand je le contrais et que je reclamais coute que coute des explications, une vrai solution,
      Il ne savait plus quoi faire et me rejetais avec violence ou m imprimait ses doigts dans la peau justifiant qu’ il fallait calmer mon hystérie et me faire taire.

      C’est donc lui ne se supportant plus dans ce rôle qui est parti.pour avoir une image de lui même dénué de ce genre de réaction.

      C’est ça qui m’a aidé.
      Ça et le fait que je refusais de faire grandir mes enfants avec uniquement des patates et des pates pour que lui puisse dépenser a tout va pour lui même.
      C’est le fait de m être battu pour mes enfants qui m’a ouvert les yeux sur l’ impossibilité de continuer….
      Et le fait que par des circonstances que je ne maitrisais bien évidemment pas il était de mauvaise foi avec moi et ca c était pas un problème pour lui envers moi mais se voir comme un vrai violent physique oui.

      Pour poursuivre l anecdote.
      Tout ses frères et soeurs réclamaient a leur mère des explications par rapport a leur enfance et celle-ci refusait tout bon vouloir s occupant dans un Grand égoïsme que d elle-même. Et niant même la réalité de ses propres enfants
      3 sur 5 étaient en thérapie .
      Et lui mon ex a eu la chance lors de notre séparation a ce qu elle s ouvre a lui.
      Ce qu’il a refusae niant lui même ce que sa propre fratrie admettait.
      Non pour lui il n’ avait aucun problème et il ne s était rien passé dans son enfance et ce malgré toutes ces brides de choses vraie qu’ il m’ avait lui même un peu raconté.

      Par ex son père alcoolique violent et a priori incestueux envers les filles était un exemple pour lui.
      La mère elle avait fermé les yeux sur tout ça et niait tout. Et après la mort du père avait lésait ses enfants pour son propre profit financier, laissant ses propres enfants dans la misère pour flamber ses richesses….
      Mais attention si je m’ approchais trop prêt de la réalité j’ étais rejeté de plein fouet parce que je n’ avais pas a savoir je n’ étais pas de la famille….

      Bref voilà…. Pour cette séparation…..

      Cependant il faut savoir que ce genre d homme reste quand même les père de nos enfants et qu ils nous en font quand même baver ensuite.
      Soit en n’ étant pas un père présent et responsable quand leurs enfants en ont besoin soit en s imposant quand ça les arrange et ce lien a été pour moi le plus dur.
      Il ne faut rien leur demander.
      Et quand une autre femme apparaît, c’est nous les méchantes ou qui le subissons.
      Car il faut etre beau et fort pour la nouvelle.
      Je n’ai jamais pu compter sur lui pour mes enfants.
      Mais il a cependant été un peu plus attentif à eux qu en étant avec moi.
      Mais attention il ne sont et ne deviennent pas des pères idéaux.
      Je ne pense pas dire une bêtise en affirmant cela.

      Tant que je le laissais faire ca passait mais au bout d un moment même séparée j’ en avais marre d etre celle qui est la pour tout sans avoir aucun droit d exister.
      J’ai donc arrêté de laisser passer, mais toujours au prix de jouer a me culpabiliser…..

      Il faut arriver à rester sereine a ne pas le laisser trop vous manger sous prétexte de préserver les enfants tout en les preservant.
      Et ce n’est pas évident mais possible.
      A moins qu’il ne décide de disparaître de vos vies.

      Que vous dire de plus….
      J’ai 39 ans bientôt et j’ai eu des tas de galères amoureuses et professionnelles ensuite, j’ai été là ou moins là mais j’ai toujours voulu avancer pour moi et mes enfants.
      J’ ai appris à avoir de plus en plus confiance en moi.
      J’ai vécu une dépression, j’ai choisi plusieurs fois ce même genre d hommes et j’ai commencé à apprendre pourquoi.
      Et même si je n’ai pas eu l amour, la complicité que j espérais pour moi et mes enfants et que je cherche toujours et encore a avancer, je suis devenue plus forte et je suis fière de moi. Parce que j’ai surmonté ces épreuves.

      C’est pour ça que je vous souhaite de prendre conscience de votre valeur avec ou sans kilos, ca n’ a pas d importance.
      Donnez vous les moyens de comprendre de vous convaincre de votre force et ce qui doit arriver arrivera.
      S’ il doit réagir il le fera sinon tant pis, c’est pas ca l’ important, c’est ce que vous allez faire vous.

      Nb. A force de tomber sur des cas j’ai quand même appris à m’ éloigner et ce de plus en plus rapidement même si mon manque de confiance en moi reste une fragilité qui me fait peur professionnellement ou amoureusement.
      Mais cependant c’est en osant qu’ on acquiert nos possibilités .

      Voilà j’ espère que vous trouverez des pistes, du soutien dans mon partage auprès de vous.

      Courage Émilie tout est en cou même si cela met du temps.

      1. Merci beaucoup à vous, Vi, d’avoir ainsi relaté votre histoire pour Emilie.
        C’est vraiment gentil d’avoir pris le temps d’écrire tout cela en réponse à sa demande.
        Je suis certaine que cela lui apportera des éclairages précieux.
        Bien à vous,
        Véronique.

  18. Bonjour,
    Merci de votre soutien , de votre compréhension , et de vos conseils. Je pense que je vais avoir besoin de murir tout çà.
    Vi , merci beaucoup pour ce témoignage
    J’ai entamé une discussion avec lui , je cherche a comprendre ce qu’il ressent , et s’il est réellement un passif agressif ou s’il en a juste les mécanismes.
    Ce que je ne comprends pas, c’est qu’il semble réellement avoir du mal a apprécier les enfants , et pas parce qu’ils seraient une extension de moi. Et en même temps , ce que dis Vi « J’ avais l’ impression que de lui demander de simplement lire une histoire jouer un air de guitare ou faire prendre un bain aux enfants étaient une demande illégitime et tout autant pour trouver une organisation de ménage ensemble. J’ étais tjrs culpabilisé. » C’est exactement çà.
    En tout cas , immature , c’est certain , il le dis lui même.
    Bref , voilà , je crois que ce sera mon dernier message ,mais je tenais a vous remercie du temps que vous m’avez accordé toutes les deux

    1. Bonjour,

      Pas de soucis Emilie,

      Cependant je doute que n’ importe quel manipulateur y compris le passif agressif admette qu’ il le soit, d’ autant qu’ en général il n’ a même pas conscience de l’ être et que c’est souvent caché par ce qu’on nomme immaturité.

      Par exemple, La famille de mon ex, ma famille aussi, le considèrent immature et irresponsable, lui se considère empathique…. D’ autant plus quand il arrive à trouver des personnes qui fonctionnent soit dans son sens soit comme lui, comme sa nouvelle compagne par exemple qui lui apporte protection financière en échange du fait de tout diriger dans sa vie, y compris mes enfants par ex.
      Et il n’y a rien de pire pour me sentir coupable que de me dire que c’est moi qui n’ en fait ou faisait pas assez pour ce « pauvre chéri immature » qui lui a su trouver quelqu’un…

      Soit,
      A l’ adolescence on passe tous par une construction de nous même et on peut tous etre immature.

      A l’ âge adulte on a tous a assumer nos choix et on est sensé avoir la conscience de ce qu’on peut faire subir a autrui par nos choix.
      Se cacher derrière une excuse telle que
      – l’ égoïsme
      – L’ immaturité
      -Le fait d’avoir subit ses parents lorsqu’ on était enfant. Et de se positionner directement en victime
      – Ou le fait d’être malade ou alcoolique
      Ne sont pas des raisons valables.
      Car c’est a chacun de faire des choix et de les affronter et je ne crois pas que ce soit immuable mais il s agit bien de choix.

      Bon courage Émilie dans vos nouvelles tentatives, dans ce que vous vivez.
      Je vous souhaite qu’ il veuille bien travailler sur lui même dans une thérapie pour lui ou de couple et que vous soyez heureuse.
      Et si malheureusement ce n’est pas le cas je vous souhaite a vous, de prendre conscience de vos possibilités sans vous cacher derrière vos propres peurs, ce qui je le sais bien n’est pas simple, mais sont pourtant les clés.

      Que la paix, Dieu ou la force soit avec vous

      1. Merci, Vi, d’avoir pris le temps de partager votre opinion très intéressante et votre expérience.
        Je suis certaine que cela apportera des éléments constructifs à Emilie.

        Je pense que vous avez raison sur le fait qu’un manipulateur ne reconnaît ses torts que si il sent que c’est absolument nécessaire pour que l’autre reste. Mais qu’il n’y aura pas de réel changement (ou des changements sur certains détails précis mais d’autres problèmes sur d’autres points).

        Après, on a beau le savoir (ou l’entendre), on a parfois besoin d’en faire l’expérience soi-même…

        Encore merci et beau chemin à vous !

        Véronique.

    2. Avec plaisir, Emilie… Ce site est fait pour cela : soutenir et conseiller.
      En plus du fait que le PA peut vouloir s’opposer à sa compagne en ne répondant pas aux besoins des enfants, il y a également la notion de narcissisme bien présente chez lui.
      Les besoins des autres le dérangent quand ils s’opposent à la satisfaction de ses besoins à lui.
      Or on sait que s’occuper des enfants demande que les adultes soient capables de s’oublier eux-mêmes (au moins momentanément et partiellement).
      Le PA ne sait pas s’oublier lui-même, il doit être au centre et les enfants le dérangent quand ils nécessitent qu’il fasse passer ses besoins à eux avant les siens.
      Laissez donc mûrir tout cela… et faites vos propres observations mais en n’oubliant pas de voir les choses, non pas selon le volet de votre culpabilité/responsabilité mais bien en observant ce qui « cloche » chez lui.
      Bon courage !
      Véronique.

  19. Bonjour Émilie,
    J’ai suivi les conversations sur cet article. Et notamment vos derniers échanges avec Vi et Véronique.
    Une des problématiques que les femmes attirées par les PA semble être justement qu’elles essaient de comprendre leur compagnon et c’est ce que vous tentez de faire, pour peut-être écarter la peur/ la pensée qui vous ferait dire que vous vous êtes trompée en le choisissant.
    Car cela remet en question beaucoup de choix dans votre vie et suppose d’être prête à en faire de nouveaux inconnus encore. Ce n’est pas chose aisée mais Vous en êtes capable.
    Vous méritez d’être soutenue dans votre couple, que votre compagnon vous traite avec bienveillance et respect et qu’il prenne soin de vos enfants que vous avez ensemble décidé de concevoir.
    Vous et vos enfants ne méritez pas d’être mal perçus et de vivre dans l’appréhension.
    Peut-être que je me trompe mais il me semble qu’il essaiera de tout faire pour vous retenir quitte à reconnaître une partie de ses torts s’il pense pouvoir vous retenir mais cela n’impliquera pas de modification dans son comportement et il continuera même s’il reconnaît ses torts à agir de la même manière.
    Ce n’est pas ce qui vous sauvera, vous retomberez dans la même routine et serez à nouveau déçue et penserez que vous êtes en cause.
    Pensez à vous et à vos enfants. Et tentez de résoudre les raisons sous jacentes qui vous font penser que vous ne méritez pas une relation équilibrée, que vous devez vous culpabiliser..
    Ne lâchez pas, même si cela prend du temps.
    Ne vous abandonnez pas. Et continuez tant qu’il vous sera nécessaire de poster sur ce site.
    Courage Émilie !
    Amicalement
    Tiphaout

    1. Bonjour Tiphaout,

      Merci beaucoup d’apporter ces éléments supplémentaires…
      C’est important de dire, effectivement, que tout le monde a le droit d’être soutenu et de recevoir de la bienveillance dans son couple.
      Parfois, on est tellement « plongé » dans cette réalité dysfonctionnelle qu’on ne réalise même plus que l’absence de gentillesse est de la méchanceté et que l’absence de bienveillance est de la malveillance. Le « baromètre » est déréglé… et faussé par la culpabilité.
      J’espère que vos conseils pourront aider Emilie (ou les autres personnes qui liront tout ceci).
      Bien à vous,
      Véronique.

  20. Bonjour Véronique, Emilie, Vi et Tiphaout,

    Je m’apprêtais à poster un long texte suite à mon histoire et à l’analyse de Véronique mais je souhaite d’abord compléter l’intervention de Vi et de Tiphaout concernant Emilie. Je verrai par la suite si j’ai encore envie de poster le mien, il est très long.

    Emilie, Tiphaout a raison, allez explorer vos raisons sous-jacentes. Et comme dit Véronique et si vous n’êtes pas encore prête (je suis passée par là), faites vos propres observations tout en vous faisant aider.
    Faire le point (par exemple 1 fois par mois) en relisant l’article complet, les autres témoignages dont le votre et les analyses de Véronique pourrait peut-être vous permettre des orientations, avec le recul, et selon l’évolution de la situation.

    Je vous souhaite de trouver le chemin qui vous mènera vers la libération et tout comme vous le souhaite Vi, de prendre conscience de votre valeur.

    Et encore merci Véronique. Par votre étude, vos éclairages sur mon histoire et celles des autres, vous avez mis de la lumière sur des points qui m’étaient restés sans réponse ou non explorés pendant mon travail. Je recommande votre article dès que l’occasion se présente (à mon médecin traitant par exemple cet après-midi).

    Nadia

    1. Bonjour Nadia,

      Je suis heureuse de savoir d’avoir pu vous apporter des éclairages qui vous ont aidée (et c’est vraiment gentil de recommander mon article 😉 )
      Merci aussi de vos encouragements à Emilie…
      Qui sait qu’elle peut trouver du soutien et de l’aide ici si elle en a besoin (c’est vraiment agréable pour moi de voir que la solidarité s’exprime de cette jolie manière).
      Faites comme c’est le mieux pour vous si vous souhaitez poster encore (ou non)…
      Parfois, tout écrire libère…
      Parfois, cela nous replonge à nouveau dans le souvenir de nos souffrances…
      C’est à vous de « sentir »…
      Bien à vous,
      Véronique.

  21. Bonjour Véronique,

    En effet, écrire fais du bien mais cette fois, c’est une écriture de libération.

    Merci pour vos analyses sur les autres témoignages ainsi que vos autres articles dont «Être en relation ou être soi ?» et «votre choix amoureux se fait-il vraiment par hasard ?». Le tout m’a éclairé sur le comportement PA en particulier mais sur les liens toxiques en général dans lesquels nous jouons aussi un rôle. Le travail analytique puis énergétique que j’ai entrepris ainsi que votre généreuse aide et disponibilité m’ont permis de mettre en lumière mes propres schémas.

    J’ai réussi, la semaine dernière, à pardonner à mon ex (sans avoir à lui dire bien sûr ou garder quel que lien que ce soit même s’il habite près de chez moi) car :
    – Si je n’avais pas porté moi-même inconsciemment des croyances erronées, je ne me serais pas impliquée et imbriquée dans ce genre de relation.
    – Continuer à lui en vouloir perpétuait le ressassement de ma propre colère enfouie et jamais exprimée qui vient de mon enfance.
    – Et continuer à lui en vouloir était contradictoire avec mes remerciements à la vie de m’avoir fait vivre cette expérience riche en enseignements qui clôturent toutes mes relations toxiques passées amicales ou affectives afin de prendre conscience de ce que je devais guérir en moi pour devenir la personne que je suis aujourd’hui.
    Je le savais intellectuellement mais il fallait que ça se fasse intérieurement.
    J’ai pardonné à tous d’ailleurs et même à moi-même. Par contre, à l’avenir, je ne donnerai qu’une chance parce qu’une fois c’est possible, 2 fois, NON ! Sinon, je passerai mon chemin, amical ou affectif…

    Aujourd’hui, je savoure pleinement ma découverte affective avec moi-même (Elle n’était pas complète tant que la rancœur était là). Quelque chose que je ne saurais décrire comme plein de petites bulles qui montent du ventre vers la poitrine, presque de l’ordre de la consécration au point que j’ai eu des crises de vertiges pour lesquelles j’ai du consulté mon médecin hier. Cela fait une semaine que la petite phrase : «Let it go» vient spontanément à chaque pensée perturbatrice. Je vais arroser ça avec des bulles aussi mais dans quelques jours, je ne voudrais pas réveiller mes vertiges et compromettre mon voyage par avion dimanche pour une 2ème partie de vacances. Je pense que les évènements spéciaux que j’ai vécus ces dernières années participent dans ce que je ressens (paraplégie post-arthrodèse sur 14 vertèbres en 2009 suite scoliose congénitale sévère et corset rigide, re-marche en 2010, rééducation intensive longue durée, Reprises études à 47 ans, recherche professionnelle difficile jusqu’à il y a 2 ans, dernière relation affective très complexe). A l’époque, c’était dur mais aujourd’hui, je les considère comme des cadeaux de la vie… Enfin le répit !!! J’adore 2016 !!!

    Si je peux me permettre d’apporter un conseil aux autres, c’est de chercher en soi les raisons de nos choix de relation, ce qu’on rejoue de notre propre enfance pour commencer petit à petit à apporter à soi-même ce qu’on «quémande» aux autres, et pas seulement dans notre relation amoureuse. Analyser également «le rapport de force» que l’on installe malgré notre volonté consciente à vouloir la paix mais en restant dans ce genre de relation nourrissant inconsciemment nos besoins en émotions fortes négatives réciproquement. Avoir conscience que le travail sera long mais qu’il vaut la peine et qu’il n’est jamais trop tard.

    Encore merci à vous Véronique pour vos fines analyses et merci à toutes pour vos témoignages. J’espère que la libération viendra pour celles qui ne la vivent pas encore.

    Nadia

    1. Bonjour Nadia,

      Ce que vous avez écrit m’ ouvre a des questions, ou plutôt une question qui m est personnelle en effet..
      Pourquoi sont ce les egocentriques, les PA, les manipulateurs qui m’attirent?
      Quel est le lien entre eux et moi?
      Et puis je un jour connaître quelqu’un que je pourrai aimer aussi profondément mais qui ne me fera pas subir, qui me permettra dans nos désaccords de comprendre mes propres erreurs et d évoluer avec lui… Et vice versa…

      A force d erreur je me suis condamnée à ne plus être avec un homme que je puisse vraiment désirer, de peur de devenir sa chose ou même de devoir le quitter et de m’ obliger a « ne plus l’ aimer » pour pouvoir redevenir moi.
      Cependant j’ai fait des tentatives infructueuses… Espérant a chaque fois avoir trouvé la perle… Mais non…
      Ma situation professionnelle et financiere ayant été fort difficile, je préférai d’ ailleurs trouver une personne de bonne amitié a qui m’accrocher que personne ou pire un homme qui me passionnerai mais qui dans les faits me ferait tomber plus bas en me lâchant que d etre seule pour affronter et faire affronter avec moins de duretés mes difficultés à moi et mes enfants.

      Le fait d’avoir commencé ma vie amoureuse et ma vie familiale avec un PA egocentrique, d en avoir eu 2 enfants et d avoir ressenti l’ injustice qui en découlait m’ a beaucoup marqué. Pourquoi mais pourquoi me suis je souvent dit?
      Pourquoi je ne méritais pas, pour eux un papa attentif à leur besoin et pour moi un compere a défaut d un compagnon qui m aurait aide et soutenue dans cette tâche.

      Moi qui ai perdu mon papa a 11 ans qui étais l’ ainée sur 3 enfants, qui ai vue sa propre maman se perdre et etre « la fille » au lieu de la mère. J’ai appris à être une mère, une adulte avant d’être moi et je ne voulais pas toutes ses difficultés pour mes enfants. Je voulais qu’ eux aient a la fois ce que j’ai eu quand min père était là mais aussi ce que j’ aurais dû avoir s il n’ était pas mort.
      Et non mes enfants ont un père qui ne s intéresse pas à. L idée de leur permettre de faire des activités ou de les cultiver.
      Il se fiche de savoir comment j’ y arrive et quand bien même si j y arrive c’est que j’ai sans doute plus que lui et qu’ il est alors normal de ne plus payer de pension.
      Quand ils étaient petit entre autres de ce que j’ai déjà exprimé si je lui demandais de les faire travailler leur devoir de vacances ou autre quioi que je dise ou fasse c était mal venue, voire illégitime pour lui.
      Pourtant je ne demandais que pour pouvoir donner un maximum à mes enfants…
      J’ai appris à faire sans lui.
      Puis est arrivé la nouvelle femme etcetc

      Bref…
      Pour en revenir à mon ressenti.pourquoi ai je donc choisi ce genre d homme?

      Car avec le temps je me suis bien rendu compte de mes valeurs et capacités et pourtant, a l intérieur de moi il existe toujours cette culpabilité d’ avoir voulu donner des possibilités a mes enfants et un peu pour moi quand même aussi qui m’a valu d’ être pourtant jamais considere ni mes enfants par leur propre père…

      J’ ai de la haine pour lui a l’ intérieur, je n’ arrive pas à tout pardonner comme vous dites avoir réussi Nadia.
      Pour moi cet homme est une M….. Dont il vaut mieux s éloigner.

      Et c’est dans cet élan que j’ai essayé depuis 11 ans de trouver mieux toujours mieux que lui sans y arriver.
      Quelques fois pires, quelques fois identiques.
      J’ai eu ce sentiment de grande solitude quelques fois.

      Et aujourd’hui je me pose cette question étrange. Mais qu’ est ce qu aimer dans le respect de chacun?
      Si par nature j’ai tendance à désirer des hommes à l’ ego problématique je suis condamnée à ne plus jamais avoir la possibilité d aimer er de désirer un homme qui le mérite..

      J’ai accepté comme vous de ne plus donner trop de chance a un déviant.
      Mais cela condamne à la solitude et ou a être un père et une mère a soi seule y compris financièrement parlant, y compris dans les difficultés et c’est pour moi bien triste ce constat.
      Car on devrait pouvoir être heureux a deux ne serait ce que pour l apport de nos différences, l écoute, la parole la communication et le partage y compris sexuel ..
      La sensualité est si belle quand on désire et que l’on peut vraiment la partager.
      Les PA empêchent l’ épanouissement jusque là où cela devrait être libérateur.

      Ce que j’ écrit et je l espère pas trop décousu er que vous comprendrez , Véronique, Nadia et les autres ou je voulais en venir.
      Merci en tout cas de nous permettre ce partage.

      Vi.

      1. Bonjour Vi,

        Votre question : « Pourquoi sont ce les égocentriques, les PA, les manipulateurs qui m’attirent? Quel est le lien entre eux et moi? » est vraiment au coeur du problème…
        Bien qu’il soit difficile de donner la raison (ou les raisons) exactes, on peut donner des réponses qui sont valables de manière générale pour la plupart des personnes qui présentent le même type de processus récurrent.

        – 1) Une croyance profonde qu’on ne mérite pas d’être aimé(e) tel(le) que l’on est et/ou une croyance profonde qu’il faut donner beaucoup pour être aimé(e) (sinon, on est le mauvais, la mauvaise).
        Vous racontez votre histoire d’enfance et la perte de votre père à 11 ans. Inconsciemment, les enfants pensent souvent que le décès prématuré d’un parent est de leur faute, qu’ils ont été méchants. Ou que le parent décédé ne les aimait pas suffisamment pour rester auprès d’eux. Cela a pu (même si ce n’est pas conscient) créer en vous une croyance du genre : « Je ne suis pas assez bien pour être aimée telle que je suis ».
        D’autre part, votre mère qui a pris le rôle de la fille (vous faisant alors endosser le rôle de mère) a pu créer une blessure de type « abus » car un enfant parentalisé est souvent porteur de la blessure d’abus (pas l’abus sexuel mais l’abus de type : « je ne peux pas être un enfant, on ne me sécurise pas, on ne me prend pas en charge, je dois prendre le parent en charge ».
        Cela a peut-être créé en vous la croyance que, dans la relation de couple, vous devez continuer à remplir ce rôle de prendre l’autre en charge et que c’est vous qui êtes responsable de son bonheur. Et qu’en plus, ce que vous êtes/faites n’est pas suffisant, n’est pas assez bien… D’où l’énorme facilité pour un PA de vous culpabiliser.
        Les personnes porteuses de la blessure d’abus sont des « aimants » à manipulateurs…

        -2) Pourquoi est-on attiré(e) par ce genre de personnalités dysfonctionnelles : pour réparer nos blessures. Si vous lisez les articles « Votre choix amoureux se fait-il vraiment par hasard ? » et « Pourquoi votre couple réveille-t-il vos blessures ? », vous verrez que j’y décris comment nous cherchons toujours le ou la partenaire qui est le plus susceptible de rejouer le rôle de celui/celle qui nous a blessé(e) dans l’espoir de modifier le scénario, de transformer l’histoire et d’aboutir enfin à une fin différente. Au départ, nous ne « vibrons » que pour ceux qui ont cette potentialité de réveiller nos blessures (les autres ne nous attirent pas) et je pense que c’est justement pour nous aider à voir nos croyances, à comprendre quel travail faire sur nous-mêmes.
        Ce n’est qu’en transformant nos croyances (et donc en guérissant nos blessures nous-mêmes) que nous parvenons à attirer d’autres types de personnes dans notre vie (et surtout que nous réussissons à les voir, à vibrer pour ces personnes-là).

        J’espère avoir pu vous éclairer un peu…
        Et que cela vous aidera à faire ce travail sur vous-même…
        Afin de parvenir un jour à « pardonner ».
        Amicalement,

        Véronique.

    2. Bonjour Nadia,

      Merci infiniment pour votre magnifique témoignage !
      Le pardon est sans doute un cadeau que l’on se fait à soi-même bien plus qu’à l’autre puisqu’il nous permet à nous de vivre en paix, sans la colère et la rancune.
      Et c’est un processus intérieur qui n’a en effet pas besoin d’être communiqué à l’autre, une « affaire » de soi à soi.
      Comme vous l’écrivez si justement, ce genre de relation toxique nous permet de voir quelles sont les croyances qui nous ont amené(e)s à entrer dans le dysfonctionnement relationnel. Et découvrir nos croyances erronées est à l’origine de magnifiques transformations.
      Comme vous l’écrivez très justement aussi, c’est long chemin que de réussir à atteindre ce pardon… Je crois d’ailleurs que c’est d’autant plus difficile quand il y a des enfants car on est alors obligé(e) de garder le contact avec l’autre et que l’on est régulièrement re-confronté(e) à ses dysfonctionnements (dont on voit nos enfants être victimes et que l’on s’efforce de compenser tout ce que l’autre ne fait pas, ne donne pas…)
      Dans « Femmes qui courent avec les loups », Clarissa Pinkola Estes parle du pardon d’une manière que j’aime beaucoup.
      Elle dit qu’il n’est pas obligatoire que ce pardon soit immédiat ni total… Que l’on peut dire : « Je pardonne ceci mais pas cela » ou « Je pardonnerai un jour ».
      L’intention de pardonner un jour est déjà une intention honorable qui nous aide à ne pas ressasser la colère.
      Merci encore d’avoir apporté vos conseils sages et judicieux !
      Passez de merveilleuses vacances !
      Véronique.

  22. Bonjour,

    Merci infiniment pour votre analyse, décrivant avec une réalité déconcertante la personnalité de mon ex-mari Philippe (j’écris intentionnellement son prénom car vivre avec une telle personnalité est une violence morale mais peu connue et reconnue) avec qui j’ai vécu 14 ans avant de comprendre.
    Il avait réussi à me faire croire que tout était de ma faute, m’ayant épuisée de toutes mes ressources. Ayant compris son dysfonctionnement je sais aujourd’hui comment interagir avec lui, lui qui pense encore qu’il n’a rien fait.
    Séparée depuis 5 ans, divorcée depuis 6 mois. Nous avons 4 enfants que je laisse libre de voir leur père quand ils le désirent et donne à
    Mon ex-mari la liberté de venir quand bon lui semble.
    Bien que me sentant libérée de cette prison emotionelle et heureuse aujourd’hui, ce n’est pas evident de devoir toujours avoir contact avec lui car même le minimum est toujours déformé. Il continue évidement en arrière plan de me dénigrer auprès de nos enfants pour ce faire passer pour la victime mais mes 3 plus grand enfants le voient déjà..
    J’ai gardé depuis la séparation (5 ans) toutes les preuves de contact (messages) et s’il le faut je saurai prouver le pourquoi du comment…

    Une pathologie qui mérite vraiment d’être plus connue car si subtile et invisible aux yeux des autres, ils avait réussi à duper tout le monde même nos amis proches en me faisant passer pour la méchante…

    Lylo

    1. Bonjour Loeb Lynn,

      Effectivement, c’est important de parler de cette pathologie relationnelle qui est trop peu connue…
      Je comprends parfaitement que cela reste difficile de continuer à être en contact avec votre ex-mari, d’autant plus que, comme vous l’écrivez, tout ce qu’il peut utiliser pour continuer à entretenir son scénario sera utilisé.
      Honnêtement, j’aurais envie de vous conseiller de commencer à mettre quelques limites à ses allées et venues chez vous… Le fait qu’il soit le père des enfants lui donne déjà beaucoup de pouvoir sur vous et si il est libre de venir quand bon lui semble, cela continue à lui donner un rôle important dans votre vie… J’imagine que, de votre côté, vous n’allez pas chez lui quand bon vous semble… Pourquoi pourrait-il venir chez vous quand il le souhaite ?
      D’une part, toutes les informations sur vous qu’il peut glaner au cours de ces visites pourraient lui servir en cas de conflit de garde ou financier… et il ne manquera pas de s’en servir au cas où il se sentirait « menacé »… Et, d’autre part, cela signifie que vous n’avez pas la liberté de vivre comme vous le souhaitez, sans devoir tenir compte de lui…
      La spécialité des passifs-agressifs est aussi de maintenir la relation, quelle que soit sa forme, même après un divorce : bien oui, il a besoin de pouvoir continuer à se plaindre de la mauvaise mère de substitution que vous êtes à ses yeux… Et il a également besoin de continuer à garder un pouvoir (passif mais bien réel).
      Avec un Passif-Agressif, la séparation doit donc se faire en plusieurs étapes, en décidant à chaque étape quelle partie de son pouvoir sur vous vous souhaitez supprimer.
      Ici, c’est une partie de son pouvoir sur votre temps, votre disponibilité, votre organisation personnelle que vous pourriez commencer à limiter…
      Alors, puisque vos enfants commencent à comprendre, c’est sans doute le bon moment pour re-cadrer ses visites (en fixant les jours et les heures).
      Bon courage !
      Véronique.

      1. Merci d’avoir répondu à mon commentaire_• tout ce que vous dites est si criant de vérité… Merci

  23. Bonjour Lylo,
    Je voudrais savoir comment votre ex mari se comporte avec les enfants ? Est il responsable, impliqué ? Y’a t’il un lien d’affection entre eux ?
    Cordialement

    1. Bonjour Emilie,

      J’ignore si Lylo a vu votre commentaire… J’espère que vous aurez une réponse bientôt.
      Bien à vous,
      Véronique.

  24. Bonsoir Émilie,

    Étant un grand enfant blessé qui l’ignore, tout ce qui touche aux émotions, il ne peut et ne sait hélas le gérer.
    Est-il ‘responsable impliqué’ ? Si cela était le cas il comprendrait je pense que la meilleure façon de faire lors d’un divorce est de continuer de collaborer ensemble pour le bien des enfants mais cela ne peut ce faire. Au contraire il agit en allant à contresens car ce considérant toujours et encore comme une victime. Il aime ses enfants mais son amour est conditionné ..

    Je vous souhaite une belle nuit

    Lylo

    1. S’occuper des enfants demande à ce que les adultes soient capables de s’oublier eux-mêmes (au moins momentanément et partiellement) le PA ne sait pas s’oublier il doit être au centre et les enfants le dérangent quand ils nécessitent qu’il fasse passer leurs besoins avant les siens.

      1. Merci Lylo pour vos réponses à Loeb Lynn…
        Vous avez complètement raison…
        Le PA est très narcissique et il doit effectivement être au centre…
        Ses enfants l’intéressent quand ils comblent un de ses besoins à lui (besoin d’affection, de présence, ou même pour redorer son image de « bon père » à ses yeux ou aux yeux du monde extérieur).
        Mais si les besoins de ses enfants sont en contradiction avec les siens, il les minimise, les nie, les ignore.
        Comme dans toutes ses relations, les autres (même ses enfants) sont des « objets de satisfaction » et non pas des personnes ayant des besoins propres, une personnalité propre, une opinion propre.
        Quand les enfants sont petits, ce sont même comme des petits animaux qu’il faut rendre obéissants afin qu’ils se conforment à sa manière de vivre à lui (le PA n’adapte pas sa vie à ses enfants, ce sont ses enfants qui doivent s’adapter à sa vie à lui).
        Voilà pour compléter votre réponse judicieuse et lucide.
        Véronique.

        1. Lylo c’est moi Loeb Lynn ( je n’ai pas fais attention car c’est ma signature hihi) bien à vous

          1. Mille excuses 😉 Comme ce sont deux pseudos différents, je n’avais pas vu que c’était la même adresse mail et donc la même personne 😉

  25. Voila un an que je me suis donnée a lui, par amour, par passion par désir parce qu’il me donnait cette impression de grandeur, de vie, de sens de rêve de perfection…
    Et en même temps voilà bientôt 1 an que je l’ai quitté!
    Pourquoi?
    Possessivité, égocentrisme, victimisation déresponsabilisation.
    Je m’ explique il vous aime, vous apporte tout, ou decide en tout cas de ce qu’il vous apporte et au début c’est TOUT.
    Et tout sans rien lui demander.
    Et le jour ou cou commencez a demander.
    Vous devenez a ses yeux la manipulatrice, la méchante, la coupable et il cou le fait sentir et essaie de tout faire pour vous culpabiliser en retournant tout contre vous. .
    Il vous connait mieux que vous même a ses dires il sait ce qui est bon pour vous. Il est totalement la pour vous a ses dires.
    Et un jour il ne cou comprend pas, vous lui exprimez, mais non c’est vous qui êtes a coté de la plaque.
    Lui il a tout compris .
    C’est vous qui avez changé et cou voulez le manipuler.
    Il vous sort j’ai tout fait pour toi.
    Je n’ai rien à me reprocher ou tu ne me rends pas ce que j’ai fais pour toi (sous entendu si tu ne vas pas dans mon sens)

    Alors ne pouvant exister. Avoir une existence qui m est propre, je l’ai quitté bien que j’avais l’impression d’être pleinement amoureuse. Mais pas au point qu’il m’ empêche d exister sous prétexte qu’ en demandant pour moi quelque chose c’est lui qui soi disant ne veut rien et veut tout donner en devient une victime qu on empêche d exister….

    Bref a ses dires c’est moi qui veut profiter de lui .
    Et pourtant en 1 an il m a recontacte 4 fois
    A chaque fois d abord en amoureux puis en m accusant des que je n adherais pas a son désir. Et en me raccrochant au nez pour me rappeler derrière et m expliquer que c’est la seule manière de pouvoir me parler car je suis a ses dires irrespectueuse de lui etc etc ..
    A chaque fois j’ en finis par lui demander de me laisser et a chaque fois il me raccroche au nez.

    Et bien encore une fois pour mon anniversaire il s est manifeste.

    Je pense toujours à lui a cette impression d idéal qu’ il m’a laissé dans le Coeur et en même temps cette déception de devoir etre sa chose pour vivre cet amour qui m’a beaucoup blessé.

    J’ai effacé son message et fait la morte.
    Mais j’ y pense quand même alors c’est auprès de vous que je m exprime.

    Depuis lui pourtant je n’ arrive plus à aimer.
    Je sais que j’ai bien fait mais ce qu’il a laissé en moi est long a partir….

    Bien a vous
    Vi.

    1. Bonjour Vi,

      Il est très difficile de se reconstruire après une relation avec un homme aussi psychologiquement dérangé… et je comprends donc que vous continuiez à penser à tout cela. Surtout s’il continue à se manifester (et donc à vous persécuter).
      Il est important de continuer à bien ouvrir les yeux sur ce passé car quand vous écrivez que vous pensez encore à cette impression d’idéal qu’il vous a laissée dans le coeur.
      Cet idéal était une illusion construite de toute pièce pour vous mettre sous son emprise et en aucun cas il ne s’agissait d’amour.
      Le véritable amour est à l’écoute de l’autre et ne lui impose pas, ni ce qu’il choisit de donner, ni aucune reconnaissance pour ce qui est donné.
      Vous avez été la victime d’une personne qui n’est pas dans l’amour mais dans la tyrannie…
      Soyez fière d’avoir mis à fin à cette relation pathologique, cela prouve votre force et votre sagesse. Et donnez vous le temps nécessaire pour être à nouveau capable d’aimer.
      Bon courage !
      Véronique.

  26. Bonjour,
    Je lis toujours vos commentaires et même si je n’ai pas répondu a Tiphaout sur le moment , parce j’ai voulu prendre mes distances pour y reflechir, je tiens a lui dire que son message m’a touchée.
    Particulièrement quand elle dit « Peut-être que je me trompe mais il me semble qu’il essaiera de tout faire pour vous retenir quitte à reconnaître une partie de ses torts s’il pense pouvoir vous retenir mais cela n’impliquera pas de modification dans son comportement et il continuera même s’il reconnaît ses torts à agir de la même manière. »
    A ce sujet , j’aimerais connaitre l’avis de Véronique. Et puis lui dire que j’attends avec beaucoup d’intérêt l’article sur vivre en couple avec un passif agressif.
    Le dernier message de Vi me touche aussi , passer a autre chose, continuer sa route et ne plus se retourner , voilà des motivations pas toujours faciles a assumer. Mais quand on sais pourquoi on le fait , alors la fuite , oui , deviens sans doute libération.
    Enfin, facile a dire , dans mon cas , je n’ai pas encore fui.
    Nous avons rencontré un homme qui se dit shaman et qui a vu chez lui un enfant , pas un adulte , « castré » par son père (dans le sens ou il n’a pas pu devenir adulte) . En ce qui concerne les enfants , il dit que les hommes n’ont , pendant des generations ,pris aucune part a l’éducation des bambins , juste vaguement une fois l’enfant un peu « intéressant » , donc c’est un peu normal qu’il ne supporte pas leurs cris et s’ennerve sur eux , parce qu’il s’agit de son bagage genetique… Bien sur , je suis un peu dubitative. Mais enfin , ce mec a quand même tapé juste. Alors qu’on lui a peu parlé avant. En tout cas , niveau guérison , rien de neuf , toujours pareil. Enfin, sachant que cet homme a été infirmier psy , je crois qu’il arrive au moins a cerner les gens en peu de phrases.
    Mais çà a au moins le mérite de le faire réfléchir. Selon mon compagnon, son père avait de bonnes idées mais de mauvais réflexes. Son frère pense qu’il avait de bonnes idées mais une mauvaise nature (méchant). Et en fait ,il n’a jamais considéré que son père l’a tyrannisé , alors que pour ses frères et sœurs , c’est une évidence. Et puis il dit avoir eu une enfance heureuse , le shaman dit que lui vois que c’est le contraire.
    Donc je relis encore cet article et je dois bien avouer que plus le temps passe , plus je valide les cases du tableau par des exemples concrets. Le shaman devait remplacer la thérapie car comme le psy est « de la société « , il ne voulais pas trop être jugé par lui. Donc a la prochaine grosse crise , je remettrai çà sur le tapis.
    Sinon , et bien je continuerai ma route sans me retourner.. Facile a dire hein ?
    Cordialement

    1. Bonjour Emilie,

      Vous faites bien de prendre le temps de réfléchir, à votre aise en vous posant… de manière à ce que ce soit une réflexion qui ne soit pas trop encombrée par les émotions…
      Je partage l’avis de Tiphaout quant au fait que le PA reconnaît ses torts si c’est nécessaire pour retenir l’autre… Je nuancerais en disant que s’il peut modifier son comportement sur des points précis parce que vous lui donnez exactement les indications de ce que vous souhaitez, malheureusement, son narcissisme se marquera dans d’autres points du quotidien. par exemple, si vous insistez sur le fait qu’il est indispensable à vos yeux qu’il donne le bain aux enfants, et s’il sent que sur c’est un point qui pourrait vous faire partir, il le fera, souvent en maugréant, espérant alors presque recevoir une médaille… Mais il restera tout aussi aveugle et sourd sur d’autres points sur lesquels vous n’aurez rien demandé et, par exemple, ne pensera absolument pas à vous proposer de les emmener au parc. Il ne faut pas oublier que le narcissique n’est pas capable de « deviner » ce qui ferait plaisir à l’autre, il est trop occupé à penser à ses propres besoins et à se défendre contre le risque que l’autre le domine. Donc, il risque de ne jamais y avoir de spontanéité dans le fait de faire des choses de lui-même, pour vous faire plaisir. Et vous devrez tout demander (tout en étant traitée de « méchante exigeante »).

      Pour le shaman, je suis assez ouverte ayant pratiqué moi-même le chamanisme et je pense que cet homme a en effet pu percevoir des choses justes. Par contre, je suis un peu réticente quant à l’argument du bagage culturel (et génétique ???) sur les pères et leurs enfants.
      Tout thérapeute (même shaman) est aussi influencé par ses propres filtres et s’il y a des choses que l’on perçoit dans l’énergie des gens, il y a aussi des interprétations qui proviennent de nos croyances en tant qu’être humain, de notre analyse intellectuelle.
      C’est vrai que c’est assez récent que les hommes s’occupent de leurs enfants mais ce n’est pas une raison pour que les choses ne changent pas… Sinon, nous serions toujours dans des cavernes… L’être humain ne cesse d’évoluer et justifier l’énervement et le manque de patience d’un homme par un bagage génétique me semble présenter le risque qu’alors, il ne cherche pas à changer.
      J’en parierais même que votre passif-agressif retienne surtout cela de la séance pour vous dire un jour « Le shaman a dit que c’était normal que je m’énerve sur les enfants » afin de se justifier et de ne pas changer. Les PA retiennent toujours ce qui les arrange mais pas ce qui les remet en cause… Observez ce qu’il retient vraiment de cette séance…

      Il est très difficile de poursuivre sa route (surtout quand il y a des enfants)… Car je crois que, quand cela marche sur nous, c’est que nous avons des fragilités qui font que le système fonctionne… Quelque part en vous, il y a sans doute des croyances sur vous-même qui sont réveillées par ce que lui dit de vous… La manière dont il vous juge est sans doute en miroir de choses que vous-même pensez de vous et c’est là-dessus que tout le système repose.
      Pour pouvoir partir, il vous faudra sans doute faire ce travail sur vous de voir quelles sont ces fausses croyances sur vous qu’il vient confirmer et qui vous attachent…
      Par exemple (car je sais que cela paraît un peu abstrait) : si un PA reproche à sa compagne d’être trop dépensière pour les enfants et que quelque part, au fond d’elle-même elle pense d’elle-même qu’elle gère mal l’argent, elle va adhérer à ce que le PA dit d’elle et, s’il y a des dépenses à faire, elle se sentira coupable et préférera tout payer elle-même plutôt que d’entendre encore qu’elle est dépensière en demandant qu’il en paie sa part. Se disant qu’elle ne serait pas correcte de lui faire porter à lui le poids de sa mauvaise gestion de l’argent.

      Là, il faut alors un travail sur ses croyances sur soi et l’aide d’un professionnel qui lui montrera quelle est est dans la « norme » lui permettra alors de voir que cette croyance est fausse.
      On peut aussi s’aider en demandant aux autres comment ils font (par exemple à des amies en leur demandant combien elles dépensent par mois pour ceci ou cela…)

      Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres mais c’est pour vous montrer comment le PA parvient à faire adhérer l’autre à ses croyances (paranoïaques) à lui. Et c’est par cela que l’autre continue à être lié.

      Continuez à vous poser des question, à réfléchir… et, surtout, à dénicher vos fausses croyances sur vous.

      Bien à vous,

      Véronique.

      PS L’article sur le couple avec un PA est en cogitation 😉

  27. Bonjour,
    j’ai pu lire de nombreux commentaires de victimes d’un(e) passif-agressif. Alors moi je pense être une passive agressive ou au moins m’en rapprocher.
    Je suis avec mon conjoint depuis 2 ans maintenant, il était vmt adorable quand je l’ai rencontré. Makheuresement j’étais distante à l’époque . J’ai toujours eu du mal à me défaire des nombreuses crasses que j’ai vécu. J’ai beaucoup de ressentiment, j’ai très peu confiance en moi même et j’ai très souvent peur que les gens soient malveillants ou moqueurs envers moi. Je me suis autocensure ces dernières années. Je ne disais pas à mon conjoint ce qui me tracassait, j’étais distante avec lui, dans ma bulle comme il me disait. Il me le reprochait et je lui en voulait. Jusqu’au jour ou je l’ai vraiment blessé, de façon intentionnelle et sournoise. Je me justifiais interieurement par le fait que lui me faisait sentir mal. Ça l’a détruit, tout simplement. J’ai vraiment regretté et me suis rendue compte au fur et a mesure que je n’arrivais même pas à lui parler, m’expliquer , me faire pardonner parce que j’ai commencé en lui mentant , en lui disant que c’était dans sa tête , et changé de versions sans arret .forcément il ne m’a plus cru. Je ne dis plus rien, j’ai tendance à fuir les conflits. Par mon silence il réagit de façon violente. Je le vois clairement comme le dominateur dans le couple et ça me mine. L’entendre rire au téléphone me fait mal car ensemble on ne rit pas autant. Il me dit que je le calme, que je suis froide. Ce doit sûrement être vrai. Je suis encore jeune, 25, mais j’ai l’impression que ce comportement est la depuis un moment. J’ai accumulé de l’amertume , et ce depuis mes 15 ans ( envers ces camarades qui se moquaient de moi, envers cet homme qui a tenté de me violer , envers ma mère qui m’a autant denigree et rabaissee, envers la vie qui 2 fois m’a enlevé un être cher). La thérapie me semble bien coûteuse mais pensez vous que cela se soigne? Vais je toujours faire souffrir les gens que j’aime?est ce un provleme mental comme certains semblent dire? Je veux quitter mon conjoint, je veux qu’il se reconstruise, et je dois me rendre meilleure, me debarasser de cette incapacité à dire, faire ce qui me plait . Je veux m’en sortir. J’ai peur de finir aigrie de la vie . Desolee du pavé.

    1. Bonjour Mélania et merci beaucoup d’avoir laissé votre commentaire,

      Tout d’abord, je tiens à vous dire que c’est excessivement rare qu’une personne présentant le trouble passif-agressif en ait conscience et c’est donc très positif que vous puissiez voir cela en vous…
      Car cette prise de conscience est le premier pas indispensable pour pouvoir changer.
      Car, oui,il est possible de changer !
      Mis je crois qu’effectivement, on ne peut pas faire cela tout(e) seul(e) et que la thérapie est vraiment nécessaire. Alors, bien entendu, cela représente une certaine somme d’argent… Mais qu’est-ce que cela représente à côté d’une vie entière de souffrances relationnelles ?
      Vous n’avez que 25 ans et vous avez la chance de voir vos difficultés très tôt… Alors investissez en vous… Cela vaut vraiment la peine.
      Car pour pouvoir changer, vous avez besoin d’aller guérir ces blessures du passé qui provoquent votre amertume et vous empêchent de vous ouvrir à l’amour, d’en donner et d’en recevoir.
      Si on ne panse pas ses blessures, ce sont elles qui continuent à avoir le pouvoir sur notre vie. Alors, nos blessures nous blessent de multiples fois puisqu’elle nous poussent à reproduire des schémas douloureux.
      Guérir de ses blessures pour ne plus en être victime et reprendre son propre pouvoir est une étape qui me semble indispensable pour avancer et créer la vie que l’on désire.
      Il est important aussi, quand on est passif-agressif, d’apprendre à exprimer ses émotions de manière positive (via la communication non violente, par exemple) plutôt que de faire «payer» insidieusement à l’autre les souffrances que l’on cache.
      Il y a déjà un article que vous pouvez aller lire qui donne de bons conseils aux personnes passives-agressives…
      Je ne suis pas spécialement fan des sites à tendance religieuse mais cet article me semble judicieux malgré la connotation de religion (qu’il faut laisser de côté).
      Il n’y a presque pas d’articles qui proposent d’aider les passifs-agressifs et celui-ci a le mérite de proposer des pistes judicieuses.
      http://www.croixsens.net/colere/agressivite-passive.php
      Pour terminer, j’ai envie de vous demander si vous êtes certaine qu’il est nécessaire que vous quittiez votre compagnon… Est-c parce que vous ne l’aimez plus que vous désirez le faire ou uniquement parce que vous pensez que c’est mieux pour lui ? Si c’est ce deuxième cas, peut-être a-t-il le droit de choisir ce qu’il préfère… Peut-être mérite-t-il aussi de «bénéficier» de votre transformation… Il vous est peut-être possible d’entamer cette transformation en restant avec lui…
      Bravo pour votre lucidité et bon courage pour sortir de ce dysfonctionnement douloureux !

  28. Bonjour,

    Je suis en couple depuis 7 ans, et actuellement en pleine impasse : nous nous aimons mais nous sommes lasse de nos crises destructrices (la 1ere ayant eut lieu il y a 3 ans) et nous nous demandons si nous devons rester ensemble ou pas…

    Au vu du comportement parfois immature de mon ami et de sa fuite constante, je pensais qu’il avait peur de l’engagement mais via des recherches sur internet et je suis tombée sur la description des personnalités « Passif agressif » et je l’ai partiellement reconnu…

    A lire tous les articles sur le sujet, je crois comprendre qu’il est vraiment difficile de vivre avec un PA et destructeur pour les 2 personnes s’aimant, et cela me désespère. Je me dis que main dans la main nous sortirons plus fort de cette crise, mais son comportement me fait parfois perdre tout espoir…

    J’aime mon conjoint, je souhaitais qu’on fasse une thérapie commune, mais il refuse catégoriquement, j’entame par contre une thérapie car je pense que je souffre de manque de confiance en moi et de peur de l’abandon. Vivre avec un PA qui ne sait pas me rassurer et qui ne semble pas faire l’effort ou plutôt qui ne le fait pas d’express de ne pas arriver à me rassurer, qui ne sent pas compte de son manque de bienveillance… me parait vraiment difficilement tenable…
    et je ne comprends pas pourquoi je devrais être la seule à me remettre en cause, à faire un travail sur moi, pour sauver notre couple, j’ai la trentaine passée, je souhaite fonder un foyer, mais s’il ne souhaite pas faire l’effort de se prendre en charge pour évoluer, je trouve cela compliqué à envisager avec lui…nous nous aimons encore et l’idée de le quitter et qu’il reste triste et isolé me fait affreusement souffrir…car au delà du fait qu’il soit un PA c’est un homme avec qui j’ai plaisir d’être et avec qui depuis 7 ans j’imaginais construire ma vie…

    Le PA est-il donc condamné à vivre seul ? et à répéter les mêmes erreurs ?

    La personne aimant un PA est-elle condamnée à façonner sa façon d’être pour ne pas déclencher des crises ?

    Je souhaiterai vivre un amour « facile », ou l’autre ne prend pas tous les reproches pour des interdictions ou des jugements…ou le dialogue serait dans les bons comme les moments plus difficiles possible…..et ne pas à avoir à tout remettre en question dès que nous ne sommes pas d’accord….

    1. Bonjour Violette,

      Il est effectivement difficile de vivre avec un passif-agressif et il est certainement important de vérifier si votre ami présente ce trouble psychologique.
      Vous dites que vous l’avez reconnu partiellement donc je vous conseille de continuer à creuser le sujet pour avoir la certitude que c’est bien le cas.
      Le week-end prochain, je publierai le deuxième article sur le sujet (« En couple avec un passif-agressif) où vous trouverez des éléments supplémentaires (dont l’analyse des répercussions sur la partenaire) et cela pourra vous aider à confirmer (ou non) la problématique de passif-agressif.
      Il existe évidemment différents degrés et aussi, il faut savoir que les comportements extrêmes sont plus présents lorsque le couple est « en crise » et quand tout cela dure depuis longtemps à tel point que l’autre finit par réagir tellement fort que cela « braque » le passif-agressif dans ses modes de fonctionnement d’opposition.
      Donc, si votre situation n’est pas encore à ce point, il est possible que vous ne reconnaissiez pas tous les comportements (car la situation ne les occasionne pas encore).

      Ceci dit, la seule solution pour en sortir est de faire une thérapie car tant que le passif-agressif ne comprend pas que son fonctionnement est contre-productif et qu’il n’a pas découvert les causes profondes de ce fonctionnement, rien ne change vraiment. Et la seule solution est alors, en effet, que la partenaire s’adapte complètement (vous pourrez lire cela dans le prochain article).

      Pour ma part, je pense comme vous : ce n’est pas « juste » que vous soyez la seule à vous remettre en cause et à faire un travail sur vous… Mais si votre ami refuse une thérapie, vous êtes un peu bloquée.

      Les passifs-agressifs ne sont pas condamnés à rester seuls, rassurez-vous, ils ne le restent d’ailleurs pas… Il y a toujours une femme prête à essayer de les rendre heureux, touchée par le côté petit garçon victime… Et qui parviennent à accepter (au moins momentanément) d’endosser le rôle de la « mère patiente et tolérante, qui prend des gants pour chaque détail…. »

      Donc, si votre crainte est que votre ami reste isolé et soit condamné à souffrir pour toujours si vous le quittez : rassurez-vous, ce ne sera pas le cas.

      Par contre, votre question me fait me poser la question : n’auriez-vous pas une légère tendance à endosser le rôle de la Sauveuse ? (car vous parlez de sa souffrance à lui mais pas de la vôtre en cas de rupture… c’est interpelant).

      Quoi qu’il en soit, vous avez raison d’entamer une thérapie pour vous-même…
      Cela vous permettra de découvrir ce qui, en vous, est à travailler pour avancer vers une relation épanouissante (avec lui ou avec quelqu’un d’autre).

      Bien à vous,

      Véronique.

  29. Violette, vous avez la lucidité de voir au bout de 7 ans de vie commune que vous ne recevez pas grand chose de cet homme à qui vous donnez tout ce que vous pouvez. Mais vous l’aimez. Je ne comprends pas moi-même comment je peux encore éprouver de la tendresse pour mon mari et ressentir une immense tristesse à envisager de le quitter. Les 20 années que j’ai passées auprès de cet homme n’ont été que sentiment de solitude et désarroi. Sans cesse, pour chaque détail du quotidien j’ai dû faire face à une opposition larvée, une hostilité masquée permanente qui me rendait folle. Il a passé son temps à se mettre tout mon entourage dans la poche pour que tout le monde le trouve super et à ne me donner à la maison que froideur, silence, bougonnerie et mauvaise humeur. Aujourd’hui j’ai une grave maladie chronique et des lombalgies qui me font atrocement souffrir sans qu’il s’en préoccupe. Au contraire, il se victimise lui-même en disant « je dois me taper ça! ». Il s’apitoie constamment sur son sort. Ma raison me dit de le quitter d’urgence, mais quand j’évoque cette éventualité, il me regarde avec ses beaux grands yeux tristes, me supplie de rester et, oh miracle, me fait des compliments!. Alors, bêtement, je m’entends commencer à me raisonner en me disant que je suis trop exigeante, que c’est moi qui dysfonctionne et que je pourrais très bien continuer la relation si j’étais plus gentille avec lui. Vingt ans Violette que j’avance ainsi, cahin caha, dans ce piège. Sans bonheur, sans l’amour et la bienveillance d’un compagnon digne de ce nom. J’espère que vous pourrez trouver le soutien qui m’a manqué et agir pour vous, en vous respectant plus que je ne l’ai fait.

  30. Bonjour Véronique,
    merci pour votre article limpide et détaillée. C’est en discutant il y a deux semaines avec une amie que j’ai entendu pour la première fois parler du « passif agressif ». Nous échangions sur nos relations de couple et elle-même avait découvert que son mari avait des traits de personnalité du passif agressif et les points communs avec ce que je vivais lui ont sauté aux yeux. Du coup, j’ai lu quelques articles à ce sujet sur internet et la lumière s’est faite… Ce fut une évidence, une révélation ! Ce que je mettais sur le compte de blessures narcissiques, remontant à l’enfance et au divorce de mon compagnon, a été éclairé par ces lectures. Après quatre années d’une relation houleuse, une énième alcoolisation de sa part et une discussion tendue, je l’ai quitté hier soir. Je me réveille ce matin et je me demande si j’aurai la force de ne pas retomber dans ses bras, c’est pourquoi j’ai cherché à me conforter dans ma décision en consultant d’autres articles sur le sujet et je suis tombée sur le vôtre. C’est douloureux de voir à quel point je retrouve des traits de mon compagnon, mais aussi à quel point, il a pu « déteindre » sur moi. Notre histoire a commencé quand je me suis séparée du père de mes enfants après 15 ans d’une relation qui m’a en partie détruite à force de vouloir la sauver ; j’étais sous l’emprise d’un manipulateur. Au début, nous nous sommes soutenus mutuellement, car lui aussi venait d’être quitté par sa femme après 20 ans de mariage. Les choses se passaient très mal pour lui comme pour moi avec nos ex (le mien me harcelait), donc nous avons trouvé du réconfort pour tenir dans l’adversité. Tout est allé très vite alors même que je voulais prendre mon temps. Quand les premières discordances sont apparues, je n’ai pas voulu admettre que peut-être je m’étais encore trompée. Plus la relation avançait, plus les failles apparaissaient et plus je me remettais en question. Tantôt je tentais le dialogue, tantôt je me fermais comme une huître, tantôt j’explosais. Comme nous ne vivions pas ensemble, il était facile de se tenir à distance quand les choses s’envenimaient. J’ai voulu plusieurs fois le quitter, mais je gardais encore espoir. Je crois que je suis retombée dans le travers de la « Sauveuse », c’est un aspect de ma personnalité qu’une personne très clairvoyante avait mis en lumière. Bref, je viens tout juste d’avoir 40 ans et pour réussir à dire à ce compagnon passif agressif que nos chemins se séparaient, j’ai dû me convaincre moi-même que je ne méritais pas la façon dont il me traitait. Hier soir, je suis revenue sur le comportement odieux qu’il a eu lors de ma soirée d’anniversaire. Il avait organisé une journée et une fête surprise pour mon anniversaire avec la complicité de ma famille, mais le soir, ayant comme d’habitude abusé de l’alcool, il a répété devant mes proches et moi-même que j’avais été infecte et que je ne méritais pas tout ça. Hier soir, je lui ai dit que c’était un beau cadeau mais que j’avais été blessée par ses propos et quand je lui ai demandé simplement de reconnaître qu’il était allé trop loin, il a réécrit l’histoire de cette journée estimant que je ne l’avais pas remercié lui et sa famille qui avait fait le repas, etc. En gros, dans ces propos, il ressortait que j’étais une ingrate, une petite fille gâtée alors que lui s’était décarcassé pour moi ! Comme encore une fois, il avait trop bu, j’ai gardé mon calme et je lui ai dit que j’en avais entendu plus qu’il n’en fallait et que je souhaitais qu’on arrête là. Il est parti en essayant encore une fois de me culpabiliser, disant qu’il avait déjà été humilié dans sa vie mais jamais comme ça ! Je passe tous les détails de la soirée et je pourrais rapporter plusieurs scènes de ce genre qui ont émaillé nos 4 années de relation. J’assume seule mes 3 enfants, je travaille dur et j’essaie de m’occuper de moi quand même alors je ne veux plus m’épuiser dans une relation amoureuse. Le bilan aujourd’hui est difficile à admettre : est-ce que je ne confonds pas l’amour avec d’autres émotions, comme vous le dites dans une de vos réponses ? Ou même avec l’attachement ? Est-ce que je ne me mens pas à moi-même quand j’affirme que je n’ai pas peur d’être seule ? Suis-je capable d’éviter les relations toxiques ? J’ai lu beaucoup de livres de psychologie (pas les vôtres, ce à quoi je vais remédier !) ces dix dernières années et suivi des stages pour renforcer mon estime de moi, mais je suis encore face à un tournant et l’épanouissement en couple reste pour moi un grand mystère… Je vous remercie d’avance de prendre un peu de votre temps pour lire ce message et me répondre.

    1. Bonjour Cybèle,

      Je pense que vous avez vraiment bien progressé dans votre façon de gérer les relations toxiques puisqu’avec votre ex-mari, il vous a fallu 15 ans pour voir clair et mettre fin à la relation… Alors que cette fois-ci, vous n’avez mis que 4 ans… Et je dis cela très sincèrement !
      La prochaine étape sera effectivement de reconnaître encore plus rapidement les hommes dont la personnalité est aussi destructrice… avant même de vous impliquer affectivement.
      Et puisque vous avez déjà détecté que vous avez souvent un comportement de type « Sauveuse », vous avez déjà fait un immense pas !
      Sachant cela, il vous reste à détecter les comportement de Victime en face de vous et à apprendre à les « contrer ».

      Je pense par ailleurs que vous avez eu raison de mettre fin à cette relation dans laquelle cet homme ne vous traitait pas correctement et en plus vous faisait porter toute la responsabilité des difficultés. Une relation avec un passif-agressif n’est jamais très constructive (et, au contraire, contribue à aggraver le manque d’estime et d’amour de soi-même).

      Je ne sais pas si le problème est vraiment que vous confondez l’amour avec une autre émotion… je dirais plutôt que vous n’avez peut-être pas suffisamment de bonnes références sur ce qu’est l’amour, sur comment vous méritez d’être traitée… Et peut-être êtes-vous porteuse de la blessure d’abus… Je parlerai de ce sujet dans un prochain article.
      Mais, dans cette situation, vous avez eu suffisamment d’amour de vous-même pour mettre fin à cette relation toxique : bravo pour cela !

      Je vous souhaite de continuer à avancer dans ce « travail » de guérison de vos blessures et donc vers de plus en plus d’amour de vous.

      Bien à vous,

      Véronique.

  31. L’épisode de l’anniversaire raconté par Cybèle est un condensé de ce qui nous rend folle dans la vie commune avec un PA. Il y a dans cette anecdote les principaux volets : il passe pour un merveilleux compagnon aux yeux de tous en organisant cette belle soirée surprise. Mais il s’arrange pour gâcher cette belle initiative, il ne veut pas vous faire plaisir en fait, juste le faire croire. Ensuite en réponse à votre plainte bien légitime, il vous assène que vous êtes une vilaine, une ingrate, de façon très habile, au point que pendant longtemps vous pourriez vous remettre en question. Et il ne faut pas oublier bien sûr le moment où il refait le film á sa façon en distordant la réalité, voir en imaginant un tissu de mensonges. Puis viendront les bonnes excuses qu’il a toujours en réserve car il n’est jamais responsable de rien. C’est un tableau très révélateur et presque complet de ce qu’il nous faut supporter au quotidien face à un PA. Le désarroi, la colère, le désespoir nous envahissent jours après jours.
    Il convient aussi de rajouter à ce tableau le manque total d’empathie, vous pouvez être á l’agonie, il ne sera réellement concerné que par lui-même. Ils sont persuadés qu’ils sont d’excellents compagnons, qu’ils font des prouesses pour nous. Véronique l’explique très bien dans ses publications. Vous avez pris la bonne décision Cybèle, tenez bon. J’ai moi-même trop attendu, c’est de plus en plus difficile de les quitter les années passant.

    1. Merci Véronique et merci Dolly pour vos réponses éclairantes. Je vais devoir tenir bon, car il a tenté une approche de façon détournée sans aborder le coeur du problème comme si rien ne s’était passé, avec sa « tête de victime », si je peux me permettre l’expression !

      1. Oui, tenez bon ! Les stratégies pour vous faire revenir seront encore nombreuses… Mais il est important de vous aimer vous-même en fuyant cette relation toxique.
        Bon courage !

  32. Oui, tenir bon.

    Grâce à Véronique, à vos témoignages, j’ai bien avancé, pris conscience du jeu psychologique dans lequel je ne veux plus me trouver. J’ai aussi enfin lâché prise sur la maison qui va être vendue. Il me reste à avoir la force d’agir pour moi maintenant, pour enfin vivre mieux. Et ce n’est pas facile pour plusieurs raisons :

    – mon mari m’assure que je suis incapable de m’assumer seule dans un logement, alors j’ai intégré ça, j’ai peur de déménager et de partir vivre seule. Suite à la vente prochaine, on est entrain de chercher un autre logement pour nous deux qu’on a presque réservé. Je me dis de ne pas re-signer sur une autre maison avec lui, que la galère va recommencer, que ma vie sera à nouveau faite de ses grogneries, de ses silences revanchards, de culpabilisation, la boule dans la gorge avant de lui parler d’un besoin quelconque, être toujours positionnée comme une méchante, un bourreau… etc…. Je voudrais que cesse cette spirale mais je me raconte des balivernes que ça ira mieux ailleurs.

    – par moment revient aussi une sorte de pitié pour lui, je ressens de la tendresse (comme Violette), je me dis que tout cela n’est pas sa faute, que je peux faire en sorte que la relation marche en étant douce et gentille avec lui. Il s’apaise tellement quand je prends sa tête contre moi! Après le déménagement, il me dit qu’il fera ses activités là-bas et qu’il ne m’embêtera pas. Il ne veut pas que l’on se quitte… Je sais au fond de moi que tout continuera ailleurs, partout sur la planète.

    Dans cette relation toxique qui ne me donne aucune joie dans la vie, le mieux serait de partir vivre seule j’en suis sûre. Par moment j’ai l’impression que je peux y arriver, et à d’autres moments je fais miens les arguments de ma famille : « une de mes filles dit : tu es trop exigeante avec lui / mon papa dit : mais enfin tu as un mari super qui fait plein de choses, quand vous aurez changé de région tout ira bien / ma meilleure amie : il fait plein de travaux et il ne peut même plus jouer au tennis, (c’est ce qu’il lui a raconté mais c’est faux, en fait il ne veut pas jouer au tennis avec son mari )/ Ma soeur dit : ah! mais il faut voir comment tu lui parles avec une façon de geindre comme maman… etc. ; Bon, pas facile… mais pas impossible sans doute!

    1. Bonjour Dolly,

      – Pensez-vous vraiment que votre mari détient la vérité sur vos capacités (ou incapacités) de vous assumer seule dans un logement ? Bientôt, il pourrait se faire croire qu’il reste par bonté d’âme avec une « incapable » et qu’il se sacrifie pour ne pas vous laisser seule, vous qui êtes tellement démunie… Je suis un peu ironique mais il ne faudrait pas que ce que vous pensez de vous-même dépende de son opinion à lui… Tout s’apprend, même se débrouiller seule dans un logement (et bon, vous ne vivez pas dans la brousse, les corps de métiers, cela existe). Cessez de croire à ce que lui dit de vous… Ce sera déjà un premier pas pour augmenter votre confiance en vous…

      – Oui, la pitié est une ficelle qui marche bien chez les personnes gentilles… De mon côté, j’ai appris à me méfier de moi-même à chaque fois que je me surprends à penser de quelqu’un « Le pauvre »… Car je sais que c’est par cette sensibilité-là que je peux en arriver à sacrifier ce qui compte vraiment pour moi… Alors oui, cela peut marcher si vous êtes gentille et douce et qu’en même temps, vous renoncez à recevoir ce dont vous avez besoin… Vous pouvez faire que cela marche en étant toujours dans le rôle de la « bonne mère de substitution », sacrificielle et sans aucune attente ni besoin… Mais bon… Alors, ce n’est pas un couple, c’est une relation mère-enfant…

      – Le monde extérieur est effectivement aveuglé par le masque du « brave type »… et vous, vous passez pour la méchante, exigeante, acariâtre… Peut-être pourriez-vous plus montrer la vérité de votre quotidien à ceux qui ne voient pas clair (et c’est souvent le cas dans l’entourage d’un PA : tant que les relations sont à distance et qu’on ne vit pas une relation de couple avec lui, il ressemblerait presque au prince charmant). Dites la vérité à votre amie par rapport au tennis… Dites la vérité à votre père et à votre fille sur les faits concrets… Il y en a certainement un grand nombre qui leur montreront que cet homme n’est pas un brave type, gentil et plein de bonne volonté… Cela vous aidera d’avoir le soutien de vos proches… mais pour vous soutenir, ils doivent connaître la vérité.

      Bon courage, Dolly !

      Véronique.

  33. Bonjour,
    Je viens de prendre une claque car je reconnais mon mari et même son père dans ce profil de passif-agressif.
    Il est tellement gentille d’extérieur et peut être, à mon goût, si cruel, que je pers beaucoup d’énergie à comprendre pourquoi je ne me sens pas aimé simplement, avec des attentions sincères.
    Je suis beaucoup mon instinct et je sais qu’il a un côté toxique pour moi comme il peut être un amour… mais en surface. Par SMS, par paroles, mais en actes, c’est une autre histoire.
    Je l’ai connu au travail. J’étais sa chef d’équipe. Il me reprochait mon côté chef. Je pensais qu’il avais raison car j’ai un caractère assez autoritaire. Mais, je me sais fragile en couple. Cette ambivalence est usante.
    Je n’arrive plus à avoir confiance et ressentir de la sincérité dans ces mots. Je suis devenue méfiante.
    Nous sommes ensemble depuis 8 ans et mariés depuis 4 mois. Et vous ne pouvez pas vous imaginez le nombre de fois que je me suis dit : c’est moi qui est tord, c’est moi qui suis cinglée et il a raison.
    Mon instinct me dit qu’il n’est pas bon pour moi. Mais, forcément, l’attachement fait que je ne me vois pas sans lui.
    C’est la 1ère fois que je me permets de m’exprimer sur ce type de site. Mais, des fois, c’est le seul recours.
    Merci pour me permettre de mettre des mots sur mes maux !!!
    Bien à vous
    Frédérique

    1. Bonjour Frédérique,
      Je comprends bien que votre attachement envers votre mari vous empêche d’imaginer une séparation…
      Et peut-être que votre récente prise de conscience de son fonctionnement Passif-Agressif peut vous être utile, non pas pour le quitter, mais plutôt pour essayer de transformer le cercle vicieux avant qu’il ne soit trop tard.
      Je ne sais pas si vous avez lu le deuxième article sur ce sujet…
      Au cas où ce ne serait pas le cas, vous pouvez le lire en suivant ce lien : http://veroniquebaudoux.com/tous/en-couple-avec-un-passif-agressif/
      Il y a une grosse partie qui traite le sujet des enfants et qui ne vous concerne pas.
      Mais, à la fin, il y a aussi une partie sur les éventuelles solutions possibles.
      Et les pistes qui pourraient être intéressantes pour vous sont, en résumé, celles-ci :
      – Ne pas fermer les yeux sur ses modes de fonctionnement : par exemple : « Tu as l’air fâché que je te demande de…., peux-tu m’expliquer ce qui se passe et ce que tu ressens ? » Le but est de l’amener à exprimer ce qui pose problème pour lui plutôt que de le laisser ruminer dans son coin et accumuler du ressentiment contre vous.
      – Demandez-lui son avis sur le plus de choses possibles afin qu’il participe aux décisions. Actez les décisions (par écrit si nécessaire et en lui demandant si la formulation choisie correspond bien à ce qui a été décidé).
      – Utilisez la Communication Non Violente (CNV) si possible plutôt que de laisser votre légitime colère s’exprimer (car cela renforce son opposition et lui permet de continuer à vous rendre responsable des problèmes.
      – Proposez une thérapie conjugale et, s’il refuse (ce qui est très probable), commencez un travail psychologique pour vous.

      Bon courage, Frédérique… Peut-être qu’il vous sera possible d’améliorer certaines choses.

      Véronique.

  34. Bonjour
    Je viens de lire votre article et je me reconnais par pas mal d’aspects dans le profil de passif-agressif. Je viens de rompre avec ma compagne parce que je souffrais (d’après moi) des reproches qu’elle me faisait souvent. Je me rend compte que j’ai sans doute fait une grosse boulette et que je devrais changer mon comportement.
    Est-ce que se reconnaître soi-même comme passif-agressif peut faciliter une thérapie ? je suis conscient de mon comportement par moment mais je ne parviens pas à le modifier sans avoir l’impression de vivre une grande injustice.

    1. Bonjour Domisol,

      Je pense que dès le moment où vous vous reconnaissez dans le fonctionnement passif-agressif, vous avez déjà fait la moitié du chemin et donc, la thérapie est tout-à-fait indiquée pour avancer.
      Vous pourrez ainsi apprendre d’abord d’où vient ce comportement (et voir qu’il est le reflet du passé et qu’il est inadéquat de projeter sur une femme la figure d’autorité dictatoriale paralysante ne peut que vous donner le sentiment d’injustice : c’est le petit garçon qui revit constamment la sensation de ne pas pouvoir être lui-même).
      Et vous pourrez également apprendre comment exprimer ce que vous ressentez, exprimer vos besoins, exprimer qui vous êtes sans craindre le conflit, à coeur ouvert, plutôt que de vous opposer en sourdine.

      Avant de trouver un thérapeute, il y a déjà un article que vous pouvez aller lire qui donne de bons conseils aux personnes passives-agressives…
      Je ne suis pas spécialement fan des sites à tendance religieuse mais cet article me semble judicieux malgré la connotation de religion (qu’il faut laisser de côté).
      Il n’y a presque pas d’articles qui proposent d’aider les passifs-agressifs et celui-ci a le mérite de proposer des pistes judicieuses.
      http://www.croixsens.net/colere/agressivite-passive.php

      Il est assez rare que les passifs-agressifs aient la capacité de se remettre en question et il est donc fort probable que vous ne soyez pas parmi les plus sévèrement touchés… C’est donc tout-à-fait possible de modifier cela afin de pouvoir vivre une relation de couple qui soit épanouissante pour vous et pour l’autre.

      Je vous souhaite de belles découvertes sur vous-même durant ce travail !

      Véronique.

      1. Véronique, merci pour ce lien que je trouve extraordinairement intéressant. Vous avec fait mouche en parlant du petit garçon qui revit constamment la sensation de ne pas pouvoir être lui-même. C’est, en effet, une blessure d’enfance liée à la relation que j’ai avec ma mère qui me pousse à me comporter comme cela.

        1. Je suis heureuse si ce lien vous apporte les éclairages dont vous avez besoin, Domisol…
          Et je vous souhaite de réussir à sortir, petit à petit de ce mode de fonctionnement dans lequel vous êtes enfermé à cause de votre passé…
          Pour construire un futur bien plus épanouissant.
          Bien à vous,

  35. Bonjour,
    Je voudrais d’abord vous remercier pour votre site et l’aide qu’il peut apporter aux victimes des passifs-agressifs. C’est un trouble méconnu, et dévastateur car la victime n’est souvent pas reconnue comme telle.
    Je souhaiterais apporter ici mon témoignage et les leçons que j’en ai tirées.
    J’ai été mariée pendant 20 ans avec un homme que je croyais bon et gentil.
    Moi-même enfant unique et en ayant beaucoup souffert, je lui avais avoué que mon vœu le plus cher était de fonder une famille nombreuse, avoir entre 4 et 6 enfants. Il disait partager ce désir, et les premières dix années du mariage se sont déroulées sans encombre. Rétrospectivement, il n’était pas très proche de moi mais me disait toujours qu’il n’aimait pas « comme moi » partager ses sentiments. En plus, il voyageait beaucoup pour son travail. Je me retrouvais donc souvent seule pour « gérer » les enfants. Également, il était très soumis à une mère dominatrice qui exigeait que nous déjeunions chez elle le samedi midi, mais sur le fond, rien de dramatique.
    Après la naissance de notre troisième enfant, tout a changé. Il m’a d’abord reproché de ne pas être performante sexuellement, a commencé à me traiter d' »handicapée » du sexe. Nous avons déménagé, il m’a reprochée de ne pas l’aider. voyant qu’il n’allait pas bien, je le suppliais de me dire ce qui n’allait pas. Il me reprochait de le harceler. Puis, un jour, il m’a déclaré qu’il avait décidé qu’il n’aurait plus d’enfant avec moi – qu’il ne le supporterait pas.
    La encore, tentative de dialogue de ma part. Mutisme absolu et agressivité en réponse.
    Je ne savais plus quoi faire. J’ai songé à le quitter. Mais je n’en étais pas capable.
    Alors, j’ai décidé de réaliser mon rêve d’avoir 4 enfants, et j’ai conçu ma benjamine sans son accord.
    Quand je lui ai annoncé que j’étais enceinte, il m’a déclaré qu’il s’y attendait, et qu’il ne savait pas si notre mariage redeviendrait « normal ».
    Depuis ce jour, il ne m’a plus jamais témoigné d’affection, ne m’a plus touchée, m’a littéralement ignorée quand nous étions tous les deux, tout en jouant la comédie du bon père de famille en public ou avec nos enfants.
    Je me sentais coupable, et dans ma tête, je « purgeais » ma peine, attendant qu’il me pardonne.
    Après dix ans, au bord du suicide, j’ai voulu le quitter. Il m’a accusée d’égoïsme, de vouloir détruire la famille. Il a fait quelques efforts : il a accepté de m’embrasser sur la joue au Nouvel An pour ne pas m’humilier devant nos amis par exemple.
    En 2012, n’en pouvant plus, j’ai enfin eu le courage de le quitter. Il ne m’a pas retenue une seconde. Il a même refusé de discuter me disant que c’était inutile, car comme d’habitude, je n’en faisais qu’à ma tête.
    Mais j’ai du prendre un petit logement et mes enfants sont restés avec lui dans la grande maison dans laquelle nous habitions.
    En partant, j’ai sauvé ma vie. Mais j’ai pour le moment – en partie perdu mes enfants.
    Depuis mon départ, il n’a eu de cesse de devenir le père idéal, et je vois bien que mes trois grands s’éloignent de moi.
    J’ai obtenu la garde de la plus petite. L’année dernière, il a tout fait pour la récupérer. Mais ses manipulations n’ont pas abouti, et ma fille s’est aperçue du décalage entre ses paroles et ses actes.
    C’était il y a 8 mois. C’est comme cela que j’ai découvert le terme passif agressif. C’est comme cela, que j’ai découvert que je n’étais pas un bourreau comme il m’en avait convaincue, mais une victime.
    Je suis maintenant décidée à me battre et retrouver mes enfants, mais c’est compliqué car ils sont sous son emprise.
    À toutes les femmes qui sont mariées avec des hommes passifs agressifs, ne restez pas pour les enfants ! Fuyez.
    Je vois mes grands enfants commencer à se comporter comme lui, et je n’ai qu’un regret. Ne pas l’avoir quitté plus tôt.
    Également, on ne se remet pas facilement d’un tel traumatisme. Lui la victime officielle, s’est remis en couple moins d’un an après mon départ, mais il avait demandé aux enfants de me le cacher. Avait-il peur de faire « moins victime » ?

    1. Je souhaiterais juste préciser ce qui m’a enfin donné le courage de quitter ce mari passif agressif qui me torturait psychologiquement depuis plus de 10 ans. En 2011, j’ai eu une brève liaison qui m’à permis de retrouver un peu de féminité. Et la comme par hasard, mon mari qui ne m’avait jamais fait le moindre cadeau m’offre une bague pour célébrer à la fois mon anniversaire et nos 20 ans de mariage. Je pense qu’inconsciemment, il avait ressenti que j’étais moins dépendante de lui.
      Cette bague a été un déclic. Au milieu de la nuit qui suit, je n’arrive pas à dormir et vois qu’il est réveillé. Je lui demande la signification de cette bague et si enfin notre mariage va redevenir « normal ». Et la, il me répond, « ça ne se décrète pas » comme s’il n’était pas responsable de la situation.
      Le passif agressif est incapable de se remettre en question et s’exonére De toute responsabilité. Il est impossible de régler le moindre problème puisqu’il est nié.
      Encore une fois mesdames, fuyez le plus tôt possible, sans vous retourner. Mais préparez votre sortie. Je l’ai improvisée et j’en paie aujourd’hui encore les conséquences.
      Veronique, j’ai une question à vous poser : pensez-vous que c’est mon propre comportement qui a pu générer ces réactions chez mon ex-mari, et qu’il pourrait avoir une relation « normale » avec une autre femme, ou que son dysfonctionnement lui est propre, et qu’il ressurgira dans toute relation.
      Je sais bien que la réponse à cette question ne devrait pas me préoccuper, mais j’avoue qu’après toutes ces années, je ne me suis pas complètement débarrassée de ma culpabilité, et que je m’interroge si ce n’est pas moi qui, En ne me comportant pas au mieux, ai généré le caractère monstrueux de mon mari.
      Merci d’avance pour votre avis.

      1. Bonjour Olga et merci de votre témoignage qui apporte des éclairages supplémentaires.

        Pour répondre à votre question, j’ai d’abord envie de vous dire qu’il est tout-à-fait normal d’avoir envie de savoir si vous auriez pu changer les choses en vous comportant différemment. C’est une belle qualité que de vouloir se remettre en question.
        C’est souvent malheureusement cette belle qualité qui fait que les victimes restent si longtemps dans ce genre de relation toxique puisque cette capacité de remise en question les fait chercher sans cesse des solutions qu’elles pourraient mettre en oeuvre pour améliorer la relation.
        Mais, en face (comme vous l’écriviez dans votre commentaire), il n’y a aucune remise en question. On est donc tout(e) seul(e) à multiplier les efforts alors que le Passif-Agressif de son côté, ne met rien en place car, en fait, il ne veut pas d’amélioration de la relation, il veut pouvoir continuer à s’opposer à l’autre. Donc, vous, vous ramez dans un sens tandis que l’autre tire dans le sens opposé…

        Le dysfonctionnement est donc bien propre au PA qui entre dans la relation dans le but inconscient d’y revivre son schéma connu : « être en face d’une autorité à laquelle il est vital de s’opposer ».

        Pour que cela fonctionne avec un PA, que faudrait-il faire ?
        – Valoriser sans cesse son ego déficient
        – Ne pas avoir de besoins personnels (sauf celui d’être au service de sa valorisation)
        – Ne pas avoir besoin d’être valorisée ni de recevoir de la reconnaissance
        – Ne pas avoir besoin de communiquer avec authenticité
        – Ne pas avoir besoin d’être comprise
        – Ne pas avoir besoin d’être soutenue
        – Ne pas avoir besoin de recevoir des attentions spontanées
        – Demander son avis (et le suivre) pour toute décision
        – L’inviter (avec gentillesse et diplomatie) à exprimer ses ressentis quand quelque chose ne va pas (et l’écouter avec patience et compréhension)
        – Eviter tout conflit et être toujours d’accord avec lui
        – Accepter d’endosser toute la responsabilité en cas de problème
        – Accepter de faire pour lui ce qu’il n’a pas envie de faire (et accepter à l’avance qu’il considère cela comme normal)
        ….

        Bref, comme avec toute personne présentant une telle faille narcissique, pour que cela fonctionne, il faut pouvoir être (et n’être QUE) une toute bonne mère de substitution face à un enfant blessé qui a besoin d’être réparé et a besoin pour cela de pouvoir exercer la toute puissance infantile qu’il n’a pas pu exercer durant son enfance. (Donc être une sainte mère sacrificielle)

        Enfin, il faut également ne PAS être la mère de ses enfants… (puisqu’il s’oppose en fait à la figure d’autorité représentée par la mère)…

        Ce n’est donc possible que dans une seconde relation avec une autre femme que la mère de ses enfants que cela peut éventuellement fonctionner, surtout si cette femme prend sa défense en critiquant la mère de ses enfants… Et est une femme qui a l’habitude d’exercer son autorité de manière subtile et indirecte.
        J’en connais une qui m’a dit textuellement : « Il est comme un cheval rétif à qui il faut bien laisser la bride sur le cou et lui flatter l’encolure… Après, il accepte d’apprendre les règles ».
        C’est édifiant, non ?

        Alors, si vous n’avez pas envie, ni d’être une sainte mère sacrificielle, ni une dresseuse de cheval rétif qu’il faut manipuler pour qu’il accepte les règles…
        Si vous préférez une relation de respect mutuel hors de tout jeu de pouvoir…
        Et bien, non, vous n’auriez pas pu vous comporter « mieux » 😉

        Belle année à vous, Olga.

        Véronique.

        1. Veronique,
          Je vous remercie pour votre réponse.
          Et je pense que vous avez raison. Ces hommes entretiennent un rapport amour/haine avec l’autorité chez les femmes.
          Dans mon cas, des le début de notre relation, il me surnommait « Benita », « pour rire » et en hommage soit-disant au dictateur italien.
          Parallèlement, il continue encore aujourd’hui à aduler sa mère dominatrice et se comporte avec elle comme un petit garçon.
          Pour compléter les propos précédents, je viens confirmer qu’il est très difficile d’élever des enfants avec un père PA.
          Il est incapable d’autorité, du coup, je me retrouve jouer le rôle de la « méchante » auprès de mes enfants, qui, en grandissant, commencent à mimer son mode de communication toxique.
          Je ne reconnais plus ma fille de 18 ans qui vit avec lui depuis 2 ans. Elle est rancunière, sombre, « boude » et s’enferme dans un mutisme effrayant au moindre petit conflit.
          Elle est devenue le sosie de son père et j’avoue que ça me désespère. À 18 ans, est-elle déjà devenue PA ? Est-ce déjà trop tard pour qu’elle retrouve son comportement d’antan ?
          Tous les conseils sont les bienvenus, sachant qu’actuellement elle me rejette.
          Merci !

          1. Bonjour Olga,

            En effets, les PA (hommes) projettent leur peur de l’autorité maternelle sur leur femme (surtout quand elle devient la mère de leurs enfants) tout en restant complètement aveugles sur la vraie source du problème : leur relation à leur mère. C’est comme s’ils avaient peur d’ouvrir les yeux sur leurs souffrances d’enfance, c’est trop dangereux…
            Pour votre fille, je vous conseillerais principalement une chose : surtout, ne vous concentrez pas sur les caractéristiques qui ressemblent à celles de son père. Car c’est ce sur quoi on porte notre attention qui se développe le plus.
            Par contre, portez votre attention sur toutes les autres qualités qu’elle a et valorisez-la chaque fois qu’elle manifeste un autre type de comportement. Par exemple, si elle prend ses responsabilités dans une situation, vous pouvez lui dire : « Je trouve que tu as une grande qualité de voir ce en quoi tu es responsable dans cette situation. Grâce à cette qualité, tu pourras toujours changer les choses qui ne te conviennent pas »
            D’autre part, quand elle boude ou rompt le dialogue en cas de conflit, vous pouvez l’encourager à s’exprimer par une phrase du genre : « Je crois que tu es contrariée ou triste et je ne comprends pas bien ce que tu ressens. J’aimerais t’aider mais comme je ne comprends pas bien ce qui se passe, je ne sais pas quoi faire. Peut-être que si tu t’en sens capable, tu pourrais essayer de m’expliquer. Alors, on pourra chercher ensemble une solution ».
            Surtout, ne faites pas comme si vous n’aviez rien remarqué… Chaque bouderie, chaque mutisme doit être relevé et devenir l’occasion de dire les choses (même s’il faut parfois laisser un peu de temps pour que les esprits s’apaisent).
            Après chaque bouderie, revenez vers elle en lui disant que vous savez que c’est comme cela qu’elle exprime ses sentiments difficiles mais qu’il est important d’apprendre à les exprimer autrement pour que l’autre puisse la comprendre. Que personne (pas même vous) n’a une boule de cristal qui permet de deviner son ressenti… Que c’est difficile de s’exprimer mais que cela peut s’apprendre… pour que les relations soient saines.
            Donc, en résumé : portez votre attention sur tout ce en quoi elle n’est pas comme son père afin que ce soit cela qui se développe chez elle (comme une plante que l’on arrose) et invitez-la à s’exprimer à chaque bouderie. Même si elle vous rejette, soyez déterminée à dialoguer… encore… et encore….

            Bon courage.
            Véronique.

  36. Bonjour Véronique,
    J ai déjà écrit plusieurs fois sur ce sujet, pour vous raconter mon parcours, partager mon expérience sur le sujet et les relations avec des PA.
    Cependant ce qui m’amene aujourd’hui c’est comment protéger mes enfants et particulièrement mon fils son père et belle mère ????
    Pour vous rappeler en gros mon histoire…
    Lui est un PA comme je l’ai déjà exprimé en détail à des autres occasions.
    Il s’agit est toujours victimise, ne m à jamais donné raison, m à même accusé de comportement que je n’ai jamais eu mais que sa mère avait.
    Nous avons eu 2 enfants. Qui ont aujourd’hui 16 et 13 ans.
    Il a rencontré des femmes ça a marché un temps puis quand elles découvraient qui il était vraiment ça cassé.
    Les enfants ils ne sont en occupé que comme il en avait envie sans jamais tenir compte de mes préoccupations de maman, de toute façon quand ça l arrangeait soit je étais trop sévère soit pas du tout. En gros l éducation des enfants était toujours ma faute.
    Voilà en gros….
    Cependant il y a quelques années il a trouvé puis épousé une femme qui commande tout décide de tout et ne supporte pas ce qui ne va pas dans son sens. Et je suis donc la méchante.
    Mes enfants les mal élevés imparfaits.
    Et la pension n en parlons pas !!!!!
    Bref le jour de leur mariage elle a exprimé clairement à sa belle famille qu elle ne aurait aucune relation avec eux mais, c est pas elle le problème. Mais selon le père de mes enfants c’est la encore moi la cause.
    Bref… Vous voyez l ambiance.
    Avant mes loulous et moi on faisait avec ce qu est leur père mais depuis elle s’est encore pire.
    M’a fille de 13 ans a finit par ne plus vouloir y aller car elle est pour eux une enfant et se doit de obéir à des règles venues dans avant 1950 comme si Françoise Dolto n’avait jamais exprimé l idee qu un enfant est une personne.
    Lui et sa femme manipulent et créé des règles comme ça les arrange mais sans jamais écouté le bien être ou mal être des enfants et si je m en mele pour les défendre c est pire.
    Comment ma fille a réussi à ne plus y aller car elle a été soumise à un chantage soit elle venait tel que lui le décidait soit elle ne venait plus du tout. Elle a essayé plusieurs fois de demander de la souplesse mais ne l à pas eu alors elle a décidé de s en libérer.
    Par contre pour mon fils de 16 ans ce n’est pas pareil.
    Il se oblige à y aller malgré un certain mal être pour ne pas perdre son père et ce malgré un total irrespect de sa belle mère et une pauvre défense de son propre père.
    Exemple quand il arrive là bas elle lui dit à peine bonjour mais c’est à lui de la saluer comme il se doit.
    Il doit se tenir à heure fixe une demi-heure avant le repas en bas pour être disponible s il le faut. Ou pour éviter de l appeler au moment du repas.
    Il doit offrir un cadeau obligatoire à chaque membre de la famille. Aucune goutte ne doit tomber au sol après s être laver les mains sinon punition

    Et autre exemple arrivé pendant les fêtes : ils sont tous allé voir rogue one le dernier star Wars au cinéma.
    C est à dire elle son fils adoptif. Le père de mon fils et mon fils…
    Et à la caisse elle a demandé à mon fils de payer sa propre place tout seul avec son argent de poche que je lui donne.
    Quand il s y est opposé elle a fait la victime.
    Nous la pension est de 50 euros et depuis qu elle a baissé le père de mes enfants a miraculeusement retrouvé du travail qu il semblait ne jamais trouvé pendant le jugement !!!!
    Bref lui est intérimaire de nuit et elle a un travail fixe à eux deux ils ont 3000 net environ !!!!

    A nouvel an mon fils ne lui ayant pas dit bonne année assez vite elle a voulu le punir en lui retirant l électricité de sa chambre et en critiquant bien sûr ma mauvaise éducation que je lui donne !!! Elle lui a alors souhaité de rater ses études et une mauvaise année.
    Donc non en pouvant plus il lui a répondu.
    Ce qui en fait a été encore pire !!! Et dans tout ça que fait le père.
    Ben il a demandé à mon fils de ne plus revenir pendant un mois. Puis aujourd’hui il lui a annoncé qu ils sont étaient réconcilie qu il ne l’a quitterait pas et la belle mere se est excusée auprès de mon fils par texto !!!!!!
    Mais attention il doit revenir en respectant toutes leurs règles sans mot dire !!!!!!!!
    Et mon fils me dit dans 2 ans j ai 18 ans je peux tenir si c’est pour voir papa.
    Sauf que durant ces dernieres vacances par 2 fois il m a demandé de le chercher parce qu’il était malheureux et son père si j intervient m envoie les gendarmes pour prouver la désobéissance quant au jugement strict.
    Si mon fils dit quelque chose il est targue de tu es un enfant tu as à obéir et si c’est moi soit j’ai les gendarmes soit je suis celle qui monte les enfants contre lui.

    Ma question est donc celle ci: comment faire comprendre à mon fils qu il a le droit de dire non sans se faire punir et sans doute sans perdre son père. Chose dont il a peur depuis toujours. Entre autre aussi depuis sa tentative de suicide destiné à faire peur à sa copine de l époque, tentative qui a eu lieu lors d un de ses week-ends de garde mon fils avait alors 7 ans.

    Comment aider mes enfants à ne plus subir l injustice perverse du père qui se renforce auprès de la belle mere.

    A noter aussi que l enfant adoptif de la belle mère subit le père de mon fils de son côté….
    Et que cet enfant quand sa maman n est pas là ne respecte plus aucune règle qu elle met en place.
    Il prend alors exemple sur les réactions de mon fils et bien sur c’est encore mon fils qui est accusé. Et moi pour lui avoir donné son éducation !!!!!

    Voilà par ce témoignage on a aussi ici ce que peuvent subir des enfants dans ces situations mais comment les aider à ne pas juste être des enfants qui n ont pour droit que l obéissance mais surtout celui d être des personnes avec un ressenti. Que l on écoute.
    Comment les aider à ne pas subir leur parent PA ?

    Que puis-je faire ??????????
    Et si le père de mes enfants est un PA mais qu elle est donc cette personnalité sans cœur qu est cette belle mère qui est digne des méchantes de conte de fée..

    Depuis qu il est avec elle je ressens comme une puissance pour essayer de m écraser davantage.
    Non pas à chaque instant bien sûr mais comme si elle lui donnait raison d être injuste. Et le victimisait davantage.
    Et avec les enfants sous des airs gentil de je veux être là pour vous il l est encore moins qu avant. Mais avec plus de règles qui sont annoncée comme l unique et la seule éducation meritable.
    Comme si de ce fait il était impossible de le contrer et la communication rompue complètement et bien sûr c’est moi la faute.

    Que faire ?

    Merci à vous pour vos réponses

    Vi.

    1. Bonjour Vi,

      Votre question est une question fondamentale que se posent tous les ex-conjoints qui ont des enfants avec un PA.
      Comment les aider ?
      Je pense que la démarche principale va être surtout de stimuler leurs propres réflexions, de les encourager à utiliser leur sens critique.
      En leur posant des questions telles que :
      « Et toi, que penses-tu de ce que ton père : ta belle-mère dit / fait dans telle ou telle situation ? »
      « Et toi, que ressens-tu quand ton père / ta belle-mère te dit ou te fait cela ? »
      Vous commencez par leur demander leur avis puis, vous donnez le vôtre.
       » Moi, quand ton père / ta belle-mère te fait ou te dit ceci, je pense que… je trouve que…. Car, dans la vie, ce que je trouve important, c’est de…. Et voilà pourquoi….  »
      Un exemple : « Quand ta belle-mère t’oblige à lui dire bonjour mais qu’elle, elle ne te dit pas bonjour, je pense que c’est injuste… Car, pour moi, tout le monde mérite le respect, que l’on soit enfant ou adulte. Auparavant, l’éducation traitait les enfants comme des objets… Mais les choses ont évolué… Aujourd’hui, on a découvert l’importance de traiter les enfants comme des personnes et je suis d’accord avec cela. Je ne suis donc pas d’accord avec elle quand elle te traite moins bien qu’elle n’exige que tu la traites. »
      En agissant ainsi, vous permettez à vos enfants d’avoir leur opinion, tout en leur donnant vos propres valeurs pour pouvoir avoir d’autres références que celles de leur père / belle-mère.

      Par rapport au fait que votre ex et sa compagne critiquent votre éducation, prenez du recul si possible.
      Ils dénigreront toujours ce que vous faites… La victime a besoin d’un bourreau (et la compagne devient votre bourreau pour venger l’autre).

      Et si votre fils a peur de perdre l’amour de son père en s’opposant à lui (ou en n’allant plus chez lui), vous pouvez lui dire quelque chose comme : « Tu sais, les parents ont plus besoin de la présence de leurs enfants que l’inverse, surtout quand les enfants grandissent. Toi, tu construis ta vie et cela se fera de plus en plus en dehors de tes parents. Alors, même si tu t’opposes à lui et qu’au départ, il s’éloigne de toi, ne t’inquiète pas, par après, ce sera lui qui sera demandeur de te voir… Et là, tu pourras mettre tes propres règles et n’y aller que sous certaines conditions que lui et sa compagne te traitent correctement ».

      Sachez que ce n’est qu’en déculpabilisant que vous pourrez restez centrée et guider vos enfants vers leur propre sens critique.
      Si vous culpabilisez, ils culpabilisent.
      Si vous regardez leur père comme un individu qui fonctionne bizarrement, dont vous observez / décodez les fonctionnements comme vous le feriez avec un lion, ils pourront petit à petit en faire autant. Ils sauront alors qu’avec un lion, on doit faire attention à ceci ou cela… on doit éviter une relation trop proche… Mais que les fonctionnements du lion ne sont pas la référence à suivre.

      Bon courage, Vi… C’est un long chemin.
      Véronique

  37. Bonjour Véronique
    Une amie vient de me parler de ce genre de profil. Je pense que mon ex compagnon (il m’a quitté la semaine dernière et déménage cette semaine) est un passif agressif.
    Je suis rentrée dans cette relation il y a deux ans …il était si persévérant, attentif avec moi, cherchant à me valoriser…petit à petit il passait tous les soirs chez moi…même quand il sortait avec ses amis sans me prévenir il rentrait chez moi…bref.
    Il m’a demandé de me porter caution pour lui pour qu’il trouve un appartement vu que sa colocatrice le foutait dehors. Au départ j’ai dit non, je ne le connaissait que depuis 3 mois…il a joué sur l’amour me disant que pour lui c’était une preuve d’amour, qu’il se liait à moi, qu’il s’investissait…bref… j’ai cédé. Pour autant il n’a pas trouvé d’appart et 3 jours avant son départ, il ne savait pas où mettre ses affaires, alors je lui dit de venir à la maison… il m’a fait à la fois le reproche de ne pas lui avoir fait le dossier plus tôt et il raconte que j’ai accéléré notre emmènagement ensemble alors qu’il pensait que nous nous connaissions pas assez pour vivre ensemble. Bonne poire, j’ai accepté en plus qu’il ne paie pas de loyer car il avait des problèmes de sous.
    Bref, au fur et à mesure, il m’a rendue folle..pour supporter ses silences, ses lois, ses sorties avec ses amis sans me prévenir en me laissant seule les vendredis soir, je suis allée jusqu’à me détruire …à boire et à devenir du coup violente dans mes propos ou vis vis de moi, je me suis taillée les veines un soir …parce qu’il ne voulait pas parler, il restait pendant des heures dans un mutisme, replié…et je ne savais pas comment faire… et après j »étais coupable de tout …
    je devais dire pardon…faire tout ce qu’il voulait … à chaque fois que nous passions des moments formidables, à chaque fois c’est parce qu’il avait besoin de quelque chose pour la maison, pour lui, sa fille, même il m a demandé ma carte bleue alors que je dromais profondément à 7h peandant les vacances mais quand je lui demandais de participer un peu plus à l avie / entretien de la maison sachant qu’il finissait à 17h le soir et moi je rentre à 20h…il me disait qu’il n’était pas ma femme de ménage…
    je me sens terriblement en manque de lui…et en colère contre moi de m’avoir mise dans des états seconds alcoolisés … je me sens sens responsable de l’échec de la relation à l’entendre parler, sur les principes, ce qu’est un couple…mon manque de générosité, d’empathie, d’investissement…alors que j’ai tout investi …j’ai déménagé loin de mon travail et de mes amis pour lui, j’ai tout investi pour la maison, je payais les vacances même pour sa fille….
    Je me sens perdue, épuisée, je sens que je l’aime encore, je revois les bons moments, ses mots gentils, ses caresses, etc…et je me dis que j’ai tout foiré avec mes réactions.
    Qu’il a raison que je suis une malade mentale…ce qu’il a dit à mes proches.

    Il part en victime, me fait passer pour la folle alcoolique. Je ne sais plus.

    Merci

    Sylvie

    1. Bonjour Sylvie,

      En vous lisant, je pense que vous avez affaire à (encore) plus grave qu’un passif-agressif et que vous êtes face à un pervers narcissique.
      Les attitudes charmantes au début de la relation (phase de mise sous emprise) puis quand il veut obtenir quelque chose (manipulation par le charme). La culpabilisation si vous semblez refuser, la projection sur vous de ses propres (horribles) défauts, les punitions quand il n’est pas content de vous… Puis le fait de vous quitter quand vous n’êtes plus une proie intéressante, un défi pour lui (parce que vous êtes détruite). Une fois qu’il a profité de sa victime au maximum et qu’elle est « vidée », cela ne l’amuse plus et cela ne lui rapporte plus rien.
      Le problème avec les pervers narcissique, c’est que la seule solution est de les fuir…
      Cet amour que vous pensez encore ressentir pour lui, c’est la même attirance que celle que peut éprouver un toxicomane pour la drogue : il souhaite sans cesse retrouver les effets positifs des premiers « trips » et se détruit en espérant les revivre.
      Pour sortir de cela, on a besoin d’une aide professionnelle et je vous conseillerais donc de chercher un(e) psychologue spécialisé(e) dans la question des victimes de pervers narcissiques.
      Vous n’êtes pas la coupable, vous êtes la victime…
      Et j’espère que vous trouverez quelqu’un pour vous accompagner sur le chemin de la guérison.
      Bon courage !
      Véronique.

  38. Bonjour Véronique,
    Je rebondis sur votre réponse à Sylvie concernant la manipulation par le charme. J’ai peur d’en être victime en ce moment mais je doute….
    Notre maison est vendue, nous allons la quitter bientôt. J’étais décidée à profiter de cette vente pour que chacun parte avec sa part pour une vie nouvelle, la notaire n’attendait plus que mon feu vert pour faire les papiers en ce sens. Et patatra! me revoici amoureuse de mon mari comme dans les premiers temps : du jour au lendemain il est redevenu le mari rêvé ; il ne me manifeste plus aucune hostilité, il échange normalement sur les choses du quotidien (sans partir dans de longues justifications agressives), il converse agréablement (sans me faire subir de longues journées de silence vengeur), il répond sans problème à mes demandes d’information (plus de longues diatribes sans signification réelle ni de rétention volontaire d’information pour me mettre en difficulté), il s’occupe du déménagement sans se faire prier, passe les coups de fil indispensables… Il vient spontanément me serrer dans ses bras, ce qu’il n’avait pas fait depuis des années. etc … un miracle s’est produit.
    Je me sens beaucoup mieux, la tension permanente qui régnait à la maison a laissé place à la sérénité que j’imagine normale dans un foyer et que je ne connaissais plus depuis des années. Instantanément je ressens à nouveau de réels sentiments d’affection pour lui (ou d’amour, je ne sais pas). Et me voici bon petit soldat me lancer dans les démarches pour l’acquisition d’un logement en commun, en faisant taire le petit signal d’alerte au fond de moi, oubliant les dernières 20 années de vie sans joie.
    Je me serais donc trompée? tout ce que j’avais reconnu comme le signe que j’avais un mari PA était une vue de mon esprit? La réelle souffrance que j’ai endurée pendant des années venait d’une mauvaise interprétation de ma part ?
    Ou bien pourrait-il me manipuler pour que je signe chez le notaire un nouvel achat en commun, pour que l’on ne divorce pas? Je n’imagine pas qu’il soit possible de changer radicalement ainsi par pure manipulation. L’autre explication serait qu’il ait vraiment envie au fond de lui d’une vie meilleure, ailleurs, qu’il se sente libéré de notre maison trop grande, qu’il soit content de partir vivre dans le sud…. avec une épouse qu’il cesse du coup de voir comme un monstre…
    C’est sans doute l’avenir qui dira ce qu’il en est réellement!

    1. Bonjour Dolly,

      Puisque vous semblez avoir pu retrouver vos sentiments grâce aux changements d’attitude de votre mari, ce serait peut-être le bon moment pour faire le point avec lui avant de vous décider…
      J’ai envie de vous conseiller d’ouvrir à nouveau le dialogue pour savoir :
      – Si il a conscience de son changement de comportement et si il peut dire quels sont les facteurs qui sont à l’origine de ces changements.
      – Ce qu’il a envie pour le futur (ensemble ou pas).
      – Ce qu’il peut s’engager à garder de ces nouveaux comportements.
      – Ce dont il aurait besoin pour continuer à agir comme il le fait actuellement.

      Dans cette relation, vous êtes deux…
      La responsabilité de la décision de continuer ensemble ou pas ne repose par uniquement sur vos épaules.

      Explorez donc aussi et avec lui ce que lui, il souhaite, ce que lui, il est prêt à faire et quels sont les besoins qu’il a et dont il est nécessaire qu’il vous parle.

      Bien à vous,

      1. Bonjour Veronique,
        Je vous remercie vivement pour votre réponse et vos conseils que j’ai appliqués, mais face à la fille, comme face à mon ex-conjoint, j’ai la sensation de me retrouver face à un mur, et a ce titre, j’aimerais avoir votre avis.
        Comment, selon vous, devient-on passif-agressif, et lorsque l’on développe ce comportement, l’est-on avec tout le monde, et en permanence ?
        Je m’explique. En ce qui concerne mon ex-conjoint, j’ai la sensation qu’il y a eu « un effet déclencheur », et que du jour au lendemain, son comportement a changé du tout au tout. Est-ce possible ? J’avoue que, même si tous les indices sont la, du coup, je continue parfois aujourd’hui encore de douter de son caractère passif-agressif, d’autant plus que je suis la seule à voir qu’il n’est pas l’ange qu’il prétend être.
        De l’avis de tous, et de mes deux filles aînées en particulier c’est l’homme parfait.
        Et maintenant, Je retrouve ce comportement dans ma fille de 18 ans qui vit avec lui au quotidien. Et la encore, même scénario. Nous étions très proches jusqu’à il y a deux ans, et d’un seul coup, j’ai l’impression que tout a basculé.
        Elle qui était autrefois la bonté incarnée est devenue une jeune fille renfermée, négative, et très hostile avec moi. Et en parallèle, elle est devenue extrêmement proche de son père.
        Mais la encore, j’ai la sensation que je suis la cible privilégiée de cette hostilité.
        Depuis 4 ans que je me suis séparée de mon conjoint, je vais beaucoup mieux et me sens plus forte de jour en jour.
        J’ai des amis sincères qui me soutiennent au quotidien.
        Mais je m’interroge. Pourquoi est-ce que je semble provoquer ce comportement passif -agressif chez mes proches ?
        Peut-on être passif-agressif avec quelqu’un, et « normal » avec quelqu’un d’autre ?
        Peut-on du jour au lendemain manifester un comportement passif-agressif ? -comme si un effet déclencheur révélait soudain cette part d’ombre qui était demeurée muette jusque-là ?
        18 ans, est-ce déjà trop tard pour changer?

        1. Bonjour Olga,

          Vous me posez la question de savoir comment on devient passif-agressif et si on l’est avec tout le monde…
          Pour votre ex-mari, l’hypothèse est la résistance à une personnalité parentale dominante : il sera donc PA face à toute personne sur qui il projette cette autorité contre laquelle il a besoin de se rebeller… Puisque chez lui, c’était sa mère : en devenant mère de ses enfants, vous êtes devenue la projection idéale… Cela ne se fait généralement pas en un coup mais progressivement… La résistance est d’abord tellement subtile qu’elle n’est pas visible au début… ni pour vous, ni pour le monde extérieur (vis-à-vis duquel il se pose en victime de vous).
          Votre fille quant à elle a peut-être adopté des comportements PA avec le passage vers l’adolescence… et se rebelle de cette manière-là contre votre autorité car c’est comme cela qu’elle voit agir son père (qui lui ne représente pas l’autorité pour elle, donc il est parfait) Quand on empêche un ado de faire ce qu’il veut, on est toujours l’autorité négative…
          Par chance, elle ne restera pas ado toute sa vie…
          A vous de lui apprendre comment fonctionner autrement (voir ma précédente réponse)
          Bien à vous,

  39. Bonjour,

    Cela va bientôt faire 2 ans que je le côtoie.
    Relation chaotique, je ne me sens pas prise en considération, pas traitée comme sa copine; je pète régulièrement les plombs devant ses silences, ses bouderies, ses punitions, je rentre dans des rages folles, je m’humilie je deviens jalouse, je me hais de devenir une personne que je ne suis pas. Il me dit que je lui mets la pression alors que ça fait 2 ans qu’on est ensemble mais on n’habite ni ensemble, ni pas d’enfant, je ne lui en demande pas! Juste de me traiter comme sa copine.
    A me lire, vous pourriez penser que nous sommes très jeunes mais nous avons la trentaine bien avancée.
    La désagréable impression d’être une marionnette, exigeante, esclave de mes sentiments. Sentiments ou comportements qui ne m’appartiennent pas.
    Je passe mon temps à analyser, à essayer de comprendre, développer 1001 stratégies pour que cette fois, ça fonctionne entre nous.
    Je passe ma vie à me remettre en question.
    Parce qu’évidemment, je culpabilise « je suis trop en demande? je l’ennuie? j’ai trop de besoins? c’est vrai que je ne suis pas facile comme fille (dixit ma mère) »
    Même si elle s’essouffle, cette petite voix me dit que je demande le minimum syndical dans une relation et qu’il y a un fameux déséquilibre.
    Evidemment, il fait parfois des efforts qu sont pour lui des montagnes (et il le dit!!!), je ne sais même pas si je dois rire ou pleurer. exemple « tu es ma copine parce que je te tiens la main dans la rue!!! et pas toi d’ailleurs, c’est toujours moi qui te prend la main… » Et du coup, je culpabilise de « trop » lui en demander. Quel effort de me tenir la main vous ne trouvez pas…

    Evidemment, pour lui, je ne suis pas la femme qu’il lui faut parce qu’avec toutes nos prises de tête, il doute…
    Je ressens une immense colère et une profonde injustice parce que j’ai ce sentiment assez flou que ça ne vient pas vraiment de moi.
    En septembre 2016, j’ai vécu un jour horrible, nous étions en vacances pourtant il s’est montré d’une cruauté, d’une froideur sans nom! Et là, c’était limpide, je n’avais rien fait qui puisse me faire culpabiliser et mériter un traitement pareil. Pour une malheureuse parole (il marchait dans la rue sans se soucier de moi ni un regard, rien, je galopais derrière lui comme un petit chien et j’ai eu le malheur de lui en faire la remarque) , il s’est monté tout un film et j’en ai bien bavé (ignorance, puis humiliation en public car je voulais rompre ce silence et discuter, m’abandonner en pleine ville parce que je lui prenais la tête parce que je souhaitais rentrer car visiter la ville dans cette ambiance, je ne le sentais pas, se cacher pour m’observer en train de péter un câble)… J’étais sous les palmiers, en vacances au soleil et je pleurais comme une madeleine, lui impassible, froid, cruel, dans son mutisme, prétextant que l’on ne s’entendait pas et qu’il fallait mettre fin à la relation.
    Mettre fin à la relation, pour un oui ou un non, il voulait tout le temps y mettre fin, impossible de faire de simples projets comme programmer un weekend pour dans un mois (d’où mon besoin de me sentir rassurée sur la relation, normal il me semble) et révoltée par cette injustice, je pétais des câbles. Car en plus, je vivais le mutisme, l’ignorance et le rejet, je devenais folle et me sentais coupable.
    Il pouvait m’ignorer, me regarder de haut, soupirer, m’envoyer balader parce que j’étais chiante, bref il me faisait du mal, je réagissais et j’étais punie.
    Pour la 1ère fois, je me suis questionnée « et si ça lui procurait du plaisir de me voir souffrir? et s’il s’arrangeait pour me faire devenir la folle hystérique pour se donner toutes les preuves que je ne suis pas celle qu’il lui faut? est il pervers narcissique? » … Oui mais je trouve ce terme un peu fort quand même car certaies trucs ne collent pas vraiment. Bah, il est narcissique tout court alors? Oui mais…

    Et depuis lors, me voilà à analyser, à observer tout en souffrant encore aujourd’hui comme jamais je n’ai souffert.
    En clair, il ne veut pas que ça fonctionne.
    J’ai souvent eu l’impression d’être face à un ado rebelle et moi, sa maman devant tout accepter avec l’amour inconditionnel.
    Je prends conscience du processus mais n’arrive pas à en sortir. Je suis malheureusement dans une spirale où fragilisée par toute cette violence sournoise, j’ai conscience mais je n’arrive pas à me sauver.

    Et je tombe sur cet article…
    Bon sang, c’est tout lui! Et dans le tableau, je me reconnais dans les comportements que j’adopte et ce que je peux ressentir.
    Je me reconnais aussi dans votre réponse du 1er janvier 2017 à Olga « que faut il faire pour que ça fonctionne avec un PA? » c’était les conclusions que j’avais tiré lors de mes horribles nuits de remises en question : n’avoir aucun besoin personnel, le placer au centre de tout comme un sale gamin imbu de lui même… Etre une plante verte à son service et dispo!
    Quel soulagement, des mots sur mes maux!
    De plus en plus, je me dis que c’est moi qui dois modifier ma façon de vivre, j’ai la blessure d’abandon donc je suis trop dépendante, bref, je me flagelle et je veux évoluer pour être moins demandeuse. Mais cette petite voix qui me souffle « ok, tu as des blessures MAIS…  »
    Mes demandes entre autre sont qu’il se comporte comme un homme bienveillant envers sa femme, qu’il y ait un peu de stabilité (car rompre tous les 15 jours et ne pas pouvoir se programmer un weekend pour dans 1 mois, c’est spécial quand même!)que je puisse me sentir importante à ses yeux, qu’on puisse partager des activités, qu’il soit aimant.
    J’ai fait le deuil de recevoir un cadeau ou même certaines attentions. Je ne veux pas me sentir le centre de sa vie, non juste sentir que notre relation a de l’intérêt à ses yeux, que certains de mes besoins soient au moins entendus, considérés!
    « faire plaisir, c’est se soumettre »
    Mais quel soulagement de lire ça, c’est comme si 2 ans de tortures avaient disparus. Cette impression de devoir ramer pour obtenir des miettes, avoir la sensation permanente d’être une merde qui est trop en demande, d’être un petit chien qui attend sa gamelle de nourriture… Par contre, pour lui, il a l’impression de soulever des montagnes pour moi.
    Il passe sa vie à s’opposer à moi, à un tel point que je me dis « ce n’est pas possible, il le fait carrément exprès! »

    Alors, j’ai pris conscience que j’avais ma part de responsabilité.
    Je deviens dépressive, je n’ai plus goût à rien.
    J’ai compris tout le processus mais je suis esclave de mes émotions.
    Quand il cherche la merde, je me laisse toujours piéger et je rentre à pied joint dans le conflit. Je ressors épuisée de « ces échanges » malsains physiquement car ça se passe le soir et jusqu’au petit matin, moralement parce que complètement démolie et avec une piètre estime de moi que d’être consciente mais de ne pas réussir à m’en sortir. Etre dans une spirale infernale et de ne pas réussir à m’en sortir, laisser ma vie partir à la dérive à cause de ça. J’ai conscience mais je n’y arrive pas.
    Je crois que j’ai un travail d’acceptation à faire : oui j’ai moi aussi un souci qui fait que je nourris une relation avec ce genre de personnage! Parce qu’en effet, de l’extérieur, il est sympa, sociable, positif …. tant que la personne en face ne réveille pas ce sentiment de peur d’être dominé! C’est trop ça!!! Et il ne s’énerve jamais ou rarement. Et c’est justement son mutisme, son je-m’en-foutisme légendaire, son manque d’investissement qui me font péter des câbles.

    Moi qui voulais faire court, c’est raté, j’ai écris un pavé 🙂
    Merci pour votre article, il va m’aider dans mon cheminement.

    1. Bonjour Anaïs,

      Merci de votre témoignage qui montre combien une relation de couple avec un PA peut être un enfer dans lequel on ne reçoit rien mais où on se sent coupable de tout… et même d’être malheureuse de ne pas recevoir le minimum…
      J’espère que la découverte de la pathologie dont cet homme est porteur vous permettra d’avancer pour vous libérer de cette relation de souffrance.
      Ne remettez plus en question vos besoins et vos attentes… Ni votre interprétation de ce qu’est l’amour…
      Quand on est face à quelqu’un qui se prend pour Napoléon, ce n’est pas de notre propre intelligence qu’il faut douter… mais bien de la sienne…
      Face à un PA, c’est pareil : ce n’est pas de vos critères sur l’amour qu’il faut douter mais bien des siens car les critères sur l’amour d’un PA sont absolument pervertis par son narcissisme.
      Si vous dites à un narcissique : « Mes besoins sont importants AUSSI », il vous traitera d’égoïste… Projetant sur vous son propre égoïsme.

      Et ne vous culpabilisez pas non plus de ne pas savoir faire autrement que de tomber à pieds joints dans ses pièges : c’est impossible pour une personne « normalement constituée » de ne pas devenir fou/folle devant tant de malhonnêteté intellectuelle, devant tant de mauvais foi, devant tant d’incohérences…
      Travaillez votre estime de vous de manière à enfin pouvoir croire que vous méritez mieux.

      Bon courage.
      Véronique.

      1. Merci de votre réponse.

        En effet, mes besoins sont niés et en beauté!

        Quand j’ai besoin de prendre l’air à cause de tout ce que je vis avec lui, tout ce que je fais peut être condamnable et je le paie cher!
        Partir en vacances seule parce que je n’en pouvais plus, partir un weekend seule, aller en soirée sans lui.
        Son égo blessé, selon lui, il m’en veut car je fais ça sournoisement (alors que non, mais il déforme la réalité à tel point que je douterais que ce qui s’est passé, heureusement, j’ai une mémoire d’éléphant et ayant cerné son jeu, je tiens tête avec aplomb!) mais ensuite, il ne m’en veut plus dit il il n’en fait pas un fromage, pas comme moi… Il retourne les choses avec une telle facilité, c’est incroyable! Heureusement, depuis que je vois clair dans son jeu, et même si je me fais toujours entrainer dans le conflit, je maintiens ma position.
        Effectivement, un mois de prise de tête, de longues conversations stériles aboutissant à des envois sur les roses et des ruptures/on ne rompt plus sur l’espace de quelques heures, de ne pas se voir et même de rompre, ce n’est pas un fromage… C’est juste une abbaye de fromages!! Ce n’est pas à la même échelle, non… Autant en rire!
        Ce matin, discussion.
        Monsieur a de gros soucis, il déprime. Ca fait quelques semaines qu’il me parle de partir dans les iles voir sa famille et renouer avec ses racines, seul car j’ai dit il y a plus de 6 mois voire 1 an? que ce genre de vacances en famille ne m’intéresse pas, que je voulais visiter et profiter de la plage… Je n’ai jamais parlé que je ne voulais pas faire de compromis en admettant qu’il en fasse mais il y a 1 an, je ne savais pas encore à qui j’avais à faire!
        Je lui dis qu’une amie est retournée vivre en Thaïlande et que JE suis invitée à aller la voir prochainement! « très bien, chérie, ON va en Thailande mais avant, je pars quand même en Martinique… » ON part mais avant, JE pars… et il continue à parler comme si de rien n’était… Normal quoi…
        Le temps de remettre mes pièces en place, je lui demande d’analyser sa phrase, il est contrarié et me dit que je n’ai qu’à lui en vouloir de partir seul. Et ensuite, lorsque je lui évoque l’injustice entre nous 2, il rétorque « tu as raison, ça n’a pas de sens, à présent, je vais rentrer chez moi, ça part en cacahuète, je rentre déprimer seul chez moi, il vaut mieux déprimer seul que mal accompagné » Je rêve ou il veut me faire passer pour le monstre encore?

        Pour une fois, je suis restée calme et même soulagée qu’il s’en aille de lui même.
        D’habitude, je me serais mise dans une rage folle d’être abandonnée ainsi après m’avoir lâché ce genre de saleté!
        Mais à quoi bon m’énerver et me ruiner la santé pour ce genre d’individu?
        Travailler mon estime de moi, m’apporter de l’amour est nécessaire, faire le deuil d’une relation normale et vivre ma vie, sans avoir peur des punitions affectives qui me terrassaient de douleur chaque semaine! Et lorsqu’il y a 3 jours, j’ai voulu lui parler de mon mal être à cause de notre relation pourrie, il est venu chez moi, drogué et en colère (c’est bien la 1ere fois qu’il vient chercher les noises chez moi, d’habitude, il se contente de m’ignorer et moi ça me rend dingue, là, c’est moi qui lui ai dis « ok, je te laisse, ça du l’énerver), il avait envie de me frapper disait il! Je lui ai demandé calmement de sortir de chez moi, ce qu’il a fait tout en se roulant un autre joint.
        Evidemment, le voyant si mal, j’ai eu peur qu’il ne lui arrive quelque chose et culpabilisant de lui avoir cherché des poux alors que le pauvre a tant de soucis (eh oui, sur le moment, j’ai pensé comme ça!), je me suis pliée en 4 pour lui! Et j’ai oublié qu’à la base, c’est moi qui souffre de son comportement pourri.
        Jamais je ne me suis pliée en 4 comme ça en recevant ce genre de comportement irrespectueux! On dirait que je veux gagner sa reconnaissance, son amour ou que sais je? Ce comportement n’est pas moi!!! Au secours… Je préfère encore m’énerver et le pourrir plutôt que de faire la serpillière!
        La prochaine fois qu’il se remet à dénigrer la Belgique et dire « il faut que JE me tire de ce pays de m… », je vais lui rétorquer « bah bouge toi les fesses et casse toi vite » et je sais, il va me répondre que ceci ou cela le bloque « bon bah alors, assume et souffre en silence »

        Le changement doit venir de nous.
        Je rebondis sur ce que vous dites, Véronique, à propos des HP.
        Je me reconnais très bien dans le « profil », aime les choses complexes et avec des valeurs morales très fortes : se soutenir l’un l’autre, le partage, etc…
        Je commence à faire un travail sur moi même, m’aimer et chasser certaines choses inacceptables de ma vie, je me prépare psychologiquement à le quitter car il ne m’apportera jamais ce que je souhaite. Et je ne veux pas remettre en question mes attentes que je trouve légitimes et mes besoins de femme se doivent d’être comblés un minimum.
        Il a réussi à me faire douter parce que lorsque j’étais gamine, je ne faisais qu’entendre « tu as un sale caractère, tu es difficile, le bon dieu va te punir », ce genre d’idiotie est resté ancré en moi et j’ai toujours la crainte de faire mal à autrui.

        Merci de m’avoir lue et de partager avec moi, ça fait un bien fou de se rendre compte qu’on n’est pas seule, que ce qu’on vit porte un nom.

        1. Re-bonjour Anaïs,

          C’est une bonne chose que de faire un travail sur vous-même afin d’oser mettre fin à cette relation qui ne sera jamais épanouissante pour vous.

          Oui, il réussit certainement à vous faire douter car il réveille des blessures que vous avez vécues.
          Les HP sont souvent porteurs de la blessure d’abus/humiliation et, dès lors, souffrent d’un total manque d’estime d’eux-mêmes.
          Ils sont dérangeants pour les adultes (parce qu’ils voient clair dans leurs incohérences), ils sont souvent considérés comme ayant un sale caractère, comme étant exigeants…
          Du coup, ils grandissent en se sentant des « monstres » et passent leur vie à essayer de se faire pardonner leur « méchanceté » en étant gentils et ils ne voient pas quand l’autre abuse de leur gentillesse et de leur capacité à se remettre en question.
          A chaque fois que vous pensez ou ressentez « Le pauvre », arrêtez-vous et réfléchissez avant d’agir.
          Car c’est une des ficelles par lesquelles l’autre peut réussir à vous faire faire n’importe quoi.
          Bon courage sur ce chemin de libération.
          Véronique.

  40. Merci pour cet article!
    Je sors d’une relation de 4ans qui m’a rongée au point d’avoir des problèmes digestifs sur la fin et limite de me dire que partir devenait vital.
    Je reconnais dans cette description la personne avec qui j’ai vécut tout ce temps, la passivité dans le quotidien, à se donner des excuses complétement illogiques pour rester dans l’immobilité, à tout mal interpréter comme si je l’insultai de façon cachée, à retourner ses défauts contre moi, à jouer sur les sentiments, à manipuler etc J’étais toujours obligée je m’occuper de tout les papiers, de ses comptes, des courses etc j’avais clairement l’impression d’avoir un adolescent en pleine crise plutôt qu’un homme à la maison.
    Il a réussi à me faire rester autant de temps car il était très en demande affective (comme un petit garçon qui veut des câlins), il me disait des choses magnifiques, me parlait d’éternité etc, soufflait le chaud et le froid, a toujours été très très fidèle (au point de ne même pas regarder d’autres femmes), m’a toujours dit que j’étais magnifique même quand je me sentait négligée etc. Il jouait sur ce genre de chose pour me convaincre que malgré ses défauts je ne trouverai personne capable d’accepter autant de choses que lui.

    Par contre il y a une chose qui diffère c’est que malgré le fait qu’il ne m’ait jamais frappée ou levé la main sur moi (il savait je pense que c’était ma limite) il avait des moments parfois où il ne maitrisait plus du tout sa colère pour une raison ou pour une autre (sentiment de se sentir insulter par des phrases anodines par exemple), il partait dans des discours très haineux contre moi, m’insultait, me dévalorisait intellectuellement, le tout en criant presque et pendant des heures.
    Quelque rares fois où j’avais le malheur de ne pas vouloir me laisser faire et d’argumenter il montait clairement en pression et commençait à taper dans les murs, à jeter des choses, 2 fois il m’a même menacé que si je « n’arrêtais pas de le faire monter en pression » ça « allait partir tout seul ».
    Il me répétait souvent aussi quand j’essayai de lui faire une remarque que je devais un peu arrêter de « faire ma victime », ce qui avait tendance à m’énerver.
    Puis par instinct de survie surement je le laissai dire, faisais comme si je pensai qu’il avait raison afin qu’il se calme et arrête de me mettre des coups de pression.
    1 ou 2h après il venait s’excuser limite les yeux larmoyant et en me disant des choses magnifiques du coup je le pardonnai en me disant chaque fois qu’il avait surement compris qu’il m’avait beaucoup faite souffrir mais à chaque fois quand il se sentait « insulté » il repartait dans une crise de colère avec des propos violent.
    De mon coté je lui trouvai des excuses en me disant qu’il n’avait pas eut des parents faciles et souvent absents, et que ce n’était pas vraiment sa faute si il ne se contrôlait pas.
    Une seule fois au début de notre relation après une crise de colère comme ça il s’est mis à pleurer toutes les larmes de sont corps en s’excusant et en me disant qu’il ne savait pas pourquoi il était comme ça, puis il n’a plus jamais admis ses tords, ça a été la seule fois.

    Du coup était-il « passif agressif », autre chose ou alors passif agressif et en plus de ça violent ou autre?

    Au final ça m’a tellement épuisée que les 2 dernières années de notre relation je n’ai pas travaillée du tout, j’avais l’impression sans savoir pourquoi, que je serai incapable d’encaisser un travail en plus de ma vie de couple et comme je le disais à la fin j’ai eut de gros problèmes digestifs (nausées, digestion trop rapide, absence d’appétit, sensation de satiété au bout de 4 ou 5 bouchés, devoir s’obliger à manger, pertes de poids etc), j’avais fais des examens et les docteurs ne parvenaient pas à comprendre d’où cela venait.
    Jusqu’à ce que récemment un gastroentérologue me dise que j’avais clairement l’air d’être en stress et beaucoup trop anxieuse, me dise que c’était dangereux pour ma santé, que ça pouvait venir de là et me demande si j’avais subis des traumatismes, un viol ou des agressions, et là ça a fait tilt! Je me suis rendue compte, mon instinct de survie s’est réveillé et j’ai réussi à trouver le bon moment pour cesser cette relation.
    ça ne fait encore que 1mois que j’en ai fini avec ça et ce n’est pas le premier homme avec des problèmes psychologiques avec lequel je reste un moment (un borderline aussi).
    Je réalise petit à petit que mon enfance n’a pas toujours été rose et qu’il doit y avoir une raison pour que je me sente attirée par ce genre de personne et les relations très passionnelles (et destructrices).

    On m’a déjà dit et je me reconnais beaucoup dans ce que j’ai lu là dessus que j’avais beaucoup de traits me reliant au profil « surefficient mental » (de l’avis de personnes surefficientes mentales avec qui j’avais souvent un nombre incroyable de points en communs et avec qui il y avait une compréhension presque surnaturelle de l’un de l’autre) et qu’apparemment ce genre de personne est naturellement attirée par des gens déséquilibrés.
    Je suis du genre à essayer en permanence de m’auto analyser et me remettre en question moi, ainsi que le monde qui m’entoure, ce n’est pas toujours évident et parfois j’aimerai appuyer sur le bouton Off et simplement savourer le moment présent.

    Aujourd’hui après a peine 1 mois de rupture, ça va déjà beaucoup mieux « comme par magie » au niveau digestif, 15 jours après m’être « libérée » je me suis remise au sport, j’ai retrouvé une énergie incroyable que je pensai disparue et inaccessible, j’ai repris 3kg, je cherche du travail et j’essaie de me reconstruire petit à petit en évitant les hommes pour le moment, car forcément ça m’a un peu traumatisée je pense et j’ai peur de retomber malgré moi dans ce genre de chose.

    Je pense sérieusement à consulter un psychiatre (les seuls remboursés car j’ai de petits moyens pour le moment) sans médication car je n’en veux pas, je souhaite juste aujourd’hui m’occuper à nouveau de moi, de ma vie, avancer, comprendre pourquoi je suis attiré par ce genre de personne et qu’on m’aide à évoluer et à me comprendre de telle sorte que ça n’arrive plus et que je puisse enfin un jour avoir une relation épanouie et épanouissante.

    En tout cas merci d’en avoir parlé, je ne cessai de me demander pourquoi ça s’était passé si mal, quel était exactement son problème, et maintenant j’arrive petit à petit à prendre conscience que oui c’était de la violence, que oui j’ai été une victime et que je ne dois pas avoir honte d’en parler et de m’occuper de moi même.

    Continuez votre travail c’est grâce à des gens comme vous que des gens comme moi arrive à avancer et à se déculpabiliser.
    J’ai les larmes aux yeux alors que je ne pleure vraiment pas souvent (j’ai fini par devenir plus résistante, en apparence en tout cas)

    1. Bonjour Mimi,

      Merci pour votre témoignage… Et je suis très heureuse de savoir que mon article a peu vous aider en mettant des mots sur ce que vous avez vécu.

      J’aurais envie de répondre quelques petites choses :

      – Les personnes manipulatrices sont souvent très attirées par les personnes surefficientes mentales (je mettrai l’abréviation HP) car les HP sont porteurs de hautes valeurs morales qui font qu’on en trouve toujours bien l’une ou l’autre au sujet pour les faire culpabiliser (et cela marche très bien). Les HP sont souvent attirés par les personnalités pathologiques pour 2 raisons principales :
      1) Parce qu’ils manquent d’estime d’eux-mêmes (se sentir différent depuis l’enfance, cela crée des dégâts dans le genre « Suis-je un monstre ? ») : du coup, ils croient que pour être aimés, ils doivent secourir/aider/donner.
      2) Parce que les HP sont très doués pour trouver des solutions et pensent que, si ils parviennent à comprendre comment fonctionne l’autre, ils pourront changer les choses. Leur cerveau « aime » les défis de compréhension, aime ce qui est complexe… Du coup, quoi de mieux qu’une pathologie relationnelle comme défi ? Mais ils deviennent « fou » car, en fait, il n’y a aucun sens là où ils ont besoin d’en trouver… Et, déconnectés du bon sens de leur ressenti, ils s’acharnent sur l’énigme insoluble…

      – Si vous choisissez un psychiatre, essayez d’en trouver un qui connaisse la thématique spécifique des HP… Être remboursé, c’est important, je le comprends… Mais être remboursé de quelque chose qui ne fonctionne pas n’a pas beaucoup d’utilité.

      – Cherchez aussi quelque chose qui vous re-connecte à votre ressenti : être trop dans le mental peut être un piège… car on perd le bon sens en analysant tout dans tous les sens.

      Je vous souhaite le meilleur dans cette nouvelle phase de votre vie !

      Bien à vous,

      Véronique.

      1. Wahou merci beaucoup!
        C’est comme si vous lisiez en moi comme dans un livre ouvert, tout ce que vous dites, c’est exactement ça, je me torture l’esprit depuis des années à tenter de m’auto-analyser et de me comprendre moi même en me demandant pourquoi et que faire pour évoluer afin d’être enfin en harmonie et vous me dites des choses comme ça en 5minutes que je n’étais même pas parvenue à voir aussi clairement depuis autant de temps à me questionner!^^ Après je sais qu’il est toujours difficile d’être objectif envers soi même donc forcément ça n’a pas dû me faciliter la tache.

        Merci infiniment pour vos conseils, je vais donc essayer de trouver un psychiatre qui connaisse la thématique de HP.
        Juste une dernière question si vous me le permettez: pouvez vous me préciser d’avantage ce que vous voulez dire par « chercher quelque chose qui me re connecte à mon ressenti »? Car j’avoue que c’est un peu flou pour moi.

        Encore merci!

        1. C’est peut-être parce que je connais assez bien les spécificités des HP que ma réponse vous donne la sensation que je lis en vous 😉
          Pour vous reconnecter à votre ressenti (et donc au « bon sens » plutôt qu’aux cogitations mentales), je conseille la Méditation de Pleine Conscience.
          Dans l’autre version de votre commentaire (je n’ai pas publié les deux qui se ressemblaient beaucoup), vous écriviez que vous ne croyez pas à la méditation 😉
          Honnêtement, la Pleine Conscience est un des meilleurs moyens de sortir du mental pour amener notre conscience dans le corps et dans les sens… et c’est très bénéfique pour ceux qui mentalisent trop et n’écoutent pas assez leur intuition.
          Mais ne me croyez pas : essayez 😉
          Bien à vous
          Véronique.

          1. Oui c’est vrai c’est logique bien sûr mais je n’ai pas l’habitude alors c’est étrange pour moi^^
            Ce n’est pas que je ne crois pas en la méditation, c’est surtout que j’ai énormément de mal voir qu’il m’est presque impossible d’arrêter le flux de mes cogitations parasites, mais je vous fais confiance j’irai me renseigner au sujet de la méditation de pleine conscience et j’essayerai.
            Sinon j’ai remarqué que me dépenser beaucoup physiquement marche assez bien aussi ça me permet de mieux dormir, mais d’accord j’essayerai! 😉
            Merci pour tout et bonne continuation!

          2. L’exercice physique peut effectivement aider à déconnecter le mental (même si parfois, certains pensent aussi en marchant 😉 )
            J’espère que vous viendrez nous raconter votre expérience de méditation de pleine conscience.
            Notez que les pensées parasites surgissent tout le temps, même chez ceux qui pratiquent depuis longtemps.
            L’important c’est de ne pas s’y arrêter ni les entretenir… On observe que la pensée arrive, on ne la nourrit pas et on retourne à l’exercice.
            Mais les formateurs vous apprendront cela.
            Bien à vous,
            Véronique.

  41. Super ton article Véronique !! Je le lis et le re-lis, ainsi que ton 2ème long article sur le même sujet. Très éclairant !! Merci

    1. Merci Isabelle !
      Je suis heureuse de savoir que mes articles ont pu t’éclairer !
      C’est vrai que je publie très peu souvent mais que j’essaie alors d’être la plus complète possible 😉
      Bien à toi !
      Véronique.

  42. Bonjour,
    J’ai lu vos articles que j’ai découvert par hasard lors de mes recherches régulières sur le (!) sujet. Et cela fait du bien !

    Je partage ma vie, depuis 40 ans avec un superbe spécimen de passif – agressif ! Les choses se sont accélérées à partir de 1999 et la naissance (par hasard !) de notre dernière fille (20 ans après notre aînée !).
    J’ai attendu (tout en jalonnant cette « attente » de signes : discussion avec le médecin de famille, retour « chez mes parents ! », consultation d’un avocat …) pendant de nombreuses années un changement qui, bien sûr, ne pouvait pas arriver.
    Cherchant à comprendre ce qui se passait (mon esprit cartésien !), passionnée par tout ce qui touche aux sciences humaines, j’ai fini par comprendre et formuler une hypothèse que j’ai voulu faire confirmer par des professionnels. Eh oui, toujours ce sempiternel sentiment de culpabilité !
    Après une thérapie de couple avortée, que j’avais en désespoir de cause sollicitée (5 séances où je monologuais pratiquement seule avec le thérapeute !), j’ai saisi l’opportunité, pendant une période de chômage, d’un poste de direction à 4 heures de voiture de notre domicile.
    Malheureusement, cette opportunité de reprendre une autonomie financière et d’envisager une séparation en « toute sécurité » pour ma dernière fille, a tourné au fiasco. Ce poste était « miné » et l’histoire de sa fin était écrite d’avance. Au bout de 18 mois, mon médecin a décidé (elle était plus lucide que moi !) de mettre fin à l’expérience qui tournait au burn-out. J’ai réussi à négocier une transaction et me suis remise à chercher, à un âge avancé (!) des moyens d’existence et j’ai trouvé des vacations à l’université qui me permettaient de rester en activité partielle jusqu’à la retraite.

    Heureusement, ces difficultés tant au niveau professionnel que de mon couple, n’ont pas (trop !) entamé mon capital « estime de moi ». Ce qui est sûr, des proches le soulignent, c’est que j’ai conservé ma capacité à rebondir.

    Mon conjoint a réussi à renouer contact toujours en faisant de belles promesses. Comme en politique, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent !
    Aujourd’hui, j’ai sollicité le concours d’une thérapeute afin de m’aider à passer le cap d’une décision que je qualifierai de « bancale », c’est-à-dire, reprendre (pour combien de temps ?) la vie sous le même toit (mon conjoint est maintenant en retraite) – je ne parle pas de vie commune – cette nouvelle existence me permettant d’assurer un semblant de sécurité financière à ma fille qui s’engage dans de longues années d’études supérieures.

    J’ai découvert un certain nombre de choses au cours de mon existence avec un passif – agressif (je vous passerai les épisodes !) :
    – il ne faut surtout pas parler avec le « nous ». En toutes circonstances, employer le « je » parce que l’on est seule dans les moments difficiles (et même si on accompagne le conjoint dans ceux qu’il vit !) et, plus surprenant aussi dans les moments joyeux.
    – que subir l’absence de communication est bien plus grave que l’on ne le pense. C’est être nié dans sa propre existence. C’est une violence tout aussi insupportable qu’une violence physique.
    – que l’on passe souvent auprès des proches, pour la « vilaine » alors que l’on est, en réalité, une victime.
    – que cette pathologie est peu connue. Je pense parfois, pour la faire connaître, écrire un « roman » mais sous quelle forme ?

    Je vais tenter, justement, d’ouvrir les yeux de mes 3 enfants (sans dénigrer leur père), parce qu’ils doivent comprendre, et profiter des petits et grands cadeaux de la vie : j’ai 2 petits enfants et 2 autres qui s’annoncent en 2017, le mois de mes 60 ans !

    Pour terminer, si je pouvais me permettre de donner juste un petit conseil, ce serait celui de ne pas attendre d’hypothétiques prise de conscience et changement, qui n’arriveront jamais et « de se mettre à l’abri » !

    Merci de votre attention.
    Bien cordialement

    1. Je vous remercie de votre témoignage, car je m’y reconnais.
      Je l’ai quitté depuis bientôt 5 ans et je goûte au quotidien la liberté retrouvée et le bonheur de m’être débarrassée de toute cette culpabilité qu’il me faisait porter.
      En revanche, et vous avez raison, aux yeux de beaucoup, et surtout de mes enfants, je suis la vilaine.
      Derrière ce masque de perfection et de gentillesse, ces hommes sont en fait des monstres.
      Il ne peut plus me punir directement, il manipule nos enfants et les retourne contre moi de manière très subtile.
      Il ne peut plus rien contre moi en tant que femme, mais il continue à faire souffrir la mère que je suis.
      Et mes enfants sont dupes de ce « si gentil papa ».
      Partager des enfants avec un PA est un combat de tous les jours.

      1. Bonjour Olga,
        Tout à fait d’accord avec votre constat.
        C’est vrai que cette situation – passer pour la « vilaine » – est totalement injuste. Moi aussi je subis cette injustice difficilement.
        Je ne sais pas quel âge ont vos enfants…
        Les miens sont adultes, ou presque pour la dernière (elle aura bientôt 18 ans).
        Je pense qu’ils ne sont plus (tout à fait) dupes. A certaines remarques, je m’aperçois qu’avec du recul, ils sont capables de constater que j’ai toujours été un soutien, à leurs côtés, (même si je devais aussi les « secouer » !) alors qu’ils ne font pas le même constat pour leur père.
        Je vais essayer de leur expliquer ma position pour plus de transparence (en tentant de ne pas dénigrer leur père) mais cela n’est pas simple à partir du moment, où je m’en aperçois aujourd’hui, j’ai toujours voulu ne pas les ennuyer avec ma situation et j’ai donc participé, malgré moi, à cette « façade » mise en place par mon conjoint.
        J’espère qu’en disant, « ma décision est celle-là » « voilà ce que je ressent », le message passera mieux que « votre père est ou était… »
        Ma chance, si je peux dire (!) est d’avoir toujours eu une bonne communication avec les enfants.
        Je crois que quelque soit leur âge, ils peuvent comprendre, et s’ils ne comprennent pas sur le moment, l’idée fait son chemin…
        Bon courage

        1. Bonjour,

          J’ai 4 enfants âgés de 15 à 23 ans.
          Mais je me rends compte seulement maintenant combien j’ai mal géré mon départ.
          Quand je l’ai quitté, c’était par instinct de survie. Il a souhaité garder notre maison, ce que j’ai accepté car je me sentais coupable de le quitter.
          Mais du coup, selon les enfants, j’ai « abandonné » leur « pauvre papa », et j’ai réalisé seulement depuis moins d’un an combien il les manipule subtilement et les « monte » contre moi.
          Lorsqu’il s’agit de discipline, c’est toujours moi qui doit prendre les décisions, et je me retrouve à jouer encore et toujours ce rôle de « méchante » car j’estime que le rôle d’un parent est d’éduquer, pas d’être populaire.
          Cela dit, j’en souffre énormément.
          Depuis maintenant 8 mois, je n’entre plus dans le jeu « restons bons amis » car j’ai compris que c’était également un moyen de me manipuler.
          J’ai coupé tout contact avec lui.
          Je n’ai pas donné d’explication à mes enfants dont j’avoue je ne suis plus proche du tout depuis que j’ai quitté leur père et par ailleurs déménagé en Angleterre avec ma benjamine.
          Au quotidien néanmoins, j’essaie de leur témoigner mon amour même si parfois ils me rejettent.
          Et je me dis qu’avec le temps, ils ouvriront les yeux.
          Je garde espoir. Il le faut.
          Être heureuse, je le sais, sera ma meilleure revanche, car je suis maintenant convaincue qu’il voulait et veut toujours me détruire psychologiquement.

    2. Bonjour Sylvie,

      Merci beaucoup pour votre témoignage qui apportera un éclairage très intéressant aux lecteurs / lectrices de cet article.
      Vos observations et conclusions me semblent très justes et constituent certainement un bonne synthèse de la relation avec un Passif-Agressif.
      Le choix que vous vous préparez à faire est très probablement judicieux… Il me semble bien compréhensible pour une maman de considérer que votre fille et sa sécurité financière soient prioritaire. Je vous souhaite que votre thérapeute puisse vous aider à vivre le mieux possible cette solution.
      Pour vos enfants, en général, peut-être que ce serait intéressant de leur demander ce qu’ils en pensent, plutôt que d’essayer de leur « ouvrir les yeux » qui peut passer pour une manière de forcer leur opinion.
      Peut-être serez-vous étonnée de ce qu’ils soient en fait plus lucides que vous ne l’imaginez.
      Bon courage à vous dans votre travail sur vous-même…
      Véronique.

  43. Bonjour,

    Je suis très heureux de vous écrire et de pouvoir partager mon expérience au travail avec un passif-agressif. J’ai développé un trouble obsessionnel et une peur intérieure depuis quelque temps à travailler avec ce type. Ma relation avec ce collègue s’est largement détériorée suite à des allusions malveillantes à mon égard comme « Tu n’as pas d’amis! », « Tu boudes! » ou encore aux toilettes : « Viens-te coller à moi pendant que je pisses… » et aussi « Bonjour Madame! ». Je ne sais pas quoi faire de ce genre de comportement et, en plus, il est mon voisin immédiat! J’ai décidé de complètement l’éviter car auparavant je le saluais et lui parlais poliment comme tout le monde, mais, après quelque temps, au bureau – je savais qu’un problème existait : il ne prend aucune initiative et ne parle jamais à personne! Il fait de la projection de manière perverse! Je le croyais PN (pervers narcissique) au départ. Votre article sur les PA ont vraiment changé la manière dont je vois les choses maintenant. Depuis, je prends mes distances et à chaque fois que je le croise au bureau, j’ai encore cette peur primaire ou cette culpabilité irrationnelle qui m’habite. Car, de ce fait, je suis devenu très amer et j’ai aussi perdu mon calme envers son attitude irrationnelle. Comment côtoyer régulièrement un PA au travail? Quelles attitudes adopter et comment se dégager de ce questionnement incessant et de cette peur au ventre? Je vous remercie de tout coeur pour le travail exceptionnel que vous faites. 🙂

    1. Bonjour Eric et merci de votre témoignage…
      Je ne suis pas une experte des stratégies à mettre en place au travail par rapport aux personnalités toxiques puisque mon domaine est plutôt celui de la relation de couple…
      Mais ce que j’aurais envie de vous conseiller, ce sont ces quelques techniques :
      -1) Ne fuyez pas car les PA aiment avoir ce genre de pouvoir sur les émotions de l’autre (que ce soit la colère ou la fuite : cela leur donne un sentiment de pouvoir)
      -2) A chaque commentaire déplacé : ne faites pas semblant de ne rien avoir remarqué. Relevez immédiatement par une question comme : « Que veux-tu dire exactement ? » ou « Quel est ton message derrière ce que tu dis ? » ou « Je ne comprends pas de quoi tu parles, peux-tu préciser ? » En général, les passifs-agressifs fuient ou sont très mal à l’aise quand ils sont confrontés à devoir préciser les pensées négatives qu’ils cachent derrière leur cynisme.
      -3) Tenez-vous en au faits concrets : n’acceptez aucune discussion sur ce qui n’est pas des faits (ou ramenez la discussion sur des faits : « Tu dis que je n’ai pas d’amis : combien en ai-je ? « Tu dis que je boude : quels sont les signes / preuves que c’est le cas ? »)
      -4) Au niveau de la collaboration professionnelle : Veillez à ce que toute décision d’action de l’un ou de l’autre soit mise par écrit (envoyez un mail qui reprend les décisions en lui demandant d’infirmer si ce n’est pas ce qui a été décidé).

      Ne craignez pas la confrontation et positionnez-vous très calmement sur chacune de ses remarques malveillantes par une de ces techniques.
      (N’hésitez pas non plus à en toucher un mot à votre supérieur hiérarchique pour peut-être obtenir de changer de place)

      Par rapport aux angoisses que vous ressentez, ce serait peut-être intéressant de chercher en quoi cette personne vient toucher des parties plus fragiles de vous-même : vous rappelle-t-il des personnes ou des situations déjà vécues dans l’enfance ? Ses comportements réveillent peut-être des blessures inconscientes qui font que votre cerveau émotionnel se sent en danger. Car alors, ce serait sur ces blessures-là qu’il faudrait travailler.

      J’espère avoir pu vous éclairer un peu.

      Bon courage !

      Véronique.

    2. Merci Mme Baudoux pour votre réponse rapide! Puis-je vous demander de retirer mon nom de famille du commentaire s.v.p.? Mille mercis!!!

  44. Bonjour Veronique,

    J’ai lu votre article que je trouve très intéressant et je vous remercie de l’avoir partager.
    Néanmoins, une question subsiste; quelle est la différence fondamentale entre un manipulateur narcissique et un passif-agressif?

    J’ai pour ma part rencontrer deux hommes manipulateurs et destructeurs, une première relation qui aura dure 6 années mais ce sera étalée dans le temps par un phénomène de « main prise » m’empêchant alors de couper émotionnellement et de refaire ma vie qui aura dure 10 années supplémentaires.
    Ma deuxième relation a dure 3 ans et m’aura fait frôler la mort: burn out, dépression sévère de 9 mois, perte de poids conséquente, isolement social, pensées suicidaires.

    C’est ma deuxième relation qui m’a fait prendre conscience que j’avais alors déjà été victime d’un homme manipulateur narcissique dans ma précédente relation, jusque la je n’y avais vu que du feu et maintenait en moi une lourde culpabilité quant a l’échec de cette première relation: je me sentais responsable et redevable d’une dette a l’égard de cet homme.
    Lorsque je me sépare de mon deuxième « gourou », j’entame une psychothérapie qui me permettra alors de faire le lien entre ces deux relations passes et, en analysant ces deux histoires, les deux hommes ont beaucoup de points communs, les mêmes procédés, les mêmes modes relationnels consistant en de la rigidité, de la culpabilisation, du déni contagieux, et le refus catégorique de toute remise en question ou responsabilités, déconsidération, mensonges, trahison.

    Aujourd’hui, c’est le début d’un réveil très douloureux pour moi, la prise de conscience, ou pour la première fois j’accepte de me positionner en victime et de réaliser que jamais je n’ai été aime mais que j’ai trop longtemps utilise tel un « trophée », un objet, un buvard sur lequel ces deux hommes ont déversés la maladie de leur esprit.
    Je suis partagée entre sentiment de colère de pas avoir su me protéger et prendre soin de moi, de ne pas avoir su dire « stop », un sentiment aussi de peur, la peur d’être rattrapée par ces imposteurs qui maintiennent toujours une emprise psychologique sur moi et enfin un sentiment de gratitude, d’avoir eu accès a la connaissance de ce type de profile, la connaissance de moi même et de toutes les failles dont je dispose et dont je n’avais pas conscience.
    Une enfance difficile avec très peu d’amour, un coeur arrache des mon plus jeune âge et achevé par la rencontre de ces deux monstres.

    Je garde néanmoins foi que l’amour bienveillant existe et qu’il est a porte de main. Je me refuse de renoncer a mon droit au bonheur car cela serait leur donner ce qu’il souhaite. Le combat est difficile car il s’agit la d’apprendre a être soi, telle que l’on est et non plus telle que l’on voudrait qu’on soit.

    Je crois que mon souhait le plus cher serait que l’existence de ce genre de « tueurs » soient connus de tous pour épargner aux plus fragiles une souffrance qui nous change a tout jamais.

    Avec beaucoup d’amour,

    S.

    1. Bonjour S,

      Je dirais que la différence principale qui existe entre le comportement pervers narcissique et le comportement passif-agressif serait celle-ci :
      – Le but essentiel du pervers narcissique est de manifester son pouvoir en détruisant l’autre (il n’y a qu’en détruisant l’autre que le pervers narcissique se sent exister)
      – Tandis que le but essentiel du passif-agressif est de s’opposer au pouvoir qu’il imagine que l’autre veut prendre sur lui (il croit qu’il ne pourra pas exister s’il se soumet à l’autre)

      A première vue, cela peut sembler deux troubles complètement opposés mais en fait, ils sont semblables dans le fait que l’autre n’est finalement qu’un « objet » dont on se sert pour alimenter son propre dysfonctionnement. L’autre n’existe donc pas en tant que personne aux yeux du PN ou du PA et c’est en cela que ce sont des relations destructrices pour ceux qui en sont les victimes.

      Être une « chose » dans une relation amoureuse, là où on a le plus besoin de recevoir de la considération, de l’attention, du respect…, c’est profondément destructeur.

      Mais vous avez raison de vouloir continuer à croire que l’amour bienveillant existe, car il existe 😉
      Et je vous souhaite de tout coeur de continuer votre chemin vers la guérison de toute cette souffrance.

      Bien à vous,

      Véronique.

  45. J’ai mis du temps à mettre un mot dessus et pouvoir en parler. J’ai eu deux enfants avec mon ex qui avait ce fonctionnement passif agressif. Nous sommes séparés depuis deux ans et c’est que maintenant que j’admet qu’il a ce problème, car ma tendance à la culpabilité m’empêcher de l’admettre. Mais le problème c’est que malgré que l’on soit séparé, son fonctionnement pathologique continue d’avoir de l’emprise sur moi quand à l’organisation de garde des enfants. Je ne sais pas comment faire pour m’en détacher. Il se sert de l’organisation des enfants pour me sortir son refrain éternelle où il se positionne en ce pauvre petit garçon qui doit soit dis en subir mes exigences ce qui ai faut. En plus de cela c’est quelqu’un qui ne sait pas faire de projet, s’investir. Donc l’un imbriquer dans l’autre cela donne une discussion avec lui sans queue ni tête de quoi vous entraîner dans un sacré tourbillon!!

    1. Merci pour votre témoignage…
      J’espère que les pistes de solutions contenues dans le 2ème article au sujet des passifs-agressifs pourront vous éclairer un peu…

  46. Merci pour les mots très éclairant que vous mettez dans votre deuxième article. En effet après avoir vécu 15 ans avec un passif agressif, on tombe dans la confusion et de vous lire soulage. Après deux ans de separation et d’un travail sur moi même en psychothérapie, j’imagine que je manque encore d’estime de moi pour qu’il n’ai plus d’emprise sur moi. Malgré avoir recherché mes blessures d’enfance même de naissance dirais je, qui explique mon côté sauveur et ma proportion à culpabiliser. En tout cas merci pour l’apaisement que vous m’avez apporté par votre article.
    Pouvez vous enlever mon nom de famille dans mon précédent commentaire?

    1. Je suis heureuse que le deuxième article vous ait apporté de l’apaisement.
      D’ici une quinzaine de jours, je vais sortir un article et un programme de coaching ayant pour thème la blessure d’abus qui, je pense, est à la base des « fragilités » (mais aussi des grandes qualités) qui peuvent nous rendre susceptibles de mettre le doigt dans l’engrenage et d’avoir des difficultés à en sortir…
      Peut-être que cela vous permettra de franchir encore une étape supplémentaire dans votre libération.
      Bien à vous,
      Véronique
      PS J’ai procédé à la modification de votre nom de famille

  47. Bonjour et merci pour votre article très éclairant. J’ai eu affaire récemment à un personnage de ce genre, dans le cadre d’une relation non amoureuse je précise. J’ai totalement coupé mon lien avec lui, mais me libérer de l’emprise de cette relation est une sacrée épreuve, il a fallu par exemple prendre distance d’autres personnes impliquées dans le sillage de ce grand toxique. Vos descriptions précises m’ont beaucoup aidée à comprendre les faits qui se sont déroulés et les mécanismes relationnels engendrés par le comportement incroyable de ce qui semble bien être un PA haut-de-gamme!

    1. Bonjour Françoise,
      Tout d’abord, pardonnez-moi d’avoir tardé à vous répondre… Un décès dans la famille survenu récemment a occupé beaucoup de mon temps et de mon énergie. La gestion de mon site n’a donc pas été une priorité pour moi durant cette période.

      Je suis sincèrement heureuse de savoir que mon article a pu vous éclairer et que cela vous permettra peut-être de vous libérer complètement de l’emprise de ce PA (combiné à tout ce que vous mettez en place par ailleurs).

      Bonne continuation.

      Véronique.

  48. o combien je vous comprends annabelle car je vis mot pour mot la meme chose. et o combien je remercie veronique pour ces articles qui m’ont enfin ouvert les yeux et donner un sens expliqué a 23 ans de vie commune avec un passif agressif que j’ai essayé d’aider sans savoir. je me refere aux articles souvent pour ne pas « replonger ». Le temps fera son oeuvre mais quel sentiment de gachis et quelles souffrances traversées !

  49. Bonjour Véronique,

    Tout d’abord, je tenais à vous féliciter pour la qualité de vos articles, j’ai découvert votre blog aujourd’hui, il est de grande qualité.

    Il a également été pour moi l’occasion d’en savoir plus sur la notion de passif-agressif et je voulais à ce titre apporter mon humble contribution. Sur un sujet que je n’ai pas trouvé dans les différents commentaires, mais je ne les ai pas tous lus en détails. Il s’agit de la rencontre de 2 PA dans une relation de couple !

    Je vais essayer d’être concis et un minimum structuré dans mes propos.

    J’ai vécu entre l’âge de l’adolescence et environ 30 ans des relations que l’on pourrait qualifier de normales et saines. Des blessures d’enfance (que j’identifie parfaitement, du moins que je pense identifier parfaitement 🙂 ont fait de moi ce que vous qualifiez dans votre article de PA « léger », je dirais même très léger, sans que cela ait été un drame dans mes relations de couple. J’ai vécu une relation harmonieuse durant 6 ans avec une personne pendant cette période. Bref, quelques « casseroles », comme beaucoup d’entre nous peut être, mais rien n’ayant entraîné les comportements décrits dans votre article chez le PA pathologique.

    C’est à ce moment que j’ai vécu une histoire avec une femme, et l’élément intéressant est qu’elle a exacerbé ce côté PA très light que j’avais en moi, puisque je me suis retrouvé confronté à une PA « de compétition », si je puis dire, extrêmement manipulatrice. Cette femme est une personnalité publique, qui jouit donc d’une grande reconnaissance dont elle se sert pour asseoir une domination latente, tout à fait conforme à certains points que j’ai pu lire dans vos écrits. Notre relation, basée dès ses débuts sur les notions de sexe et de charnel, a évolué progressivement vers un jeu de domination psychologique. Elle me reprochait d’être un odieux menteur et je savais dans le même temps qu’elle l’était bien plus que moi, et ce dès le début de notre relation. Par mimétisme ou self-defense, je ne sais l’expliquer, je me suis mis au même niveau de passivité-agressive qu’elle, créant une situation inextricable. Dans le tourbillon de la passion dévastatrice, j’ai finalement réussi à prendre le peu de recul qu’il m’était encore capable de prendre, pour stopper cette relation, en essayant de me recentrer sur mon propre bonheur, chose que vous expliquez également parfaitement à plusieurs reprises.

    Alors, au delà des questions (et elles peuvent être nombreuses !), quelques constats, avec humilité :
    – la passivité-agressive de cette personne m’a permis de prendre conscience de ma propre passivité-agressive, puisqu’elle a déclenché en moi des comportements que je ne pensais pas pouvoir adopter ;
    – de me retrouver confronté à mes propres limites, à ma propre passivité-agressive, m’a permis de beaucoup avancer pour 1) comprendre ce qui m’avait poussé à agir de la sorte, 2) adopter certains réflexes, vous parlez d’auto-discipline, je suis entièrement d’accord, pour m’extraire dès que possible de ces comportements. Le recentrage sur son propre bonheur, même si celui-ci ne fait pas l’unanimité dans votre entourage, en fait partie. La lecture de grands classiques comme Le pouvoir du moment présent de Tolle m’ont été d’une grande aide ;
    – de comprendre que les notions de PA sont, à mon sens, mouvantes dans le temps : rien n’est figé et même si j’ai mis du temps à m’extraire de cette histoire, qu’elle reste évidemment gravée, j’essaye de m’en servir comme d’un marqueur de ce que la PA peut provoquer de plus vicieux et générateur de souffrances.

    Aujourd’hui, je ne prétends pas être l’homme parfait, loin s’en faut, mais d’avoir conscience de mes défauts et des côtés sombres qui existent chez certains d’entre nous, me poussent à adopter plus de clarté et moins de « non-dits », que ce soit en famille, entre amis ou dans une relation amoureuse. J’hésite moins à me livrer, quitte à parfois avoir l’impression de me « mettre à poil » et j’essaie d’encourager mes interlocuteurs à leur épanouissement personnel, dans le positivisme et la joie.

    Je sais que je vais continuer à progresser et cela me fait plaisir, tout autant que lire ce genre d’article, qui me laisse penser que je ne suis pas complètement aveugle à mes propres limites 🙂

    1. Bonjour Enzo,

      Merci beaucoup pour votre commentaire positif au sujet de la qualité de mes articles…

      Merci aussi de votre apport à la réflexion que je ne peux qu’approuver.
      Effectivement, les notions de PA peuvent être mouvantes dans le temps mais j’aurais quand même envie de nuancer.
      Car, si cela me semble vrai dans le cadre de comportements PA (que nous pouvons tous manifester selon les circonstances) ainsi que dans le cadre des PA « légers », c’est moins évidents lorsque la personne entre dans la catégorie des PA « sévères ».
      Dans ce cas-là, le réflexe de protection contre les agressions anticipées (la paranoïa) est tel qu’il est vraiment rare de voir une remise en question suffisamment profonde pour que les automatismes changent.

      Et, comme vous l’écrivez avec justesse, pour pouvoir adopter d’autres réflexes, il est d’abord nécessaire de prendre conscience de nos zones d’ombre. Cela est malheureusement très rare chez les PA « sévères ».

      Il y en a cependant qui peuvent ne pas manifester les comportements sévères lorsqu’ils sont en relation avec une personne qui ne représente pas le rôle symbolique du parent qui a occasionné les comportements PA. Par exemple, un homme devenu PA parce que sa mère avait coincé son père grâce à l’arrivée des enfants, pourrait très bien ne pas être PA avec sa nouvelle compagne avec laquelle il n’a pas d’enfant (mais rester complètement PA sévère avec la mère de ses enfants qui représente le rôle symbolique auquel il s’oppose inconsciemment).

      Ceci dit, lorsque comme vous, l’envie d’avancer et la capacité à se remettre en question sont bien présentes, tous les changements sont effectivement possibles… D’autant plus que vous avez pu expérimenter le côté très destructeur des mécanismes PA dans cette précédente relation.

      Je vous souhaite beaucoup de bonheur sur ce chemin de connaissance de vous-même !

      Véronique.

  50. Sentiment de gâchis pour moi aussi. J’essaye d’y trouver ce que ca m’a appris, je pense à m’écouter moi, mes limites…
    Ne pas replonger, pas facile, ca a failli m’arriver car on a des enfants ensemble. Ne pas se laisser envahir par sa confusion, se laisser manipuler, écouter plus son cœur, ne pas le laisser prendre emprise sur toi. Bon courage

  51. Bonjour Véronique,
    Je cherche du soutien et ce n’est pas facile dans ce genre de situation, je m’adresse donc à vous.
    Je suis séparée du père de mes enfants qui est PA, cela fait deux ans.
    J’essaye de me défaire de son emprise et je n’y arrive pas.
    Pour l’organisation des enfants nous avons commencer à faire à l’amiable mais je n’y arrivais pas car il changeais toujours sa position tout en finissant toujours par dire oui mais avec tous les reproches et cela m’epuisais j’ai donc décider de suivre le contrat du JAF où sont marqués les « dates de garde ».
    Mais maintenant il se sert de sa nouvelle compagne pour me faire la morale, il lui à donné mon Numero.
    Il se présent à elle comme quelqu’un qui n’aime pas le conflit et qui n’ose pas me demander quoi que ce soit pour le bien des enfants, bref il lui fait son Numero de pauvre petit enfant et ça marche. Elle veut que j’organise les vannes avec elle, elle me fait passer ses messages à sa place, comme quoi je suis autoritaire… Cela me fait énormément mal et me détruit, je me sens sans force.
    Quel conseil pouvez vous me donner? J’ai quand même réussi à lui répondre que chacun ses responsabilités et que je n’avais pas à voir avec elle les vacances de mes enfants, et de retordre mon Numero de son répertoire…

    1. Bonjour Annabelle,

      Sincèrement, je pense que vous avez eu les « bons réflexes » pour faire face aux problèmes que vous citez :

      Respecter les décisions du contrat du JAF est la meilleure parade face à toute tentative de manipulation… Une « autorité » extérieure a donné la répartition des dates de vacances et tout le monde est obligé de les respecter. Point barre. Il ne lui est plus possible de vous culpabiliser : ce n’est plus vous le bourreau.

      Mais comme cela ne lui plait évidemment pas de ne plus pouvoir vous faire porter le chapeau sur ce sujet (le pauvre n’a plus la possibilité de se présenter comme étant votre victime), il fallait bien qu’il trouve autre chose…

      Et comme vous ne voulez plus jouer au triangle avec lui, il fallait bien qu’il invite une autre personne pour continuer à jouer et vous forcer à entrer à nouveau dans la partie.
      Le voilà donc avec une nouvelle « Sauveuse » à qui il confie la mission de vous faire entendre raison (et qui devient alors votre « Bourreau » en vous critiquant).

      Mais vous avez eu le bon réflexe, à nouveau : vous n’avez absolument pas à discuter de quoi que ce soit qui concerne vos enfants avec cette nouvelle compagne. Continuez à refuser d’aborder ces sujets avec elle : le bien des enfants ne la concerne pas.

      Après, vous écrivez que ce qu’elle vous dit vous fait mal et vous détruit…
      Et là, évidemment, votre ex-mari a atteint son objectif en lançant la Sauveause-Bourreau contre vous…
      La question intéressante à vous poser ce serait : « Pourquoi ce qu’une étrangère (sous influence donc absolument pas objective) dit de vous vous touche-t-il autant ? »
      N’est-ce pas là votre fragilité ? L’opinion de quelqu’un qui ne vous connaît pas (et qui débarque dans une situation qui a commencé bien avant qu’elle n’apparaisse) a-t-elle plus de valeur que votre propre opinion ?
      Et en quoi ce qu’elle dit de vous (vous seriez autoritaire ?) trouve-t-il écho dans vos propres croyances sur vous-même ?
      Pensez-vous que vous êtes autoritaire ? Ou avez-vous peur de l’être ?

      Ne serait-ce pas plutôt que vous auriez été habituée à être mal jugée à chaque fois que vous n’avez pas laissé l’autre faire n’importe quoi avec vous ?
      Chaque fois que vous vous êtes défendue, chaque fois que vous avez mis vos limites… vous aurait-on fait croire que vous êtes la méchante de ne pas vous laisser faire ?

      Sachez que nous sommes toujours les méchants aux yeux de l’autre quand nous ne le laissons pas avoir ce qu’il veut…

      Alors, essayez de ne pas laisser les jugements de votre ex-mari et de sa nouvelle compagne vous toucher aussi profondément (j’imagine que vous ne prendriez pas au sérieux l’opinion d’une enfant à qui vous refusez un bonbon et qui vous dit que vous êtes vilaine. Vous ne croiriez pas qu’il dit la vérité sur vous…)

      Quand vous refuserez de vous laisser faire par eux, ils jugeront toujours que vous êtes la coupable/méchante : voyez-y le côté infantile et capricieux de personnes qui n’aiment pas qu’on leur refuse ce qu’ils veulent… (imaginez-les comme des bébés qui font ouin-ouin : cela vous aidera à prendre de la distance).

      Bon courage !

      Véronique.

  52. Merci beaucoup pour votre aide à y voir plus clair. Et pour votre réponse rapide
    Je vais essayer de trouver ce qui a provoqué dans son message mon importantmal être .
    Il y a aussi dans son sms, le fait qu’elle raconte combien mon ex n’aime pas les conflits et donc n’ose rien me demander. Qu’il accepte toujours mes conditions pour le bien de nos enfants car il veut les protéger de nos disputes entre nous deux… En fin bref son Numero de victime. Et qu’elle me dise qu’elle le connaît depuis 14 ans.
    Ça me fait énormément souffrir d’entendre ça et encore plus par personne interposée.
    je n’ose pas croire ce que j’ai lu. Cette manipulation me donne froid dans le dos, et me donne envie de vomir. Excusez moi pour le terme mais c’est physique.

    1. C’est bien normal que cela vous donne la nausée : c’est encore une fois (et après des centaines de fois) où quelqu’un se permet de vous juger comme la mauvaise en n’entendant qu’une partie de l’histoire : la sienne… C’est un coup en plus que l’on vous porte et il y a de quoi en être malade tant c’est injuste.
      De plus, ici, cette femme vous fait aussi porter le rôle de la mauvaise mère (tandis que lui est un si bon père).
      Mais, concrètement, que fait-il pour être un bon père ? Est-ce vraiment être en bon père que de montrer à ses enfants l’image d’un homme (soi-disant)faible et (soi-disant)soumis ?
      Est-ce vraiment comme cela qu’il va leur inculquer une manière saine de prendre leur place dans le monde ?
      Ce que lui définit comme « Le bien des enfants » pour se donner le beau rôle, est-ce vraiment ce qui est bien pour eux ?
      Et si c’est ce qu’il croit, il a le droit de le croire… Comme vous avez le droit de croire que leur bien c’est autre chose (par exemple, de leur montrer que l’on peut se positionner fermement face à quelqu’un qui essaie de nous manipuler).
      Restez fidèle à vos valeurs : c’est de cela dont vos enfants ont besoin : que vous soyez certaine que vous remplissez votre rôle de mère avec toute votre sincérité et votre authenticité.

      Ils vont grandir et, un jour, ce sera à eux que vous montrerez directement que vous les respectez (sans les manipuler en jouant les victimes).
      Car un jour, ce sera à eux que vous demanderez ce qu’ils préfèrent pour leurs vacances, pour leurs loisirs, pour leurs études…
      Et ils verront que vous êtes quelqu’un qui tient compte de leur avis (même si vous donnez le vôtre) et que vous n’êtes pas autoritaire (juste soucieuse de leur bien-être) ou quoi que ce soit d’autre dont votre ex et sa compagne vous accuseraient.

      Faites confiance à leur bon sens, à leur intelligence et à leur lucidité…
      Ils constateront que le « bien  » que leur veut leur père c’est surtout des mots creux, ne représentant pas grand-chose d’autre que ses propres envies…
      Alors que leur « bien » selon vous c’est, au contraire, une vraie préoccupation qui se montre concrètement dans des actes.

      Bien à vous,

      Véronique.

  53. Véronique, je vous remercie pour votre article si précis, et pour avoir été là l’autre jour quand je vous ai laissé un message. J’étais au plus mal ce n’était pas que envie de vomir mais tremblement comme si je me sentais partir! Vous m’avez éclairé et donc déculpabilisé et donc aidé à sortir du syndrome de la mère morte que je porte. J’espère grâce aussi à la thérapie que je suis en parallèle pouvoir un jour construire une relation avec quelqu’un de sain.

Laisser un commentaire